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THÉORIE ET CAS PRATIQUES
SOMMAIRE
1. NOTIONS
11. Éléments fondateurs
111. Besoins, biens et services 4 . .......................
112. Circuit et acteurs économique 8 . ....................
113. Facteurs de production 12 . ..........................
12. Courants de pensées
121. L’Antiquité et le Moyen-Age 16 . .....................
122. Les premiers pas de la science économique 18 . .......
123. L’époque classique 19 . ..............................
124. Les courants modernes 21 . ...........................
2. MACROÉCONOMIE
21. Les systèmes économiques
211. Économie de marché 24 . ..............................
212. Économie planifiée 27 . ..............................
213. Développement des régions pauvres: nouveau pa. -
radigme? 29 ........................................
22. Monnaie et politiques économiques
221. Histoire et fonctions de la monnaie 31 . .............
222. Politiques économiques 34 . ..........................
223. Rôle de la banque nationale (BNS) 36 . ...............
23. Économies nationales
231. Mesure de la richesse 39 . ...........................
232. Croissance économique 48 . ...........................
233. Dérèglement monétaire 51 . ...........................
234. Cycle économique 56 . ................................
235. Tendances conjoncturelles actuelles 58 . .............
3. MICROÉCONOMIE
31. L'offre et la demande
311. Ajustement des prix 66 . .............................
312. L’offre et la demande 67 . ...........................
313. Fonctionnement des marchés 71 . ......................
314. Déséquilibres économiques 78 . .......................
32. Fiscalité
321. Généralités 81 . .....................................
322. Les divers types d’impôts 89 . .......................
323. Impôt sur les dépenses ou forfait fiscal 100 . .......
4. COMMERCE ET GLOBALISATION
41. Caractéristiques
411. Spécialisation et différentiation 102 . ..............
412. Forces et faiblesses du commerce international 104 . .
413. Organisations intergouvernementales 107 . ............
42. Économie solidaire
421. Le Commerce equitable 112 . ..........................
422. Investissement responsable 113 . .....................
423. Développement durable 121 . ..........................
Y. RÉVISION ET CAS PRATIQUES
y1. Notions 125 .. ........................................
y2. Macroéconomie 127 .. ..................................
y3. Microéconomie 134 .. ..................................
y4. Commerce et globalisation 139 .. ......................
INDEX, GLOSSAIRE, BIBLIOGRAPHIE, TABLE DES MATIÈRES 140
Éléments fondateurs
1. NOTIONS
11. ÉLÉMENTS
FONDATEURS
Les consommateurs que nous sommes sont au centre d’un environnement dont les
composantes politiques, économiques, socioculturelles (modes de vie), technolo-
giques (innovations), écologiques (respect de l’environnement, développement du-
rable) et légales (lois, directives européennes) sont en constante évolution. Si le cadre
évolue, certains éléments sont toutefois constants et définis dans cet ouvrage.
L’entreprise (les banques, l’État ou les ménages seront définis plus loin) est au centre
des activités économique, qui alloue de manière normalement optimale de res-
sources, finies par définition, pour satisfaire des besoins, potentiellement infinis. Au-
tour des entreprises, l’État, joue un rôle régulateur en édictant des loi et règlements
qui permettent un développement, le plus cohérent possible, des activités sociales.
Ces activités sociales sont le fruits des ménages (en même temps consommateur et
capacité de production), ensemble de personnes partageant le même logement et
participant à la gestion de son économie. Le schéma suivant résume très simplement
le fonctionnement général de l’économie présentée plus haut: la production et la
consommation en sont le moteur, les besoins, le carburant.
Ainsi, étudier l’économie, c’est
PRODUCTION
/ \
/ \
| besoins |
\ /
\ /
CONSOMMATION
!3
Éléments fondateurs
Comprendre pourquoi nous devons produire (afin de consommer,) soit satisfaire
des besoins, au minimum ceux qui assurent leur survie. Se demander comment
s’organise le partage des ressources, parfois rares et non renouvelables.
Etudier le fonctionnement des entreprises au sein de la société.
Rechercher des solutions pour pérenniser l’utilisation des ressources naturelles tout
en continuant de satisfaire de multiples besoins.
S’interroger sur les valeurs qui fondent le comportement des consommateurs, des
entreprises et de l’Etat.
Se familiariser avec des modes de raisonnement, des mécanismes, des techniques
et un vocabulaire spécifiques afin d’être capable de prendre des décisions en
connaissance de cause.
Définition de l’économie et la politique
On entend par économie l’ensemble des activités d’un groupe humain (au niveau
d’un pays par exemple) qui se rapportent à la production, à la consommation et à
l’échange des biens. Le mot politique recouvre au moins trois sens, celui de":
Politikos indique le cadre général d'une société organisée et développée
Politeia, qui renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionne-
ment d'une communauté, d'une société ou d'un groupe social. C'est dans cette op-
tique que les sciences politiques s'élargissent à tous les domaines d'une société
(économie, droit, sociologie, etc.)
111. BESOINS, BIENS ET
SERVICES
BESOINS
Tout être humain ressent une multitude de besoins. Cependant, chaque besoin ne
demande pas à être satisfait avec la même urgence. Pour vivre, tout d’abord, il semble
nécessaire de satisfaire plusieurs type de besoins.
Les besoins vitaux (primaires ou physiologiques)
Besoins dont la satisfaction est indispensable pour assurer la survie, comme par
exemples: boire, manger, se vêtir ou s’abriter.
!4
Éléments fondateurs
Les besoins sociaux (secondaires, culturels ou psychologiques)
Cette catégorie de besoin devient nécessaires à un être humain qui vit dans une so-
ciété donnée. Ils peuvent être jugés indispensables par certains, superflus par
d’autres. Contrairement aux besoins vitaux, ces besoins n’exigent pas nécessairement
satisfaction, cependant, ils contribuent à notre bien-être. Ce sont par exemples: l’ac-
cès à l’eau courante, les vacances, le fait de posséder un téléphone ou une télévision,
faire du sport, etc.
Les besoins de luxe
Superflus par définition (exemples": posséder des bijoux, posséder une résidence se-
condaire, posséder une Rolls-Royce, loger dans un hôtel 5 étoiles, etc.), la notion de
besoin de luxe évolue dans le temps. Ainsi, ce qui pouvait constituer un luxe autrefois
peut sembler commun aujourd’hui (le téléphone, la voiture, l’eau courante, l’électricité,
etc.).
Manger est un besoin vital, se nourrir également; en revanche, rouler en Mercedes ou
porter un Rolex est un besoin de luxe. Entre les deux, des besoins comme se tenir in-
former, lire les journaux sont considéré comme des besoins de base, alors qu'aller au
théâtre ou dans un musée est souvent considéré comme complémentaire.
Pyramide des besoins
Basée sur des théories de la motivation élaborée à partir des observations réalisées
dans les années 1940 par le psychologue Abraham Maslow, la pyramide Maslow hié-
rarchise les besoins en cinq niveaux décroisant: i)"Accomplissement de soi; ii)"Estime
||=COMPLÉMENTAIRES=======||
!5
Éléments fondateurs
(confiance et respect de soi, reconnaissance et appréciation des autres); iii)"Apparte-
nance et amour (affection des autres); iv)"Sécurité (environnement stable et prévisible,
sans anxiété ni crise); v)" Physiologiques (faim, soif, sexualité, respiration, sommeil,
élimination).
BIENS ET SERVICES
Pour répondre à ses besoins, l’entreprise produira des biens et services qui y -
pondent. Il existe deux grandes catégories de biens et service, soit ceux liés à la
consommation, qui satisfait directement à un besoin, comme le pain ou un lecteur de
musique et ceux de production, utilisé pour produire d'autres biens et services,
comme un marteau, de l'engrais, etc.
Ces catégories pouvant à leur tours être divisées entre les biens et services:
Complémentaires (batterie et élément portable)
Substituables qui peut remplacer un autre bien ou service (vélo, voiture privé,
taxis, transports publique)
On peut compléter le 1er schéma sur l’économie, en y apportant quelques précisions.
i
ii -ii
iii - iii - iii
iv - iv - iv - iv
v - v - v - v - v - v
-----------
| Besoins |
| illimités |
-----|-----
| Consommation
------------- | ------------
| Agents | -----|------ | Ressources |
| |---------| Économie |--------| |
| économiques | -----|------ | rares |
------------- | ------------
|
------|-----
| Production |
------------
!6
Éléments fondateurs
Dans la pratique, on répartira très souvent les biens produits par les entreprises en
domaine: agricole, industriel, commercial, service ou en sous-domaine (voir également
le chapitre sur la classification des entreprises):
Agricole
1.
exploitation agricole
2.
agroalimentaire (production)
3.
énergie
4.
matières premières (extraction)
Industrie et construction
5.
bâtiment
6.
constructions mécaniques
7.
électronique
8.
industries chimiques
9.
métallurgique
10.
textile
Commercial
11.
distribution
12.
informatique
13.
loisirs et tourisme
14.
transports
Service
15.
assurance
16.
bancaire et financier
17.
communication et médias
18.
formation
19.
santé
20.
social et services publiques
21.
recherche
!7
Éléments fondateurs
112. CIRCUIT ET ACTEURS
ÉCONOMIQUE
ACTEURS
Les acteurs ou agents économiques sont regroupés en plusieurs catégories. La re-
présentation la plus simple est celle de la relation ménages-entreprise:
Ces acteurs ont des rôles multiples. Une entreprise tentera de:
Produire des biens et services qui seront consommés par les ménages
Créer des places de travail et verser des salaires
Payer des impôts pour financer l’Etat
Créer de la valeur ajoutée (et donc s’enrichir)
L’entreprise joue donc une rôle économique (production de biens et services) et social
(création d’emplois pour les ménages)
Aux entreprises sont associées les banques dont le rôle essentiel est de recevoir
l’épargne des ménages et prêtent cet argent. Les entreprises peuvent donc utiliser cet
argent afin d’investir dans de nouveaux facteurs de production et permettre à l’éco-
nomie de se développer.
Les ménages tiennent, eux aussi, des rôles variés":
Consommateurs de biens et services fournis par les entreprises
rémunération des facteurs de production
|- salaires -- intérêts -- licence -- loyers -|
| |
| facteurs de production |
| |-travail --- capital --- savoir --- sol -| |
| | | |
ENTREPRISES/BANQUES MENAGES
| | | |
| |----------- biens & services-------------| |
| |
|----- rémunération des biens & services -----|
!8
Éléments fondateurs
Travailleurs, il gagnent un salaire pour financer leur consommation de biens et ser-
vices
Epargnants, ils mettent de l’argent de côté, ce qui permet aux banques de prêter
aux entreprises afin qu’elles puissent investir et se développer
Contribuables, ils paient des impôts
Le rôle de l’État consiste à":
Etablir les lois qui régissent le pays et assurer qu’elles soient respectées
Assurer le fonctionnement harmonieux de l’économie en intervenant quand il
convient de le faire
Garantir certaines tâches qui ne sont pas rentables, nécessaires au bon fonction-
nement de la société. Par exemple, l’éclairage public
Récolter des impôts afin de pouvoir faire face aux différentes charges
De plus, l’Etat est également employeur et verse donc des salaires
État, que nous pouvons rajouter au schéma précédent avec un nouvel acteur lié aux
importations et exportations, appelé “reste du monde”; ce schéma devient alors:
|-intérêt, prêt / remboursement, investissement-|
| |
| |------- biens et services / achats --------| |
| | | |
| | |----------- travail / salaire ---------| | |
V V V V V V
ENTREPRISES MÉNAGES
/\ /\
\ /
\ travail / salaire /
impôts / subventions, routes, écoles et autres prestations
|
|
V
ÉTAT
/ \
/ \
importations exportations
| \/
/\ |
LE RESTE DU MONDE
!9
Éléments fondateurs
ENVIRONNEMENT MACRO ET MICROÉCONOMIQUE
Nous y reviendrons plus en détail par la suite, mais tentons, à ce stade, une première
définition de la micro et la macroéconomie. En microéconomie, l’on s’intéresse aux
comportements des ménages et des l’entreprise, dans leurs décisions, prises indivi-
duellement; on considère que toute personne cherche à maximiser son utilité et que
cette maximisation se fait avec des moyens limités. En macroéconomie, on modélise-
ra les effets de ces décisions, à l’échelle d’un pays au travers de relations entre des
indicateurs agrégés, tels que le revenu moyen, l'investissement, la consommation, le
taux de chômage, la croissance, etc.; dimensions sur lesquels une entreprise n’a pas
ou que très peut d’influence.
!
L’étude de l’environnement macroéconomique donnera des indications précieuses
sur :
1
Le rôle de l’État, sa stabilité, le degré d’interventionnisme des pouvoirs publics, etc.
L’évolution économique, la structure de la population, son pouvoir d’achat, le taux
de chômage, etc.
Le cadre social, les traditions, valeurs, croyances des individus composant la so-
ciété en question.
|-ENVIRONNEMENT MACROÉCONOMIQUE--------------|
| |
| État Économie Ressources Culture |
| |
| |-ENVIRONNEMENT MICROÉCONOMIQUE--------| |
| | Ménages | |
| | Clients Distribution | |
| | | |
| | ENTREPRISES | |
| | | |
| | Investisseurs Concurrents | |
| |--------------------------------------| |
| |
| Technologique Écologique Légal |
| |
|--------------------------------------------|
Ces informations seront souvent trouvées par le biais de revues spécialisées ou à l’aide d’Internet,
1
en particulier le “Fact Book” de la Central Intelligence Agency (http://ecol2.com/u/ciafb) ou les statis-
tiques de l’OCDE (http://ecol2.com/u/ocdestat).
!10
Éléments fondateurs
L’évolution des technologies, des recherches, des ressources disponibles
Le cadre légal et réglementation, notamment en ce qui concerne la protection de
l’environnement, les énergies ou toute dimension susceptible d’impacter la progres-
sion des affaires.
Au niveau de l’environnement microéconomique, l’étude se réalisera plutôt sur la base
de connaissances internes à l’entreprise. Elle permettra de répondre aux questions
suivante:
Combien de clients avons nous? Quel type de ménage pourrions-nous avoir
comme clients? Quelles sont les fréquences et lieux d’achat? Quelles sont leurs
motivations, leurs freins lors de l’achat ?
Qui sont mes concurrents? Leur part de marché? Leur santé financière? Leur ca-
pacité à innover ou à réagir?
Comment fonctionnent les circuits de distribution (fournisseurs et revendeurs)?
Quels sont les politiques d’achats de ventes? Fonctionnent de la logistiques?
La compréhension de notre environnement doit permettre à la société de s’organiser,
malheureusement avec des moyens et ressources souvent rares.
RESSOURCES
Les ressources de notre planète: matières premières, eau, énergie fossile (qu’on tire
de la terre), etc. sont limitées. Leur transformation prend du temps et exige du travail.
C’est ce qui rend difficile la satisfaction de nos besoins car, en raison de cette rareté, il
est": i) impossible de tous les satisfaire; ii) nécessaire d’utiliser le mieux possible les
ressources à notre disposition.
Note": autrefois, l’offre répondait à une certaine demande"; c’est-à-dire qu’on produi-
sait en fonction des besoins exprimés par les gens. De nos jours, l’offre précède la
demande. Pour vendre, il s’agit de créer de nouveaux besoins chez le consommateur
pour lui faire acheter des produits qui ne lui sont pas forcément nécessaires (ex": trot-
tinette, lecteur DVD pour voiture, agenda électronique etc.). Cette consommation ef-
frénée rend-elle l’homme d’aujourd’hui plus heureux que ne l’étaient les générations
précédentes"? On peut se poser la question. En effet, la qualité de la vie ne dépend
pas seulement de la richesse, mais aussi d’éléments tels que la justice sociale (égalité
de traitement, répartition des revenus), la liberté (de commerce, de conscience), la
propreté de l’environnement ou la sécurité dans son emploi ou face aux incertitudes
de la vie.
S’intéresser à l’économie politique, c’est découvrir les règles de l’utilisation rationnelle
des ressources dont nous disposons. Après avoir vu comment naît un besoin, nous
verrons dans le chapitre suivant quelles sont les éléments qui y répondent.
!11
Éléments fondateurs
113. FACTEURS DE PRODUCTION
On entend par facteurs de production tous les moyens matériels et immatériels (phy-
siques et non physiques) qui contribuent à la mise à disposition de biens et services.
Ces derniers peuvent être disponible en quantité illimitée (comme l'air respiré), et donc
libre (gratuit), ou obtenu par un travail de transformation des ressources naturelles à
l’aide d’un certain savoir, et donc économique (payant).
Nous établirons une seconde hypothèse qui fonde l’économie: chaque étape de fabri-
cation et de commercialisation, augmente la valeur des produits (son prix étant l'addi-
tion de la valeur ajoutée par chaque intermédiaire). Ce qui est possible grâce à trois
ressources:
Naturelles, matière première ou dans le secteur tertiaire, l'information
Humaines (travail, main d’œuvre, matières grise)
Financières, capital nécessaire à l'investissement et au démarrage
À noter que le capital financier (fonds monétaires à disposition de l’entreprise) n’est
pas un facteur de production. Il n’est que le moyen d’acquérir ou de rémunérer les fac-
teurs de production.
Cependant, il ne suffit pas de réunir des matières premières, des capitaux et de la
main d’œuvre pour que se développe une activité économique. Encore faut-il qu’un
entrepreneur et son équipe prennent l’initiative, le risque et la responsabilité de créer
pour qu’une production apparaisse. Il faut donc y ajouter la volonté d’entreprendre et
la capacité de créer, d’innover. C’est pourquoi certains économistes parlent d’un qua-
trième facteur de production": la créativité ou l’esprit d’entreprise.
LE CAPITAL HUMAIN
Le travail représente l’activité de toutes les personnes qui participent au processus de
production d’un bien / produit ou service. Le travail peut être présenté de différentes
manières; il est …
Manuel ou intellectuel
Exemples": horticulteur, maçon – chercheur dans un laboratoire, analyste program-
meur (informaticien), etc.
Directement ou indirectement productif
Exemples": agriculteur, mécanicien de précision– secrétaire, comptable, etc.
Qualifié ou non qualifié
Exemples": avocat, expert-comptable – manœuvre, livreur, etc.
!12
Éléments fondateurs
De direction ou d’exécution
Exemples": chef d’entreprise, directeur - cambiste, assistant(e) d’un gérant de fortune,
balayeur, etc.
Division du travail
L’homme a très tôt cessé de produire tout ce dont il avait besoin et s’est consacré
d’abord à un nombre limité d’activités productives, puis à une seule d’entre elles. Ce
phénomène, qui a donné naissance aux métiers, s’appelle la spécialisation des pro-
fessions. Elle s’est accentuée de plus en plus de sorte qu’il existe de nos jours un très
grand nombre de métiers et de professions et donc une multitude de spécialistes. La
conséquence immédiate et inévitable de toute spécialisation est l’interdépendance des
individus et de l’échange. En effet, chaque spécialiste doit compléter sa propre pro-
duction par les produits des autres qu’il obtient en échange de l’excédent des siens.
Dans la production moderne, la spécialisation existe même à l’intérieur du même mé-
tier, où elle prend le nom de division des tâches": c’est la décomposition d’un proces-
sus de production en une série d’opérations dont chacune est exécutée par un ouvrier
spécialisé, celui-ci n’ayant souvent plus qu’un geste à accomplir.
Alors que l’horloger du passé fabriquait entièrement une montre, l’horloger d’aujourd’-
hui n’en fait généralement qu’une petite partie, de sorte que pour produire une seule
montre, il faut le concours d’un grand nombre d’ouvriers.
Organisation rationnelle du travail
Organiser rationnellement un travail, c’est l’organiser de façon à obtenir avec des
moyens donnés le résultat maximum ou un résultat donné avec le minimum de
moyens. C’est à des ingénieurs et des industriels américains, en particulier à Frédéric
Taylor et Henry Ford, qu’on doit un nombre de procédés permettant d’atteindre ce but.
En voici quelques exemples":
Le travail à la chaîne qui assure la continuité dans le travail et évite ainsi toute perte
de temps";
Le chronométrage qui détermine la durée de toute opération et permet de fixer des
temps standard auxquels doivent se conformer les ouvriers";
L’adaptation de chaque outil et de chaque opération aux capacités de l’ouvrier";
La standardisation des produits qui consiste à limiter le nombre de modèles d’un
objet mais à produire en grande quantité chaque modèle.
A notre époque, l’automatisation et l’électronique ont ouvert des voies nouvelles à l’or-
ganisation de la production industrielle. Les opérations de production nécessitent de
plus en plus une main d’œuvre qualifiée (techniques sophistiquées, informatique, etc.).
Avantages/inconvénients de la division et de l’organisation rationnelle du travail
!13
Éléments fondateurs
Avantage
L’avantage principal est l’accroissement considérable de la productivité. Cela tient à
plusieurs causes": l’ouvrier spécialisé connaît à fond sa partie; il acquiert une très
grande habileté et rapidité; il y a moins ou pas de perte de temps. Il en résulte une
production plus grande, moins chère et souvent de meilleure qualité.
Inconvénients
L’ouvrier qui accomplit son geste ne trouve bien souvent pas une grande satisfaction
dans son travail; il est victime d’un abrutissement progressif. La division du travail
exige de moins en moins d’ouvriers ayant une formation professionnelle complète,
beaucoup de tâches peuvent être accomplies par des manœuvres ou par du person-
nel semi qualifié.
LE CAPITAL TECHNIQUE
Le capital technique représente l’ensemble des biens de production produits par
l’homme. On distingue le capital technique fixe (ou immobilisé) du capital technique
circulant.
Capital technique fixe": est utilisable durant plusieurs cycles de production (ma-
chines, véhicules, immeubles, biens d’équipement, etc.). Il est détruit progressive-
ment par l’usure et l’obsolescence (vieillissement technologique), ce qui justifie son
amortissement.
Capital technique circulant": n’est utilisable que durant un seul cycle de produc-
tion. Cela signifie que le capital technique circulant est soit transformé (matières
premières), soit consommé (énergie).
Tout capital technique est le résultat d’une production. Cette production se fait au dé-
triment de la production des biens de consommation, mais permettra par la suite d’ac-
croître notablement la production de biens de consommation. Exemple": la production
de machine à coudre, plutôt que la production manuelle d’habits permettra par la suite
d’accroître considérablement la production future d’habits.
LES RESSOURCES NATURELLES
De quoi sont constituées les ressources naturelles?
Les ressources naturelles sont constituées par les richesses naturelles telles que le
sol, l’air, l’eau, les minerais de métaux, le charbon, le pétrole, le gaz naturel, etc. Elles
ne sont pas issues d’une activité productrice antérieure. Dans la littérature écono-
mique, ce facteur de production est souvent désigné par “la terre”.
!14
Éléments fondateurs
On distingue les ressources naturelles du facteur de production “capital
technique” (biens de production produits par l’homme). Exemples":
La terre, ressource naturelle, produira des fèves de cacao (matière première – capi-
tal circulant) grâce à l’activité productrice de l’homme
L’eau, ressource naturelle, produira de l’énergie électrique (énergie – capital circu-
lant), grâce à une centrale hydraulique construite par l’homme
Elles possèdent deux caractéristiques bien particulière; elles sont en effet les seules:
1.
Qui ne soit pas créé par le travail de l’homme et qui ne puisse, par conséquent,
pas être reproduit
2.
Physiquement immobile.
La valeur de la terre (son prix) découle ainsi de ces deux caractéristiques et de sa dis-
ponibilité.
Impact des ressources naturelles sur l’économie
Dans une économie, il est intéressant de noter que certaines industries utilisent beau-
coup de capital et peu de main d’œuvre (travail), alors que d’autres utilisent relative-
ment peu de capital et beaucoup de main d’œuvre (travail). L’important étant de com-
biner les facteurs de production de manière rationnelle par rapport aux ressources; par
exemple, pour la fabrication de vêtements, on peut utiliser des machines très sophisti-
quées (et chères) et peu de main d’œuvre, ou au contraire relativement peu de ma-
chines et beaucoup de main d’œuvre (relativement bon marché). Ainsi, la fabrication
d’une paire de chaussures dans un pays européen est essentiellement réalisée à
l’aide de machines (capital technique) alors qu’une paire de chaussures fabriquée
dans un pays africain est essentiellement réalisée par un être humain (travail). La fa-
brication d’une montre de type Swatch est essentiellement réalisée à l’aide de ma-
chines (capital technique) alors qu’une montre de type Rolex fait beaucoup plus appel
au facteur de production travail.
!15
Courants de pensées
12. COURANTS DE
PENSÉES
121. L’ANTIQUITÉ ET LE MOYEN-
AGE
La civilisation grecque fournit grâce à Platon et Aristote (Ve et IVe siècles av. J-C) des
amorces de théories économiques. Cependant, le but de ces écrits est plus d’apporter
une ligne de conduite morale ou politique que de développement économique, qui
n’est pas un sujet d’étude. Les romains n’ont rien apporté de significatif dans le do-
maine du développement de la pensée économique. En effet, les romains méprisent le
travail, attitude suffisante pour empêcher la naissance et le développement de l’éco-
nomie. Rome préconise une vie simple et combat toute forme exagérée de richesse.
Dans la pensée latine, il est immoral de vouloir s’enrichir. Les romains s’intéressaient
plus à la science du droit. Ainsi Cicéron (106-43 av J.-C.), homme d’état et philosophe,
disait: “rien de noble ne pourra jamais sortir d’une boutique ou d’un atelier”.
Le Moyen Age (dès le Ve siècle après J.-C.), qui s’étend sur un millier d’année envi-
ron, est souvent décrit comme une période de notre histoire peu reluisante. Sous ses
airs d’immobilisme et d’obscurantisme c’est pourtant un temps où les hommes ont su
créer ce qui assurera les progrès futurs de l’humanité: mise en valeur des champs,
culture, défrichements, création des écoles et universités. Les grandes cathédrales qui
datent de cette époque témoignent d’un savoir faire certain.
EFFET DES RELIGIONS
L’économie n’est cependant pas une préoccupation dominante de ces périodes où la
société est principalement tournée vers la religion et la foi. La religion chrétienne ré-
habilitera quelque peu le travail (“tu gagneras ton pain à la sueur de ton front”), mais le
travail restera une sorte de sanction nécessaire, voulue par Dieu, et ce, jusqu’à la Ré-
forme (XVe siècle après J.-C.).
La religion a donc souvent été un obstacle important au développement économique.
En voici quelques illustrations":
Le commerce à but lucratif et le prêt à intérêts aux chrétiens étaient rigoureusement
interdits. A cette époque on pense que le temps appartient à Dieu. L’intérêt marque
!16
Courants de pensées
l’écoulement du temps et le facturer est considéré comme un péché mortel. Cette
activité est autorisée aux personnes de confession juive qui n’avaient pas le droit de
posséder des terres et de les exploiter. Ils furent ainsi l’élément moteur du dévelop-
pement économique au Moyen Age.
Par son influence sur les populations (l’église catholique s’oppose toujours à l’utili-
sation de moyens de contraception), l’église peut provoquer ou entretenir des situa-
tions empêchant le démarrage économique. (Surpopulation, famine, misère,
épargne impossible).
L’essor de l’économie ne pouvait ainsi devenir possible que par un changement brutal
de la doctrine.
LA RÉFORME
Calvin (1509 - 1564) en lançant la Réforme va provoquer le bouleversement cité ci-
dessus, l’échelle des valeurs alors en vigueur, va considérablement et durablement
être modifiée. Pour Calvin, l’autorité de la Bible est totale en matière de loi et de règles
de vie. A Genève, où il s’installe, il met en place un code juridique, réorganise l’Eglise
et instaure un régime austère. En matière économique, Calvin dénonce l’immobilisme
du Moyen Age et soutient l’émergence de six outils de développement: le capital, le
crédit, l’intérêt, les banques, le commerce, la création de profit, valeurs jusqu’ici mal
vues par l’église.
Calvin permet d’entourer ce développement d’un certains nombre de critères éthiques
qui ont pour objectif d’éviter des taux usuriers et d’interdire aux prêteurs de profiter de
la détresse des pauvres gens tentés par l’emprunt pour sortir de la misère. Le travail
n’est plus vu comme une condamnation divine mais devient un but. Les commerçants
et les industriels deviennent dans la société des gens honorables et respectés.
Par son code de vie très stricte Calvin apporta aux capitalisme naissant une morale. Il
interdit les bijoux, les souliers pointus, etc. Il est un adepte de l’interventionnisme de
l’Etat et fixe les prix de la plupart des produits. Il s’élève contre les dépenses des
riches et prône la simplicité. Il est ainsi un des premiers à prescrire un habillement
identique pour tous. Calvin a permis de comprendre que l’épargne, qui résulte d’une
vie simple peut être un moteur du développement économique.
!17
Courants de pensées
122. LES PREMIERS PAS DE LA
SCIENCE ÉCONOMIQUE
LE MERCANTILISME
Ailleurs en Europe, le renforcement des puissances politiques et militaires liés à la
Renaissance est source de développement rapide du commerce. Cette période (1450-
1750) qu’on appelle le “mercantilisme” est caractérisée par une sorte de flou, durant
lequel dominent de multiples théories et doctrines, qui souvent se contredisent. Trois
pays sont principalement concernés": la France, l’Angleterre et l’Espagne.
Le mercantilisme est une doctrine économique fondée sur la prospérité nationale et
sur l’accumulation des réserves monétaires métalliques. Ce courant économique, se-
lon lequel la richesse des nations est constituée par les métaux précieux qu’elle pos-
sède, peut être considéré comme simpliste. Toutefois, même si cette théorie est
fausse, - la richesse d’une nation se mesure en biens et services et non d’après ses
réserves en métaux précieux -, c’est la première fois que l’on dissocie morale et éco-
nomie. Pour les mercantilistes, l’Etat détient le rôle principal dans l’acquisition des mé-
taux précieux (l’or principalement) qui symbolise la richesse.
Le mercantilisme anglais sera commercial. Le développement du commerce maritime,
dirigé par l’Etat, assurera à ce pays la maîtrise des mers durant plusieurs siècles. Le
mercantilisme français sera plus industriel. A cette époque le pays ne disposant ni d’or
ni d’argent et n’ayant encore pas de colonies pouvant les fournir la France se lança
dans la production et l’exportation de produits industriels. Sous Louis XIV
(1638-1715), les importations furent découragées par la création d’obstacles (taxes)
pour faciliter le développement de manufactures indigènes ainsi que les exportations.
L’agriculture fût alors délaissée. L’Etat espagnol fonda sa quête de richesse sur le
pillage des trésors des civilisations sud américaines. Les importations de produits
étrangers sont interdites pour éviter de devoir se séparer de l’or accumulé. L’économie
espagnole, pauvre en matières premières, souffrira longtemps des conséquences de
cette politique économique.
PENSÉE LIBÉRALE
L’approche interventionniste est évidemment très éloignée de la pensée libérale que
se développera dès le milieu du XVIIIe siècle. Les libéraux seront très critiques face à
cette mainmise de l’Etat central sur l’économie. On parle alors de “physiocratie”. Pour
ces adeptes seul le travail de la terre apporte, saisons après saison, un surplus de ri-
chesse qui est à la base de la prospérité nationale.
!18
Courants de pensées
La richesse provient du sol et seul le développement de l’agriculture peut faire pro-
gresser l’économie du pays. On préconise un minimum d’intervention étatique et la
suppression des règlementations entravant l’agriculture et le commerce.
123. L’ÉPOQUE CLASSIQUE
L’ÈRE INDUSTRIELLE
On assiste vers 1750 à la naissance de l’ère industrielle. La production artisanale
s’essouffle et la “fabrique”, en tant que nouvelle forme de production s’impose. Le ca-
pitalisme pour des raisons économiques, démographiques et sociales prend un essor
considérable. La croissance industrielle est sans précédent, le nombre de produits
disponible est considérablement multiplié. En revanche les conditions de travail dans
les usines sont extrêmement contraignantes et l’homme devient un outil de production
comme un autre. Le capitalisme qui en découle reconnaît la propriété individuelle (et
non plus étatique) des moyens de production. Il préconise la recherche du plus grand
profit possible et le développement de l’esprit de concurrence.
LES GRANDS ÉCONOMISTES DE L’ÉPOQUE CLASSIQUE
La pensée économique dominant cette période est appelée “classique”. Parmi les
grands économistes de cette période, nous pouvons citer":
Adam Smith (1723-1790)
Philosophe écossais qui fut le fondateur de l’école classique. Il regroupe ses idées
dans un ouvrage nommé “Essai sur la nature et les causes de la richesse des
nations”. Toutes ses démonstrations reposent sur le principe de la liberté qui est selon
lui la première condition au progrès. D’après la théorie classique l’Etat doit se concen-
trer sur les tâches qui lui revienne de fait": l’armée, l’administration et la diplomatie. La
richesse de la nation dépend principalement de la richesse des individus. Il faut donc
laisser la liberté d’action à ces derniers. Ainsi, la nation s’enrichira. Les penseurs
“classiques” affirment la primauté du travail dans l’industrie et nient l’exclusivité que
les “physiocrates” accordaient à la terre.
Thomas Robert Malthus (1766-1834)
Pasteur anglais dont les théories sur la croissance sont célèbres. Il a une vue pessi-
miste du développement économique. Il s’insurge contre toutes les mesures prises par
l’Etat qui pourraient avoir comme conséquence un accroissement significatif de la po-
pulation. En effet, il a constaté que cette dernière a tendance à augmenter plus vite
que les ressources alimentaires de son pays. Il fût l’un des témoins des premières pé-
!19
Courants de pensées
riodes de ralentissement économiques, plus tard appelées “crises” et il tenta d’en ex-
pliquer les différentes caractéristiques. Il avait compris qu’une action pour modifier le
cours des choses était possible et même nécessaire.
David Ricardo (1772-1823)
Né à Londres et plus grand auteur classique dont les écrits ont quasi totalement dis-
parut. Selon Ricardo, chaque nation doit produire les biens pour lesquels elle est la
mieux placée, ceux dont le coût de production est le plus faible par rapport à la valeur
sur les marchés internationaux.#
Exemple": Il est difficile et coûteux de produire du blé en Angleterre, la terre est mé-
diocre. Le pays a donc intérêt à importer du blé et à ce concentrer sur la production
industrielle. Cela permettra le formidable développement économique du pays au
XIXe siècle.
Charles Léonard Simonde de Sismondi (1773-1842)
Genevois d’origine qui fût le premier à contester certains points de la pensée clas-
sique. (1824). Il avança l’idée de l’intervention de l’Etat pour lutter contre la misère ou-
vrière et contre les crises économiques. Son influence sur la pensée économique fût
pourtant limitée, ses contradictions et sa modestie l’empêchèrent d’imaginer une théo-
rie préférable à celle de ses prédécesseurs.
Karl Marx (1818-1883)
Si le développement du capitalisme libéral durant le XIXe siècle fût générateur d’un
bien-être matériel nouveau et contribua fortement à l’amélioration progressive du ni-
veau de vie, il n’en a pas moins engendré les pires conditions de vie que notre
continent a connues depuis bien longtemps. En 1850, la condition des ouvriers est
déplorable: horaires très lourds (de 12 à 14 heures de travail quotidien, 6 à 7 jours par
semaine), bas salaire, condition de logement malsaines; les associations et grèves
sont interdites.
Marx en fait le constat et parle de l’écrasement de la classe ouvrière (le prolétariat) par
les capitalistes. Il explique que la croissance se fait au profit de ces derniers, tout en
ignorant les travailleurs. Le capitaliste ne recherche que la maximisation de son profit
et cela par une exploitation maximale des forces de production. Marx voit dans cette
opposition une lutte à mort qui entraînera la destruction des deux groupes d’interve-
nant économiques et d’un nouveau système: le communisme.
Le communisme prône une société sans classes, faite d’hommes libres de laquelle les
Etats auront été supprimés. Dans cette ère d’abondance, les biens n’auront plus de
valeur, la monnaie disparaîtra à son tour. Le travail aura cessé d’être une contrainte et
il fera place à des activités de production librement choisies par chacun. La police
n’aura plus de raison d’être, en même temps que la criminalité, car l’homme est bon,
!20
Courants de pensées
c’est la bourgeoisie qui le corrompt. Karl Marx est toutefois prudent. Il sait qu’entre la
destruction totale du “capitalisme” et l’avènement d’un monde nouveau, il pourra
s’écouler un certain temps. Marx s’est finalement peu intéressé à la gestion de l’éco-
nomie de la société nouvelle qu’il annonçait. Il a concentré ses efforts sur l’analyse de
l’exploitation des forces ouvrières par la bourgeoisie. Il n’a pratiquement rien dit de la
politique de croissance qui doit être mise en place après la révolution prolétariat. Ainsi,
dans les pays de l’est européen les réformes succédaient aux réformes. Le marxisme
débouchera sur l’empirisme et finalement sur un certain totalitarisme d’une nouvelle
classe dominante: la nomenklatura.
124. LES COURANTS MODERNES
LES NÉO-CLASSIQUES
A la fin du XIXe siècle certains économistes voulurent démontrer le mal fondé des
idées marxistes mais également les avantages du libéralisme économique, mais en
adoptant une démarche nettement différente, d’où le terme de néo-classiques pour
qualifier ces nouveaux auteurs classiques. Cela en s’intéressant principalement au
comportement individuel des hommes en tant que producteurs ou consommateurs,
alors que les économistes classiques ont analysé la société en tenant compte des
grands groupes d’individus qui la composaient.
Les néo-classiques étudient comment le consommateur satisfait au mieux ses besoins
par la meilleure distribution de son revenu et par la façon dont les producteurs rentabi-
lisent le plus efficacement possible les facteurs de production. Cette théorie supposait,
dans le meilleur des cas, le plein emploi et dans le pire un chômage minimal. Cette
théorie de “l’équilibre économique général” qui conduisit les économistes de l’époque
à nier la possibilité d’éclatement de toute crise générale de surproduction, ne résista
pas à l’épreuve des faits. En effet, 14 crises s’échelonnèrent de 1816 à 1929. Cer-
taines ont provoqués des révolutions et des guerres, cependant seule la crise déclen-
chée par le krach boursier de Wall Street en 1929 sema le doute dans les esprits
quant à la valeur de la thèse classique. La grande dépression des années 30 entraî-
nera le bouleversement des idées acquises. Il apparût alors que certaines idées de ce
courant économique étaient clairement irréalistes.
LA THÉORIE KEYNESIENNE
John Maynard Keynes (1883 – 1946) va véritablement dénoncer les lacunes des théo-
ries néo-classiques. Pour lui, il est inconcevable de parler de “plein emploi” de façon
permanente. Il est en effet impensable de croire que tous les travailleurs pouvaient
!21
Courants de pensées
trouver un emploi à un certain salaire. Ayant vécu la grande crise de l’entre-deux-
guerres, il lui était difficile de croire aux mécanismes régulateurs du marché menant
plus ou moins rapidement à l’équilibre et au plein emploi. Il va démontrer que l’Etat se
doit d’intervenir en période de crise économique. Cette intervention doit avoir comme
finalité le soutient et la régularisation de l’activité économique. Il est un des premiers à
parler du “pouvoir d’achat” des consommateurs. C’est selon lui par manque de pouvoir
d’achat que la machine économique peut se gripper provoquant alors le ralentisse-
ment de l’activité commerciale ou économique. C’est en maintenant ce pouvoir d’achat
que l’Etat va soutenir le niveau de consommation, de production et d’investissement
des entreprises. Pour satisfaire à cette mission l’Etat dispose de multiples moyens":
Création d’emplois publics qui vont permettre d’augmenter le bien-être social géné-
ral
Baisse des taux d’intérêt afin de stimuler les investissements privés, publics et de
consommation
Adaptation d’une politique fiscale propre à ne pas freiner la consommation
Contrairement aux idées reçues, Keynes en prônant l’intervention de l’Etat, ne s’op-
pose pas au capitalisme, au contraire le capitalisme met en place des politiques éco-
nomiques permettant de lutter efficacement contre son propre affaiblissement. L’Etat
doit être présent dans les moments difficiles afin de soigner l’économie si elle est ma-
lade.
LE MONÉTARISME
L’application des principes keynésiens a largement contribué à la stabilité et la prospé-
rité des économies occidentales. La période de croissance extraordinaire qui suivit la
seconde guerre mondiale a montré qu’il était possible de maîtriser les crises de sur-
production. Il n’en reste pas moins que le problème de la hausse des prix n’a pas été
étudié par Keynes. A son époque ce phénomène était en effet absent. Les monéta-
ristes s’interrogent sur les problèmes liés à la quantité de monnaie en circulation et
aux effets que cela peut avoir.
L’apparition de “l’inflation”, considérée comme un moindre mal dans un premier temps
rend peu appropriée, dès les années 1970, toute politique de relance de type keyné-
sien. Les monétaristes estiment que la hausse de la masse monétaire (quantité d’ar-
gent en circulation) n’est pas le bon moyen pour lutter contre la diminution de l’activité
économique. En effet, l’inflation qui en résulte ruine à long terme les efforts consentis.
L’augmentation de la quantité d’argent doit représenter une augmentation de la pro-
duction. Ils proposent donc de régler l’émission de monnaie à une quantité nécessaire
au bon fonctionnement, à la stabilité de l’économie.
!22
Courants de pensées
Ainsi, à partir des années 70, la lutte contre l’inflation a pris le dessus sur les préoccu-
pations liées à l’emploi. Les économies occidentales passèrent ainsi de 10 à 2% envi-
ron d’inflation, malheureusement, le chômage passa, lui, dans la même période de 2 à
10%...
LA PENSÉE ACTUELLE
Aucune des théories étudiées précédemment n’a apporté de réponse satisfaisante à
la crise qui a secoué les économies occidentales dans le dernier quart du XXe siècle.
Ainsi, on peut dire que la période actuelle est marquée par l’effacement de toute théo-
rie véritablement dominante. Un pays peut passer de l’application d’une théorie éco-
nomique à l’autre au gré des changements de gouvernement et de leur orientation po-
litique. On peut tenter tout de même de dégager actuellement deux courants princi-
paux:
Le courant néo-keynésien
Prône l’intervention de l’Etat pour maintenir et améliorer de façon continue le système
économique. C’est la base des doctrines des gouvernements sociaux-démocrate.
Le courant néo-classique
Considère que les interventions répétées de l’Etat sont responsables du mauvais
fonctionnement de l’économie du pays. C’est la base des doctrines des gouvernement
de droite ou conservateur.
Le survol de la pensée économique proposé nous a permis de présenter et de com-
prendre, tout au moins de manière partielle un certain nombre de théories. Ces der-
nières s’inscrivent dans leur temps, elles sont vraies puis fausses, souvent reprises et
adaptées; il semble qu’il n’y ai pas de vérité définie et définitive…
!23
Les systèmes économiques
2. MACROÉCONOMIE
21. LES SYSTÈMES
ÉCONOMIQUES
Les systèmes économiques ont longtemps été classés en deux groupes qui s’oppo-
saient idéologiquement, soit: l’économie de marché d’une part, planifiée de l’autre. La
chute du Mur de Berlin (16 novembre 1989) et la disparition du système de planifica-
tion de l’économie dans les anciens pays de communistes d’Europe de l’Est et en
Russie nous permet aujourd’hui de nous concentrer essentiellement sur l’économie de
marché. L’économie planifiée sera abordée, mais sera moins développée que l’éco-
nomie de marché. Par la suite, nous aborderons brièvement les cas particuliers de la
Chine et de l’Inde.
211. ÉCONOMIE DE MARCHÉ
ORIGINES ET CARACTÉRISTIQUES
Le terme de “marché” est aujourd’hui employé couramment. Son origine remonte à
l’organisation des foires de commerce, au XIIe et XIIIe siècles. On appela alors “mar-
ché” le lieu de conclusion des échanges entre les vendeurs de marchandises et les
acheteurs potentiels. Durant plusieurs siècles, le marché existait concrètement: il était
facilement localisable. De nos jours, la multiplication des possibilités d’échange a
transformé le marché en un élément abstrait, pas nécessairement localisé en un en-
droit précis, qui regroupe désormais l’ensemble des producteurs et des consomma-
teurs d’un bien ou d’un service. Ce qui importe désormais, c’est que ceux qui ont l’in-
tention de vendre et ceux qui ont envie d’acheter soient en contact d’une manière ou
d’une autre": téléphone, fax, Internet ou tout autre moyen de communication.
Ce sont les écoles classiques des XVIIIe et XIXe siècles qui ont décrit les principes de
l’économie de marché, ou capitalisme. Ce système est caractérisé par:
La liberté individuelle,
!24
Les systèmes économiques
La concurrence,
La formation des prix par le jeu de l’offre et de la demande,
L’existence du profit.
C’est l’initiative personnelle qui est l’élément moteur du système. Chacun est libre de
choisir sa profession et de créer sa propre entreprise. Ce sont donc les individus qui
organisent et dirigent toute l’activité économique. L’Etat n’intervient pas dans l’écono-
mie et se contente de jouer un rôle d’arbitre en faisant respecter les règles de son jeu.
Son action est limitée à des domaines d’intérêt général tels que la défense du pays,
les relations avec l’étranger, la police intérieure, l’éducation, la santé, etc. Dans un tel
système, les entrepreneurs privés jouent un rôle essentiel. En décidant de la nature et
de la quantité de leur production, ils offrent aux clients une multitude de produits diffé-
rents. La rencontre entre l’offre du producteur et la demande du consommateur s’ef-
fectue par l’intermédiaire du marché, d’où le terme d’économie de marché.
L’ÉVOLUTION DE L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ
Dans la réalité, l’économie de marché telle que décrite par les penseurs de l’école
classique n’existe pratiquement pas. En effet, les entreprises et l’Etat, notamment, ont
des comportements qui perturbent le processus normal de la formation des prix qui
voudrait que ceux-ci résultent d’un juste équilibre entre l’offre et la demande.
Etat et concurrence
L’Etat et l’économie de marché actuelle
Le capitalisme sauvage, tel qu’il était pratiqué au XIXe siècle, a créé une misère
épouvantable dans le monde ouvrier. L’économie de marché ne pouvait demeurer sur
cette voie. Sous la pression populaire et pour éviter tout risque de révolution, l’Etat est
progressivement intervenu pour empêcher que l’écart entre les bénéficiaires et les ex-
ploités du système capitaliste ne se creuse trop. L’Etat agit de plus en plus dans les
différents secteurs de l’économie – et souvent avec raison – pour préserver l’intérêt
général. Le capitalisme pur et dur du XIXe siècle a progressivement glissé vers un
système mixte qui voit la liberté d’entreprendre de plus en plus confrontée aux inter-
ventions étatiques. Le but final de cette emprise de plus en plus marquée de l’Etat sur
l’économie est d’atténuer les défauts du capitalisme, en limitant notamment les inégali-
tés sociales et en assurant la stabilité de l’économie. On parle désormais d’économie
de marché sociale.
Ainsi donc, même dans une économie de marché moderne, il est demandé sans
cesse à l’Etat de multiplier ses actions. Le XXe siècle a vu un extraordinaire dévelop-
pement de ses tâches sociales en matière de santé, de transport ou d’instruction par
exemple. La protection de l’environnement est un nouveau défi et, dans ce domaine
!25
Les systèmes économiques
également, c’est l’Etat qui se retrouve en 1ère ligne pour veiller à la qualité du sol, de
l’air et de l’eau. Il appartient encore à l’Etat d’assurer un bon fonctionnement du mar-
ché en empêchant notamment les abus dans le domaine de la concurrence (législa-
tion sur les cartels, loi sur la concurrence déloyale). Même si elles paraissent impo-
santes et contraires à l’esprit libéral, toutes ces interventions de l’Etat dans la vie éco-
nomique respectent l’esprit d’un système de marché. Tant que l’Etat ne s’ingère par
dans la gestion de l’entreprise, il ne saurait lui être reproché de défendre et de pro-
mouvoir l’intérêt général.
La concurrence et l’économie de marché actuelle
Une saine concurrence est l’élément moteur du système d’économie de marché. Elle
garantit aux consommateurs des produits variés, de bonne qualité, à des prix intéres-
sants. En effet, le producteur qui néglige la qualité et dont les produits sont chers par
rapport aux autres est inexorablement exclu du marché. Malheureusement, cette
concurrence ne s’exerce pas toujours de manière très limpide. Les situations de mo-
nopole, de même que les accords entre producteurs pour mieux contrôler le marché
sont très nombreux.
Avantages et inconvénients de l’économie de marché
Avantages
Nous avons vu que le moteur de l’économie de marché – ou capitalisme – est l’intérêt
personnel, c'est-à-dire la recherche du gain dans un grand espace de liberté indivi-
duelle. Le marché encourage les individus à manifester leur énergie, leur compétence,
leur ambition et leur aptitude à prendre des risques. Cela confère au système de mar-
ché souplesse, vitalité, créativité et faculté de changement"; preuve en est l’extraordi-
naire développement économique qui a suivi la révolution industrielle. Aucun autre
système n’a généré autant de richesses matérielles et donc de confort pour l’individu.
De plus, le système d’économie de marché actuel réduit les interventions des pouvoirs
publics aux éléments d’intérêt général qu’il serait peu sage de laisser flotter librement
sur le marché (énergie nucléaire, commerce de la poudre de guerre, distribution de
l’eau, etc.). Ce serait en effet une erreur de supposer que chaque intervention de l’Etat
est une atteinte à la liberté.
Inconvénients
L’économie de marché est un système peu efficace pour s’occuper des domaines so-
ciaux tels que l’éducation, les services administratifs ou la santé. Ces secteurs non
rentables – au sens ou l’entend un entrepreneur – sont délaissés et l’Etat s’en occupe
tant bien que mal en fonction des ressources parfois bien maigres à disposition. C’est
ainsi que certains pays voient leur système de santé se dégrader, la qualité de leur
enseignement s’écrouler, la propreté et la sécurité des rues se transformer en souve-
nir. Le capitalisme a abouti à des inégalités considérables entre les individus. Entre un
manœuvre et un directeur de banque, l’écart de salaire est facilement de 1 à 10.
!26
Les systèmes économiques
Même si l’on n’est pas partisan d’une égalité totale, il faut convenir que les inégalités
actuelles sont loin d’être toujours justifiées par le mérite ou le travail.
Dans les pays industrialisés, plus de 100 millions de personnes vivent en deçà du
seuil de pauvreté. En Suisse, le nombre de salariés qui se trouvent dans cette situa-
tion a explosé au cours de ces dernières années. Ces working poors, les pauvres qui
travaillent, sont désormais au nombre de 250'000. Agés de 20 à 60 ans, ils exercent
une activité lucrative mais gagnent moins de 35'000 par an. Ce système ne peut éviter
les crises qui, périodiquement, amènent misère et désolation au milieu de la surabon-
dance. La crise se manifeste régulièrement dans presque toutes les nations capita-
listes sous forme de stagnation de la croissance, du chômage, d’inflation, d’agitation
sociale. La multiplication du nombre des sans-abri dans les grandes villes, l’augmenta-
tion du nombre des chômeurs de longue durée ou la réintroduction des soupes popu-
laires illustrent le fossé grandissant entre les nantis et les oubliés de la prospérité.
POURQUOI L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ SUBSISTE-T-
ELLE?
L’économie de marché est un système dans lequel l’argent et la justice ne font pas
bon ménage. Le marché est impitoyable pour les plus faibles qui disparaissent sous
les coups d’assommoir de la concurrence. Pourtant, ce système est stimulant. Il per-
met la prise de risques, le défi, l’audace. Chacun peut espérer améliorer sa situation
s’il est prêt à s’investir à fond et, au besoin, à jouer des coudes pour se faire une place
au soleil. La liberté conférée par le système d’économie de marché encourage
l’homme à se prendre en charge et l’incite à transformer, à innover, à créer. Notre
confortable situation matérielle en est la preuve tangible. Malgré toutes ces imperfec-
tions, aucun système n’a jamais réussi à détrôner durablement le régime de l’écono-
mie de marché. S’il n’est pas parfait, le capitalisme d’aujourd’hui est certainement le
moins mauvais des systèmes économiques.
212. ÉCONOMIE PLANIFIÉE
L’économie planifiée - ou collectivisme - est fondée sur la propriété collective des
moyens de production et sur la planification totale de la vie économique par l’Etat. Les
individus sont subordonnés à l’Etat et ne jouissent que de libertés et de droits très re-
streints. Le pouvoir central établit des plans. L’Etat estime la production à réaliser
dans tous les secteurs, organise la distribution, fixe les prix, détermine les salaires,
etc., bref remplace les mécanismes du marché. De même, la propriété privée des
moyens de production a été supprimée.
!27
Les systèmes économiques
AVANTAGES DE L’ÉCONOMIE PLANIFIÉE
Le grand avantage théorique d’une économie rigoureusement planifiée est sa stabilité.
En effet, elle doit théoriquement échapper aux fluctuations qui secouent les écono-
mies capitalistes et à leur aspect le plus grave": un chômage parfois important. En
outre, le problème des grandes inégalités de revenus – même s’il n’a pas disparu, car
le salaire doit rester source de motivation – est considérablement atténué.
C’est en Russie en 1917 que se met en place pour la 1ère fois un régime politique se
réclamant des idées de Karl Marx. L’URSS est alors le 1er Etat qui, voulant rompre
avec le capitalisme, tente d’instaurer une nouvelle organisation économique et so-
ciale. Dans les années 1970, un tiers de l’humanité vit dans un système économique
régi par les lois de l’économie planifiée. Les principaux pays en sont l’URSS, la Chine,
les pays de l’Est européen, la Corée du Nord, le Vietnam et Cuba. Depuis les événe-
ments de l’automne 1989, la grande majorité de ces pays a tourné le dos à des di-
zaines d’années de communisme.
L’effondrement de la plupart des régimes communistes a montré l’échec de ce type de
système économique. Plusieurs raisons peuvent l’évoquer. Tout d’abord, les erreurs
colossales dues à une travail titanesque de planification de l’économie du pays entraî-
nant pénurie ou, au contraire, pléthore de certains biens. De plus, les plans établis à
Moscou par exemple, étaient très mal acceptés dans certaines républiques baltes ou
de confession principalement musulmanes. Les résultats économiques ont donc été
systématiquement très inférieurs aux objectifs fixés.
INCONVÉNIENTS D’UNE ÉCONOMIE PLANIFIÉE
Le plus grave défaut d’une économie planifiée est d’ordre humain et non économique.
Dans ce type d’organisation, l’intérêt personnel, ce puissant stimulant, n’agit plus
guère. L’Etat pense et organise la vie de l’individu. La probabilité qu’a chacun d’amé-
liorer son propre sort est extrêmement faible. La monotonie s’installe, la motivation
disparaît, et c’est un climat de désintérêt total qui domine. S’accrochant au pouvoir par
la corruption et la peur, la nomenklatura entretenait le fossé existant entre les classes
qu’une économie de ce type aurait justement dû abolir.
Une boutade illustre bien la toute puissance des Etats (quelque soit le système): “sous
le régime capitaliste, il y a l’exploitation de l’homme par l’homme. Dans le régime
communiste, c’est exactement le contraire”.
!28
Les systèmes économiques
213. DÉVELOPPEMENT DES
RÉGIONS PAUVRES:
NOUVEAU PARADIGME?
L’ARRIVÉE DES GÉANTS DU BRIC
Née de la révolution industrielle du début du XIXe siècle, l’économie de marché a
longtemps concerné uniquement les pays dits développés. Nous sommes en train
d’assister à un changement radical. A elles seules, la Chine et l’Inde représentent en-
viron 40% de la population mondiale. Longtemps engluées dans le sous-développe-
ment et figées dans des modèles économiques centralisés, la Chine tout d’abord, puis
l’Inde aujourd’hui, s’orientent résolument vers un système d’économie de marché.
L’arrivée de ces deux géants dans le commerce mondial va changer la face du
monde.
LA CHINE - L’ATELIER DU MONDE
Depuis 1949, la Chine est officiellement un pays communiste. Malgré les change-
ments en cours, elle reste un régime totalitaire. Les libertés civiles n’existent pas et la
répression est omniprésente. Pourtant, depuis une vingtaine d’années, la Chine est en
train de changer. Le régime s’efforce de dériver, sans le dire, d’un système rigide
d’économie centralisée vers un type d’économie privée, sans pour autant remettre en
cause son propre monopole du pouvoir. L’économie de marché sans la démocratie,
voilà la voie choisie par les autorités chinoises. En 1988, la notion de secteur privé est
introduite dans la constitution. En 1999, un amendement lui reconnaissait la qualité de
“composante importante” de l’économie nationale. En 2003 enfin, la charte du parti
communiste est modifiée": l’inviolabilité de la propriété privée est reconnue. Tout va
très vite en Chine. Entre l’an 1901 et l’an 1950, le revenu par habitant n’a pas aug-
menté. Entre 1950 et 2002, il s’est multiplié par huit. En une génération, la Chine tra-
verse les mutations que les pays occidentaux ont mis 150 ans à accomplir. Elle vit sa
première révolution industrielle, celle que nous avons connue à la fin du XIXe siècle.
Grâce à l’exode de paysans pauvres qui viennent fournir une main d’œuvre nom-
breuse, docile, travailleuse et mal payée – 2 à 3 francs par jour de salaire de base – la
Chine a connu une croissance économique sans précédent. En quelques années, elle
s’est hissée au 5e rang des puissances économiques mondiales. Déjà premier pays
d’accueil de l’investissement étranger, les décisions récentes sur la propriété privée
vont renforce l’attractivité de l’Empire du milieu et en faire plus que jamais le “grand
atelier du monde”. La Chine sera probablement avant 2020, la 2e puissance écono-
!29
Les systèmes économiques
mique mondiale derrière les Etats-Unis. Aujourd’hui, elle produit déjà 70% des photo-
copieurs de la planète, 60% des bicyclettes, 50% des ordinateurs et des chaussures.
A l’instar du capitalisme sauvage de l’Europe du XIXe siècle, le capitalisme chinois
engendre de grandes disparités sociales. La Chine est aujourd’hui le pays le plus in-
égalitaire de la planète. Si 300 millions de Chinois profitent de la croissance des
grandes villes, le milliard d’habitants des campagnes jouit quatre fois moins de la
croissance économique et continue à vivre dans un état sanitaire déplorable. Seuls
10% des Chinois bénéficient d’une couverture sociale (santé et retraite).
L’INDE – LE BUREAU DU MONDE
80 fois plus grande que la Suisse et 150 fois plus peuplée"; bienvenue dans l’Inde du
XXIe siècle. Située à un endroit stratégique proche de la Chine, de l’Asie du Sud-Est
et du Moyen-Orient, l’Inde offre des perspectives de développement économique ex-
ceptionnelles. Après son indépendance acquise en 1948, l’Inde a choisi un modèle de
développement socialiste, très aligné sur le modèle soviétique, avec une forte centrali-
sation de l’activité économique par l’Etat. Le résultat fut dramatique": un niveau de
production très bas, une sous-alimentation chronique, un analphabétisme élevé, une
part très faible dans le commerce mondial. Bref, l’Inde était engluée dans sa misère.
Depuis 1997, le pays a adopté un certain nombre d’éléments de liberté économique.
L’ouverture de son commerce aux marchés étrangers a créé une véritable révolution
économique. Si la Chine a misé sur l’industrie, l’Inde a choisi les services. Elle sera
sous peu le “bureau du monde”.
En Inde, la classe moyenne se développe. Déjà près de 200 millions d’Indiens ont un
niveau de vie qui n’a rien à envier au modèle occidental. D’aucuns voient déjà ce
grand pays au 3e rang des puissances économiques mondiales d’ici une génération.
Comme la Chine, l’Inde va être confrontée au problème du partage des richesses.
Dans les campagnes, où demeurent encore deux tiers de la population, la misère sévit
toujours, et on estime que 30% des Indiens vivent encore au dessous du seuil de
pauvreté (60% en 1970).
!30
Monnaie et politiques économiques
22. MONNAIE ET
POLITIQUES
ÉCONOMIQUES
221. HISTOIRE ET FONCTIONS DE
LA MONNAIE
HISTOIRE
Les civilisations primitives ont vraisemblablement pratiqué le troc (échange d’objets)
sans avoir recours à une monnaie. Toutefois cette manière de faire n’a pas été aussi
étendue qu’on pourrait le croire; elle comporte en effet de nombreux inconvénients qui
d’une manière générale freinent l’activité économique. En effet:
Il exige qu’une personne soit disposée à acquérir le bien d’une autre et vice-versa.
Les deux bien doivent avoir la même valeur
L’échange n’a pas une valeur universelle
A partir du moment où la société humaine s’est sédentarisée et que l’homme a déve-
loppé un système social fondé sur la vie en communauté et l’agriculture, le dévelop-
pement des échanges et la vente des produits de l’exploitation ont entraîné l’appari-
tion d’un intermédiaire dans les échanges: la monnaie. En échange de son bien le
vendeur accepte un autre bien dont il n’a pas directement l’usage, mais dont il sait
qu’il pourra l’utiliser plus tard pour obtenir ce dont il aura alors réellement besoin. La
monnaie et la dette deviennent les éléments que l’on accepte avec l’idée de s’en ser-
vir plus tard.
Il est intéressant de noter que les premières monnaies ont été des marchandises. Par
exemple: en Afrique on se servait de pièces de tissu, au Tibet de blocs de thé com-
primé, en Virginie de tabac, en Gaule de hachette de cuivre, aux îles Fidji de poissons
séchés et enfin à Berlin en 1945 de paquets de cigarettes américaines qui ont changé
de mains sans jamais être fumées.$
!31
Monnaie et politiques économiques
Pour faire office de monnaie, ces diverses denrée devaient remplir certains critères": $
Pouvoir se conserver dans le temps
Etre rares pour avoir une valeur re-
connue de tous
Etre aisément transportables
Etre facilement divisibles$
La monnaie métallique
C’est les critères ci-dessus qui ont conduit les sociétés à utiliser des métaux précieux
(or, argent, cuivre, laiton ou encore bronze) dans les échanges. Après les lingots, les
pièces se sont vite imposées comme la forme la plus pratique de monnaie marchan-
dise. Ce qui faisait alors la valeur de la pièce était la quantité de métaux précieux
qu’elle contenait. Ainsi, on pesait régulièrement les pièces au cours des échanges.
Petit à petit les états se sont mis à frapper la monnaie à l’effigie de leurs souverains.
La monnaie papier
L’usage de la monnaie de métal à montrer ses limites lorsque les échanges sont de-
venus toujours plus nombreux et que les prix ont augmentés. Le passage à une mon-
naie de papier s’est fait en trois étapes":
1.
A la fin du Moyen Age, les détenteurs de grandes quantités de pièces métalliques
ont cherché à mettre en sécurité leur fortune. Ce sont les orfèvres qui, les pre-
miers jouèrent le rôle de banquiers. Ils émettaient des reconnaissances de dettes,
soit des papiers qui permettaient au porteur de récupérer la somme en tout temps.
Ces papiers se mirent à circuler et à servir comme moyen de paiement.
2.
Les orfèvres ne mirent pas longtemps pour s’apercevoir que leurs réserves de mé-
taux précieux excédaient continuellement les retraits que les clients effectuaient.
Ils se mirent à émettre, sous forme de crédit, plus de papier-monnaie que le stock
de métaux qu’ils détenaient. Ils émettent plus de billet qu’il ne possède de métal
en stock.
3.
Les Etats interviennent dans l’émission des billets de banque. Ceci afin de limiter
la multiplication des types de billets en circulation. Depuis le début du XXe siècle,
ce sont les banques centrales qui assurent cette mission.
Notons enfin que le passage de la monnaie marchandise à la monnaie de papier est
une étape importante de la dématérialisation progressive. Les différentes marchan-
dises ont une valeur en elles-mêmes (valeur intrinsèque du sel, du sucre, du métal
précieux) alors que les billets n’ont d’autre valeur que celle du papier dont il sont fait.
L’homme s’est ainsi mis à régler ses achats avec de simples bouts de papier. Ce sys-
tème basé sur la confiance (fiducia en latin) a donné naissance à une nouvelle forme
de monnaie": la monnaie fiduciaire (pièces et billets).
!32
Monnaie et politiques économiques
La monnaie scripturale
Le développement des échanges multiplia les risques de perte, de vol ou de destruc-
tion des billets lors de leur transport. Ainsi, on recourut de plus en plus au dépôt des
billets auprès des banques qui créèrent des comptes clients, qui servirent dès lors à la
gestion du trafic des paiements. Le client donne l’ordre à sa banque d’effectuer le
paiement, c'est-à-dire de prélever le montant sur son compte et de le verser sur le
compte d’une tierce personne (le créancier). Par un simple “jeu d’écritures”, sans
transfert physique de pièces ou de billets, la banque à permis le règlement de biens
ou de services: c’est ce qu’on appelle la monnaie scripturale (scriptio, écriture en
latin).
Une monnaie est une bonne monnaie si elle a la confiance des personnes qui l’uti-
lisent ou voudraient l’utiliser/la conserver. Elle sera alors acceptée comme moyen de
paiement (avec la possibilité d’effectuer des règlements plus tard).
FONCTIONS
De l’historique ci-dessus, on peut ainsi distinguer trois fonctions de la monnaie":
Moyen de paiement
C’est la fonction d’origine de la monnaie.
Elle sert d’intermédiaire dans les
échanges de biens et de services.
Mesure de valeurs
Elle sert comme étalon de mesure de la
valeur des biens et des services.
(Comme le “mètre” pour les distances ou
le “kilo” pour la mesure des poids). La
valeur de tout les biens et services est
affichée avec la même unité.
Réserve de valeur
La personne qui possède de la monnaie
est autorisée à répartir son pouvoir
d’achat dans le temps. Cela permet de
faire face aux aléas de la vie": dépenses
non prévues, épargne, etc. Cela est va-
lable tant que l’inflation ne vient pas af-
faiblir le pouvoir d’achat des ménages.
Lorsque cela arrive alors les consomma-
teurs se réfugient vers des valeurs maté-
rielles de substitution": par exemple l’or,
le dollar, l’euro, les biens immobiliers. Ils
sont alors à l’abri des poussées infla-
tionnistes.$
Toutefois, une quatrième fonction a vu le jour au milieu du XX siècle. Le succès des
théories keynésiennes a démontré l’importance primordiale de l’Etat dans l’économie
en période de crise. La monnaie devient alors un instrument majeur de la politique
économique d’un pays (politique monétaire).
Régulation de l’économie
Une mauvaise politique monétaire peut avoir des conséquences désastreuses sur
l’économie d’une nation. La quantité de monnaie (masse monétaire) en circulation doit
!33
Monnaie et politiques économiques
être finement ajustée, au risque, en cas de pénurie, de déclencher une crise de sur-
production et un chômage important (crise des années 30) ou en cas d’excédent,
d’entraîner l’économie vers une situation de surchauffe et d’inflation élevée (Suisse
dans les années 80).
Une bonne gestion de la quantité de monnaie en circulation ne suffit cependant pas à
garantir un développement harmonieux de l’économie d’un pays. Il est sûr, au
contraire, qu’une mauvaise gestion de cette quantité entraîne de nombreux désagré-
ments.
222. POLITIQUES ÉCONOMIQUES
L’État recoure à plusieurs sortes de politique économique. Le fonctionnement de
l'économie de marché, comme nous l'avons déjà vu plusieurs fois depuis le début de
l'ouvrage, n'est pas parfait. La politique économique représente l'ensemble des me-
sures engagées par l'Etat pour corriger certains dysfonctionnements. On distingue
TROIS POLITIQUES ÉCONOMIQUES DIFFÉRENTES
La politique structurelle
Elle a deux buts principaux:
1.
garantir que les conditions-cadres de l'économie de marché sont respectées. L'E-
tat joue ici un rôle d'arbitre, qui favorise la concurrence en promulguant des lois,
par exemple antitrust, anti-cartel, etc.;
2.
assurer la croissance à long terme, en développant les structures nécessaires au
développement économique (comme la formation, les transports, l'énergie).
La politique sociale
Elle vise a diminuer les inégalités matérielles et à protéger les catégories sociales qui
ne parviennent pas à soutenir la concurrence, L'Etat tente de laisser le moins de
monde possible sur la touche. Pour la réalisation de ce but, l'Etat peut:
promulguer des lois: interdiction du travail des enfants, par exemple
redistribuer les revenus: par exemple, par un taux d'imposition proportionnellement
plus élevé pour les revenus importants
organiser des activités d'intérêt général: par exemple, l'accès à l'instruction pour
tous ou les services postaux
!34
Monnaie et politiques économiques
La politique conjoncturelle
Elle vise l'élimination des fluctuations économiques, en assurant le plein-emploi ainsi
que la stabilité des prix et des taux de change (équilibre extérieur). Il existe deux
moyens pour réaliser cet objectif:
1.
la politique monétaire, qui consiste à agir sur les liquidités et ainsi sur le taux d'in-
térêt afin de favoriser ou défavoriser les investissements
2.
la politique budgétaire: en augmentant ses dépenses en période de crise (en fi-
nançant de grands travaux, comme une autoroute), l'Etat peut participer à la re-
lance économique ; en les diminuant en période de haute conjoncture, l'Etat peut
contribuer à ce que l'économie ne s'emballe pas.
Principes multiples (“carré magique” de Kaldor)
Les trois politiques économiques présentées plus haut visent à garantir le meilleur
équilibre possible entre six dimensions, dépendantes les unes des autres.
Cet hexagone peut se résumer dans la poursuite de quatre objectifs:
Plein emploi
moins de chômage possible
/--/-/----|----\-\--\
/ / / | \ \ \
Stabilité des prix /----/------|------\----\ Croissance économique
maîtriser | \ \/ | \ / | encourager une
l’inflation | \/\------\|/-------\/ | croissance constante
| /\ /-----/|\-------/\ |
| / /\ | / \ |
Qualité de |-----\------|------/-----| Equilibre de la
l’environnement | \ \ | / / | balance commerciale
Réduction de la \ \ \ | / / / export. > import.
pollution \ \ \ | / / /
\----\-\--|--/-/----/
Equité sociale
à travers la justice et
une redistribution des richesses
Forte croissance> PIB
Stabilité des prix> Inflation
Chômage faible> Tx de chômage
Balance commerciale> en % du PIB
!35
Monnaie et politiques économiques
Peut-on atteindre les objectifs de la politique conjoncturelle ?
Assurer à la fois le plein-emploi, la stabilité des prix et celle des taux de change, est
un exercice périlleux pour les autorités publiques.
Si l'objectif de la politique conjoncturelle est le plein-emploi, l'accent sera mis sur la
relance des investissements - par exemple par une augmentation de la masse mo-
nétaire. Cependant, une augmentation de la masse monétaire signifie danger d'in-
flation et, par conséquent, perte de la stabilité des prix.
Si l'on recherche la stabilité des prix, il est nécessaire, dans les périodes d'inflation,
de restreindre la masse monétaire. Restriction de la masse monétaire signifie
hausse des taux d'intérêt, diminution des investissements et donc risque de chô-
mage.
La recherche de la stabilité du taux de change se heurte aussi aux deux objectifs
précédents: soutenir une monnaie signifie faire varier la masse monétaire, avec le
risque d'inflation ou de chômage.
223. RÔLE DE LA BANQUE
NATIONALE (BNS)
Crée en 1907, la BNS est une société anonyme indépendante de l’Etat fédéral ( 54 %
cantons et banques cantonales et 44 % d’actionnariat privé) mais dont les décisions
doivent être prises en accord avec le gouvernement suisse. C’est la banque centrale
helvétique, qui traite uniquement avec les banques commerciales. (pas de relations
d’affaire avec le public). Son siège juridique et administratif est à Berne et sa direction
générale est à Zurich. Elle compte 6 succursales et emploie environ 600 personnes.
La mission de la BNS est inscrite dans la Constitution. Sa principale fonction est la
gestion de la politique monétaire servant les intérêts généraux du pays.
UN TRIPLE OBJECTIF
Emission des billets et ajustement de la quantité de monnaie (fiduciaire)
C’est la BNS qui est seule responsable de l’émission des billets de banque. Elle a
donc le monopole de la création physique de monnaie. La création des pièces de
monnaie n’est pas de sa responsabilité"; c’est la Confédération Helvétique qui en est
responsable.
Lorsque l’économie manque de liquidités, la population n’achète plus que le strict né-
cessaire. Pour vendre, les commerçants doivent baisser leurs prix. Les salaires seront
!36
Monnaie et politiques économiques
attirés vers le bas et l’économie tourne au ralenti. Des entreprises ferment et le chô-
mage augmente.La BNS par une politique dite de relance va injecter des liquidités et
ainsi contribuer à relancer l’économie qui souffre d’un manque de croissance.
A l’inverse, si les liquidités en circulation sont supérieures à ce dont l’économie à réel-
lement besoin, les acheteurs dépensent sans compter. Les vendeurs se frottent les
mains et ne se privent pas d’augmenter leurs prix. L’inflation menace"!!!!! Dans ce cas,
la BNS par une politique restrictive (diminution de la quantité de monnaie en circula-
tion) visera à calmer l’économie qui a tendance à s’emballer.
Trouver la juste quantité de monnaie dont l’économie du pays a besoin est l’une des
mission de la BNS. Des événements intérieurs (immigration, grèves, etc.) ainsi qu’ex-
térieur (crise internationale, guerres, prix du pétrole, etc.) sont à même de compliquer
les prévisions de la banque. De plus, il s’écoule entre 6 à 9 mois entre la prise de dé-
cision de la BNS et les effets visibles dans l’économie.
Le principal outil de la BNS pour remplir cette mission est la fluctuation des taux direc-
teurs (intérêts des prêts accordés aux banques commerciales). Les banques commer-
ciales, par l’intermédiaire des prêts qu’elles accordent, créent alors de la monnaie
scripturale.
Assurer la stabilité des prix
La stabilité des prix est un facteur important de la santé économique du pays. Ceux-ci
influencent directement sur la consommation et la production des biens et des ser-
vices. Trop de monnaie en circulation va entraîner une augmentation du niveau géné-
ral des prix (situation d’inflation). A l’inverse un manque de monnaie entraînera une
diminution du niveaux général des prix et un ralentissement progressif de l’activité
économique (situation de déflation). La BNS table sur un objectif d’augmentation des
prix d’environ 2 %. Une hausse régulière et légère des prix est le signe d’une écono-
mie dynamique bénéficiant d’une croissance saine.
Garantir la stabilité extérieure du franc suisse
Les fluctuations du cours de notre monnaie peuvent également fortement perturber
l’état de l’économie du pays. Si le franc suisse est fort, cela signifie que le prix des
produits suisses à l’étranger sera élevé. Il sera par conséquent difficile de vendre nos
produits dans les marchés d’exportation. Certaines entreprises se retrouveront alors
en difficultés… Si au contraire le prix du franc suisse est bas, la situation inverse se
produit. Il est facile de vendre des produits sur les marchés internationaux. Les entre-
prises exportatrices seront d’autant stimulées à produire. Trop de fluctuations des
cours de change perturbent la stabilité économique.
!37
Monnaie et politiques économiques
LES TAUX D’INTÉRÊT
L’intérêt peut être défini comme le prix de la monnaie ou le loyer de l’argent. Il s’agit
de la rémunération accordée par l’emprunteur à l’épargnant.
Pour le prêteur, l’intérêt doit rémunérer:
Le risque pris en se séparant momentanément de son argent
La renonciation à une consommation immédiate (abstinence)
L’attente avant de pouvoir disposer à nouveau de son capital
Pour l’emprunteur, l’intérêt est avant tout un coût de production qui va venir s’ajouter
aux autres charges inhérentes à la production de biens ou de services. (Salaires, élec-
tricité, loyer,…)
!38
Économies nationales
23. ÉCONOMIES
NATIONALES
231. MESURE DE LA RICHESSE
Quelques définition:
Economie nationale
Ensemble des agents économiques
(ménages, entreprises, Etat) actifs dans
un espace économique (Etat ou associa-
tion d’Etats) et mutuellement dépendants
Flux de biens et services intérieur
Valeur monétaire de tous les biens et
services produits sur un territoire donné
pendant une année par des résidents
originaires de ce territoire et des rési-
dents d’origine étrangère.
Indice des prix à la consommation
(IPC)
Prix payé par les ménages pour 50’000
biens de consommation (le panier-type)
qu'on pondère différemment afin de ne
pas donner la même importance au prix
des produits alimentaires (pain, farine,
etc.), du logement (loyer, entretien, etc.),
des transports (voiture, abonnement,
etc.) ou des loisirs (téléviseur, jouets,
etc.); sa variation permet de rendre
compte de combien le consommateur
doit faire varier ses dépenses pour main-
tenir le même volume de consommation.
Balance commerciale
Différence, en termes monétaire, entre
les exportations et les importations.
Produit intérieur brut (PIB)
Somme des valeurs ajoutées produit par
les résidents et non-résidents sur un ter-
ritoire donné. Plusieurs méthodes per-
mettent de calculer le PIB, notamment:
l’optique de la dépense (prix finaux des
biens achetés) ou de la production
(somme de tous les biens produits). Ces
deux méthodes doivent donner le même
résultat et correspondent au cumul des
revenus, soit les profits réalisés, ainsi
que les salaires, intérêts, amortisse-
ments et impôts reçus en échange des
biens ou service produits.
Produit national brut (PNB)
On retranchera au PIB tous les revenus
de facteurs versés à l’extérieur du terri-
toire (profit d’une entreprise étrangère
par exemple) et additionner les revenus
de facteur en provenance de l’extérieur
(profit d’une entreprise suisse établie à
l’étranger).$
!39
Économies nationales
COMPOSITION DE L INDICE DU PRIX À LA
CONSOMMATION
L'indice du prix à la consommation (IPC) est destiné à une multitude d'utilisations et
doit par conséquent remplir toutes sortes de conditions. Ces utilisations vont de l'éva-
luation de la situation économique par rapport à la politique économique en général et
à la politique monétaire en particulier, à l'estimation de la compétitivité de notre pays
sur le plan international, en passant par l'indexation des salaires, des rentes et
d'autres valeurs monétaires et par la définition, en termes réels, de la croissance éco-
nomique. L’analyse de son évolution nous renseigne sur la manière dont la société
évolue:
Comparaison 1966 vs 2014 (en %)
Logement : + 2.0%
Santé : +10.3%
Transport : + 2.6%
Communication : + 2.7%#
(nul en 1966)
Loisirs et formation!
+12.2%
Alimentation : -23.7%
Habillement : - 9.2%$
Si les dépenses en pour-cent évoluent, il est intéressant de remarque, qu’outre les loi-
sirs et la formation, les dépenses en valeurs réelles évolue peu.
PIB VS PNB ET NOTION DE VALEUR NOMINALE
Comparaison
Pour un pays développé, le PIB et le PNB sont pratiquement identiques. Au contraire,
pour un pays en voie de développement, le PIB est beaucoup plus élevé car il y a
IPC (2014)
6"%
11"%
1.8"%
3.8"%
25.0"%
4.5"%
15.0"%
11.6"%
2.7"%
10.2"%
0.9"%
8.5"%
Restaurants et hôtels (8.5)
Enseignement (0.9)
Loisirs et culture (10.2)
Communication (2.7)
Transport (11.6)
Santé (15.0)
Entretien courant et ménage (4.5)
Logement et énergie (25.0)
Habillement (3.8)
Alcool et tabac (1.8)
Alimentation et boissons (10.5)
Autres biens et services (5.5)
!40
Économies nationales
beaucoup d’entreprises étrangères venues s’implanter. En Suisse, le PNB en 2013
s’élevait à 664 milliards alors que le PIB se montait à 635 milliards de francs suisse,
en valeur réelles.
Valeur nominale
La valeur nominale a deux sens, selon que l'on parle d'économie ou de finance: sur un
plan économique, la valeur nominale d'un bien est sa valeur en monnaie actuelle,
donc retraitée de l’inflation (augmentation) des prix à la consommation, notion indé-
pendante des capacités de production et donc de la hausse de valeur ajoutée. Cette
“correction” permet de comparer une valeur monétaire à travers le temps. Par
exemple, la valeur d'un salaire en 1960 et la valeur de ce même salaire aujourd’hui
(en finance, la valeur nominale correspond à la valeur d'un titre lors de son émission).
Trois vidéos illustrent les concepts présentés jusqu’ici dans ce chapitre sur l’économie
nationale:
PIB : http://youtu.be/ROpFSrUMs-A
Calcul : http://youtu.be/DF6mM4QMlMs
Valeur nominal Vs réel : http://youtu.be/sfGwoKoOem4
. . .
FRONTIÈRE . . .
\--------.-. an .
/ ae ae . \ an an .
/ ae ae . an \ an PNB .
/ ae . an \ an .
| ae . an an | an .
| . TERRITOIRE an | .
. . an an / . ae = acteurs étrangers
. \ . an an /. an = acteurs nationaux
\ PIB . an ./
-------.--
!41
Économies nationales
CALCUL DU PRODUIT INTÉRIEUR BRUT
L'approche par la production
L'approche par la production permet de déterminer la valeur ajoutée créée par les di-
vers acteurs économiques au cours d'une période, soit valeur ajoutée (p - c) + ajuste-
ments (t - s).
Valeurs en millions de francs, à prix courants
Variation en % par rapport à l'année précédente, à prix courants (taux de croissance
nominal)
*
E = Emplois" /" R. = Ressources
PIB!
=!
(VALEUR DE PRODUCTION - CONSOMMATION INTERMÉDIAIRE) + AJUSTE-
MENTS = Σ VALEURS AJOUTÉES + (Σ IMPÔTS - Σ SUBVENTIONS)
2011
2012
2013
E*
R*
E*
R*
E*
R*
Production
1'222'954
1'245'186
1'273'643
Consommation in-
termédiaire
626'809
641'577
659'490
Impôts sur les
produits (taxes)
35'106
34'961
35'307
Subventions sur
les produits
-12'927
-13'978
-14'129
Produit intérieur
brut (nominal)
618'325
624'592
635'331
(A)
(B)
(C)
2012
2013
E*
R*
E*
R*
Production
1.8
2.3
Consommation intermédiaire
2.4
2.8
Impôts sur les produits (taxes)
-0.4
1.0
Subventions sur les produits
8.1
1.1
Produit intérieur brut
1.0
1.7
(nominal)
= (B – A) / A
= (C – B) / B
!42
Économies nationales
L'approche par la dépense
L'approche par la dépense a pour objet de montrer comment les différents acteurs uti-
lisent leur revenu disponible, soit consommation finale (c + g) + investissement i + ba-
lance commerciale (x - m).
Valeurs en millions de francs, à prix courants
Variation en % par rapport à l'année précédente, à prix courants
PIB!
=!
DÉPENSES DE CONSOMMATION + Σ EXPORTATIONS - Σ IMPORTATIONS
2011
2012
2013
Dépense de consommation finale (ménage + Etat)
399'802
408'210
415'086
Formation brute de capital (investissement)
166'124
151'456
143'281
Exportations de biens et de services
406'706
418'818
458'382
Importations de biens et de services
354'306
353'893
381'417
Produit intérieur brut (nominal)
618'325
624'592
635'331
2012
2013
Dépense de consommation finale (ménage + Etat)
2.1
1.7
Formation brute de capital (investissement)
-8.8
-5.4
Exportations de biens et de services
3.0
9.4
Importations de biens et de services
-0.1
7.8
Produit intérieur brut
1.0
1.7
(nominal)
!43
Économies nationales
L'approche par les revenus
L'approche par les revenus s'intéresse à la rémunération des facteurs de production,
soit la terre, le travail et le capital.
Valeurs en millions de francs, à prix courants
PIB!
=!
SALAIRES + BÉNÉFICE D’EXPLOITATION (GROSS OPERATING PROFIT OU
EBITDA) ET REVENUS MIXTES BRUTS + AJUSTEMENTS
Critiques
Critique du PIB": le PIB ne mesure que ce qui a un coût, ce qui est marchandable. Le
PIB d’un pays augmente donc lorsque vous êtes malades (dépenses en médica-
ments) et encore plus lorsque vous avez un accident. Par contre, se balader au bord
de la mer en bonne compagnie et passer du bon temps n’a aucun impact sur le PIB.
De plus, il est difficile d’évaluer la production non marchande (l’enseignement par
exemple). On évalue la production d’un enseignant à son coût de production, c’est-à-
dire le salaire. Mais peut-on vraiment mesurer et mettre un coût sur la connaissance"?
De plus, le PIB est une moyenne de la richesse créée par un pays. Il peut donc se ca-
cher de grandes disparités entre ses résidents. Il faut toujours comparer des PIB par
habitants plutôt que le PIB global du pays.
2011
2012
2013
Rémunération des salariés
356'132
365'517
375'407
Excédent net d'exploitation
115'925
113'151
111'437
Consommation de capital fixe
127'984
129'273
131'750
Impôts sur la production et les importations
38'267
38'238
38'653
Subventions
-19'983
-21'586
-21'915
Produit intérieur brut (nominal)
618'325
624'592
635'331
Rémunération des salariés reçue du reste du
monde
2'406
2'364
2'406
(Rémunération des salariés versée au reste du
monde)
19'120
20'491
21'470
Revenus de la propriété reçus du reste du
monde
95'709
113'808
128'633
(Revenus de la propriété versés au reste du
monde)
72'753
83'351
79'906
Revenu national brut
624'567
636'922
664'994
!44
Économies nationales
INDICATEURS SOCIAUX ET DES INÉGALITÉS
Indice de Gini
Pour mesurer la disparité des revenus au sein d’une économie, on se penchera sur le
coefficient de Gini. L’indice de Gini donne donc une information sur sa répartition des
richesses nationales. Le PIB mesure la richesse globale des résidents d’un pays mais
pas le bonheur ni la qualité de vie; on aura recours à d’autres indicateurs pour plus
d’indications sur la qualité de vie sur un territoire donné.
Répartition mondiale
/./ \100%
é / . |
t / . |
i / . | E
l / i . | U
a / n . | N
g / i . | E
é / g . | V
/ . | E
/ . | R
/. . |
-----------------------\ 0%
0 # DE MÉNAGES 100%
!45
Économies nationales
Indice du développement humain (IDH)
L'indice de développement humain est calculé par le “Projet des Nations Unies pour le
Développement” (PNUD). Ils définissent l’IDH comme une mesure le niveau moyen
auquel se trouve un pays donné selon trois critères essentiels du développement hu-
main: espérance de vie, instruction et conditions de vie. L'accès à l'éducation est me-
suré par le taux d'alphabétisation des adultes et par le taux combiné de scolarisation
dans le primaire, le secondaire et le supérieur. Mais, mis à part quelques cas aber-
rants, comme les pays pétroliers, on observe que le PIB par habitant et l'IDH coïn-
cident très fortement. Ils sont fortement corrélés, dans la mesure où:
Le PIB lui-même rentre dans la composition de l'IDH
Le savoir est l'une des clés de la croissance, donc du PIB…
Il faut un certain niveau de richesse pour accorder de l'importance et des moyens à
la santé et aux conditions sanitaires
Indice du bonheur (IRB)
L’IRB, est une façon d’évaluer qualitativement et quantitativement l’état d’esprit géné-
ral des populations et de les comparer entre elles, en partant du principe que tout être
humain recherche, consciemment ou non, une situation qui s’approchera le plus pos-
sible de sa vision du bonheur. Cette dernière est variable et s’appuie sur des valeurs,
des acquis et des sentiments qui diffèrent d’un individu à un autre. Ce que l’IRB éva-
lue, c'est donc"l’impression et la perception que les gens ont de leur propre état.
L’idée d’un indice du Bonheur National Brut est née au Bhoutan"! Petite monarchie
himalayenne nichée entre la Chine et l’Inde. Son roi y a décidé, en 1972, de remplacer
le très quantitatif PNB par un indice du bonheur basé sur quatre piliers censés assurer
la pérennité de la culture, de l’environnement, du développement socio-économique et
de la bonne gouvernance. L’idée a fait son chemin, et c’est aujourd'hui dans de nom-
breux pays du monde que l’on tente de mesurer le bien-être des populations selon
sept facteurs principaux:
1.
l’économique
2.
l’environnement
3.
la santé
4.
le bien-être
5.
la qualité des institutions$
Indice Big-Mac
L’indice Big Mac est une mesure grossière de parité de pouvoir d'achat (PPA), inven-
tée par le magazine The Economist en 1986. Les mesures de PPA, réalisées par les
organismes internationaux comprennent souvent des milliers de produits et leur com-
position est dépendante de chacune des zones géographiques étudiées.
!46
Économies nationales
L’indice Big Mac présente plusieurs avantages: sa mesure est facile, la composition et
la vente d’un Big Mac nécessitent comme intrants à la fois des matières premières vé-
gétales et animales (achetées sur les marchés locaux), mais aussi des services (cui-
siniers, vendeurs), des produits chimiques et des locaux. Les coûts de production sont
calculés au plus juste par les gérants des McDonald’s.
Calcul
L'indice Bic Mac permet ainsi de calculer le nombre d'unités monétaires nécessaire
pour acheter la même “quantité de Big Mac” par rapport à une unité monétaire de
base (le dollar américain).
1.
Le prix d'un Big Mac en Suisse est de 6,50 (francs suisse).
2.
Le prix d'un Big Mac aux États-Unis est de 4,80 (dollar américain).
3.
Le calcul de l'indice se traduit alors ainsi": 6,50/4,80 = 1,354
Donc CHF 1,354 permet d'acheter la même “quantité de Big Mac” que USD 1.-
Il est possible de déterminer si le taux de change du marché est sur ou sous-évalué
par rapport au taux réel. Dans le contexte ici le taux qu'on dit réel est en fait le taux
obtenu par le calcul plus haut. Le taux de change du marché est d'environ CHF 1,02
pour USD 1.-. Comparer à l’indice, le franc suisse est surévaluée de 33,4"%!
Limites
Il existe à travers le monde des barrières commerciales élaborées par les gouverne-
ments de chaque pays afin de protéger son marché local et ceci malgré l'intervention
d'organismes telle l'Organisation mondiale du commerce. Enfin le goût des consom-
mateurs varie d'un pays à l'autre ce qui fait fluctuer le niveau de la demande du bien.
Plus d’informations sous http://www.economist.com/content/big-mac-index
!47
Économies nationales
232. CROISSANCE ÉCONOMIQUE
La croissance économique est l’accroissement durable et généralisé de la production
d’une économie. Il ne faut donc pas confondre la croissance avec l’expansion ou la
prospérité de l’économie. L’expansion est caractérisée par une hausse de la produc-
tion pendant une courte période. Il s’agit alors de la conjoncture d’un pays dont nous
parlerons plus tard.
Il existe deux principaux facteurs de croissance: l’accroissement de la population et le
progrès technique. L’accroissement de la population engendre une augmentation de la
demande. Le progrès technique permet une augmentation de la productivité (ma-
chines) et des innovations. Cela engendre une augmentation de la demande (biens
d’équipement). Une meilleure utilisation des facteurs de production permet également
d’engendrer de la croissance (grâce par exemple à la restructuration du travail*). Il est
évident que la croissance se traduit par une augmentation de la consommation dans
le pays.
Selon l’économiste américain Rostow, la croissance économique se déroule en cinq
étapes: en partant d’une société traditionnelle, il faut des conditions préalables au dé-
marrage économique, puis survient le take-off"(augmentation de l’investissement), la
marche vers la maturité est alors enclenchée et tend vers une consommation de
masse. Selon les économistes classiques, la croissance est due plutôt à un mélange
entre le capital investi et le travail. Cobb-Douglas a modélisé une fonction permettant
de déterminer la production d’une entreprise à partir de ces deux facteurs. Le pro-
blème reste à savoir comment y inclure le progrès technique, facteur clé de la crois-
sance. Pour l’économiste autrichien Schumpeter, la croissance se développe surtout
grâce aux entrepreneurs car il innove, ce qui permet de créer des richesses et donc
de la croissance. L’innovation se reflète alors par une amélioration du progrès tech-
nique (réorganisation du travail, évolution de la consommation, …).
Comme nous le verrons plus loin, le contraire de la croissance est la dépression qui se
caractérise par une diminution de la consommation, de l’investissement, de l’emploi
sur le long terme. Ces phases de récessions ont plusieurs causes et nous allons nous
y intéresser en parlant de l’actualité.
!48
Économies nationales
Evolution du PIB de la Suisse
Croissance du PIB (en %)
$
Prenons l’exemple de la Suisse. Pendant les années 80, le pays a connu une phase
de croissance généralisée. Lors des années 90, suite à la restructuration de l’écono-
mie, la Suisse entre en récession. La situation se stabilise dans les années 2000 et
s’ensuit la crise de 2008 qui touche tous les pays occidentaux.
Une vidéo illustre ces concepts:
Croissance : https://youtu.be/_GB-DLD7lRo
CALCULER L’INFLATION
Il est possible de calculer le taux de croissance du PIB pour avoir une indication de
l’évolution économique du pays.
(PIB ANNÉE 2 - PIB ANNÉE 1) / PIB ANNÉE 1
Le problème qui subsiste est que la croissance du PIB peut, dans certain cas, ne reje-
ter qu’une variation des prix. En effet, si les prix augmentent, le PIB va également
augmenter alors qu’il n’y a aucune nouvelle consommation. Il s’agit du phénomène de
l’inflation dont nous parlerons plus tard. Il faut donc être capable de calculer le PIB à
prix constant afin de déterminer l’effet quantité. Pour ce faire, il faut “déflater” le PIB en
tenant compte de l’indice des prix à la consommation (calcul de la valeur réelle).
PIB NOMINAL = PIB RÉEL X DÉFLATEUR
Exemple: évolution du PIB en Suisse (CHF’000, IPC 100 en 2010)
PIB 2013 : 635 IPC N : 99.1 —> 100.0
PIB 2014 : 642 IPC N+1 : 99.0 —> 99.9
Taux de croissance nominal = (642 - 635) / 635 = 1.1 % (progression du PIB à prix
courant)
!49
Économies nationales
PIB nominal N déflaté de l’indice N+1 = 635 x 99.9 / 100 = 634 (valeur arrondie)
Taux de croissance réel = (642 - 634) / 634 = 1.3 % (progression du PIB à prix
constants)
On constate ainsi que le taux de croissance de la Suisse légèrement en deçà de 2%
alors que les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) réalisent
des scores supérieur (ces pays sont dans le take-off décrit par Rostow). L’explication
est que les investissements réalisés dans ces pays augmentent fortement le PIB, alors
que les préoccupations conjoncturelles en Suisse impliquent une croissance très diffé-
rente.
!50
Économies nationales
233. DÉRÈGLEMENT MONÉTAIRE
La conjoncture économique représente l'état de santé de l’économie. Elle fluctue et
passe par quatre phase, différente: expansion, haute conjoncture, récession et basse
conjoncture. Le passage de la phase d'expansion à celle de basse conjoncture forme
le “cycle conjoncturel”. Le système capitaliste a permis aux pays développés d’ac-
croître considérablement leur niveau de vie durant les 150 dernières années. L’éco-
nomie de marché moderne s’impose comme le système économique offrant les
meilleures garanties de croissance, toutefois sa bonne marche est régulièrement per-
turbée par des dysfonctionnements monétaires graves qui affectent sa capacité à
croître et touche chaque individu personnellement. Le dérèglement le plus fréquent se
nomme “inflation”, le plus surprenant “stagflation” et le plus grave est la “déflation”.
INFLATION
L’inflation peut être défini comme la hausse durable du niveau général des prix.
L’augmentation doit concerner la majorité des biens et services, ainsi l’augmentation
du prix des boissons rafraîchissantes durant les festivals de l’été ne peut être considé-
rée comme phénomène inflationniste. Cela se traduit dans les faits par une diminution
du pouvoir d’achat de la monnaie, ce qui signifie qu’il faut plus d’argent pour acheter la
même quantité de biens ou de services. Où autrement dit qu’avec la même quantité
d’argent on peut se procurer une quantité inférieure de biens ou de services.
Mesure de l’inflation
En Suisse c’est l’indice des prix à la consommation (IPC) qui fournit les renseigne-
ments les plus sérieux sur les variations des prix des biens et services. Chaque mois,
il permet la mesure de l’évolution des prix des diverses marchandises et services re-
présentatifs de la consommation des ménages privés. Véritable baromètre du renché-
rissement, il est couramment utilisé pour indexer les salaires, les rentes AVS, diffé-
rents tarifs, et en partie les loyers. Il sert également comme base de référence dans
les comparaisons internationales.
Les différentes formes d’inflation
Durant les 50 dernières années, l’amélioration constante de la qualité des biens et des
services a entraîné une hausse régulière de leur prix. Tant que cette hausse est infé-
rieure à 2 %, on considère cette dernière comme normale et sans réel danger pour
l’économie. Au delà de cette limite, l’inflation est prise très au sérieux.
On parle d’inflation stagnante lorsque la hausse des prix ne dépasse pas 5 % par an
(0,6 % pour la Suisse en 2003) Entre 5 et 10 % on dit de l’inflation qu’elle est déclarée
(7,8 % en Slovaquie pour 2003) et elle devient galopante lorsqu’elle atteint des chiffres
!51
Économies nationales
à deux nombres. (12 % en Russie en 2003). Enfin quand la hausse des prix n’est plus
maîtrisée, on se trouve dans une situation catastrophique caractérisée par le terme
d’hyperinflation (170 % en Biélorussie en 2000, 7000 % au Brésil en 1994 et 20000 %
en Bolivie en 1985)
Les causes de l’inflation
Fondamentalement ce phénomène est du à une rupture de l’équilibre entre offre et
demande d’un produit ou ensemble de produits qui jusqu’alors fixait le prix du marché.
Cette rupture peut-être le résultat d’une diminution de l’offre (grève, mauvaises ré-
colte, guerre, etc.) ou d’une augmentation de la demande (hausse de revenus sans
augmentation correspondante de l’offre de biens et services, octroi démesuré de cré-
dit, masse monétaire en circulation trop importante, etc.) Dans les deux cas, la de-
mande est supérieure à l’offre, le nouveau prix sera toujours supérieur à l’ancien.
L’explication du phénomène inflationniste n’est pas aisée, car les causes sont rare-
ment imputables à un seul et unique facteur. Voici une brève explication des princi-
paux éléments qui sont susceptibles d’être mis en jeu.
L’inflation par la demande
Lorsque la demande augmente, deux possibilités apparaissent":
1.
Les producteurs peuvent augmenter l’offre de produit (offre élastique, sous-capaci-
té de production). Dans ce cas, l’augmentation de la demande n’a pas d’influence
sur le prix, seul le volume échangé augmentera.
2.
Les producteurs ne peuvent augmenter l’offre. (offre inélastique ou capacité de
production utilisée à 100 %). Les vendeurs ne se priveront pas d’augmenter leurs
prix puisqu’il se trouvera toujours assez de consommateurs pour acheter plus
cher. Le volume restera inchangé, seul les prix varieront à la hausse.
Une augmentation de la demande peut provenir de divers bouleversements":
Augmentation de la consommation des ménages due à une forte et soudaine immi-
gration.
Reprise d’habitude de consommation après une période de privation ou d’épargne.
Augmentation des investissements privés à la suite de progrès techniques.
Hausse des dépenses publiques dans le cadre d’un programme de civil ou militaire.
L’inflation par les coûts
Les coûts de production jouent un rôle primordial dans la fixation des prix des biens et
des services. Toutes augmentations de salaire, de loyer, d’impôts et du prix des ma-
!52
Économies nationales
tières premières importées, etc. – associée au désir de l’entreprise de maintenir sa
marge de profit -, peut entraîner une hausse générale des prix.
L’inflation par l’offre de monnaie
Si la masse monétaire en circulation dans un pays augmente de façon non contrôlée,
les consommateurs disposeront de plus d’argent pour leur consommation. Leur de-
mande de biens et services va donc augmenter. Comme la production ne peut pas
être adaptée dans le court terme, il y aura adaptation du niveau des prix.
L’augmentation de la masse monétaire peut avoir plusieurs origines":
Apport d’argent extérieur (afflux massif d’or durant la période “mercantiliste” en Es-
pagne qui a provoqué une hausse des prix dans le pays et ensuite en Europe)
Taux d’intérêt bas ou conditions d’octroi de crédit souples. (Suisse dans les années
88-90)
L’Etat crée de la monnaie (période de crise, guerre, etc.). Il est facile de créer de la
monnaie pour financer des dépenses courantes ou un effort de guerre.
Les conséquences de l’inflation
L’inflation se manifeste principalement par une baisse du pouvoir d’achat des acteurs
économiques (perte de valeur de la monnaie nationale). Elle favorise le débiteur qui
voit la valeur de sa dette diminuer au fil des années. Par contre, elle défavorise le
créancier à qui ont remboursera une somme d’argent dans une monnaie qui aura per-
du une partie de son pouvoir d’achat.
Sur le plan politique, on observe que toute période de grave inflation a été suivie de
grand bouleversements politiques et sociaux (effondrement du mark allemand en 1923
à rendu possible l’avènement du III Reich).
Sur le plan de l’épargne, l’inflation agit comme le soleil sur la neige. Pourquoi mettre
de l’argent de côté qui va perdre sa valeur"? les ménages sont alors tenté de dépen-
ser immédiatement leurs revenus. Pourtant nous avons vu avec Calvin que sans
épargne il n’y a pas d’investissement, que sans investissement il n’y a pas de progrès
technique, social et économique"; la croissance diminue, la crise et le chômage me-
nacent.
Sur le plan de la consommation, La hausse des prix incite les ménages à la
consommation immédiate de biens et de services sans forcément que cela réponde à
la satisfaction d’un besoin. Ainsi on évite les hausses de prix, mais cette consomma-
tion anticipée conduit à des gaspillages énormes et reste un des meilleurs moyens de
précipiter l’inflation.
!53
Économies nationales
Les mesures de lutte contre l’inflation
Notre expérience de vient nous montre qu’un pays peut supporter durablement une
bonne dose d’inflation. Mais cela est un réel danger. Une fois la spirale inflationniste
déclenchée elle continue sont propre mouvement. La hausse des prix entraîne la
hausse des salaires qui entraîne à son tour la hausse des prix….. Il est donc primor-
dial de contenir ce phénomène dans des limites acceptables pour l’ensemble des ac-
teurs économiques. Voici rapidement énoncé quelques moyens à la disposition de la
lutte contre l’inflation.
Le blocage des prix
C’est un moyen tentant qui s’il était appliqué permettrait de vaincre l’inflation. Pourtant
dans un système d’économie de marché il est impossible de contrôler l’ensemble des
prix de tous les biens et services.
L’intervention de la banque centrale
C’est à la banque centrale de réduire la masse monétaire trop importante. Une réduc-
tion de l’argent disponible à la consommation freine la frénésie d’achat et ralentit ou
bloque tout phénomène inflationniste. En rendant l’argent plus rare, on le rend égale-
ment plus cher (taux d’intérêt augmente). Une trop forte et rapide correction de l’ar-
gent en circulation peut également avoir des conséquences graves pour l’économie
d’une nation. Si les investissements deviennent trop chèrs, il y en aura de moins en
moins, bloquant petit à petit l’activité économique, la récession s’installe et la crise
menace. (risque de chômage augmente)
La politique budgétaire et fiscale
Une diminution des dépenses de l’Etat comporte les mêmes risques que ceux inhé-
rents au blocage de la monnaie. Moins d’investissements publiques créé moins de
marchés pour les entreprises, donc moins d’activités et à terme plus de chômage.
LA STAGFLATION
la théorie économique associe généralement l’inflation avec unes situation de plein
emploi ou l’offre de biens et de services n’arrivent pas à satisfaire une demande crois-
sante. La montée des prix est donc la réponse d’une économie en “surchauffe”. Au
contraire, la baisse des prix résulte d’une situation de crise caractérisée par une offre
surabondante, une faible activité économique et un taux de chômage élevé.
En théorie chômage et inflation ne cohabite normalement pas au sein d’une même
économie. Pourtant de nombreux pays on connu au cours des dernières années une
situation d’inflation combinée avec un taux de chômage important. Pour qualifier cette
situation conjoncturelle particulière, les économistes on inventé un nouveau termes":
!54
Économies nationales
STAGNATION#+#INFLATION#=#STAGFLATION
Ce phénomène fût observé la première fois aux USA durant les années de crises
1957-1958. Dans les années 70, tout les pays industrialisés ont vécu cette situation.
Les méthodes de lutte contre la stagflation sont extrêmement difficiles à mettre en
place avec succès. En effet, une politique restrictive de lutte contre l’inflation risque à
terme d’augmenter le nombre de chômeurs. Si l’on veut s’attaquer au chômage, alors
la politique de relance nécessaire ne fera qu’attiser l’inflation. En général, on privilégie
l’action contre l’inflation dans un premier temps en omettant la problématique du chô-
mage. Les effets de l’inflation sont tellement dévastateur pour une économie qu’il est
jugé préférable de la combattre en priorité.
LA DÉFLATION
Elle peut être définie comme une baisse générale durable des prix au sein d’une éco-
nomie. Elle est de loin le dérèglement économique le plus grave. Elle intervient à partir
du moment où la demande s’affaiblit durant une période prolongée. Les consomma-
teurs et les entrepreneurs adoptent alors une attitude déflationniste, ils sont convain-
cus que les prix vont continuer de baisser. Ils retardent ainsi leurs achats et leurs in-
vestissements. La demande diminue et les prix baissent effectivement, suivis par la
diminution des salaires. L’absence de consommation entraîne une diminution de la
production avec à terme une augmentation du chômage.
Elle peut être une conséquence d’un manque de liquidité en circulation ou à une perte
de confiance des acteurs économiques les conduisant à faire la “grève de la consom-
mation”. Pour soutenir l’économie de marché, l’Etat doit mener une politique interven-
tionniste (comme le préconisait M. Keynes") afin de soutenir les secteurs d’activités en
difficultés. C’est la seule possibilité de relancer une économie tournant au ralentit.
Il est évident que la banque centrale devra, de façon coordonnée, augmenter la
masse monétaire en circulation dans le pays (diminution du prix de l’argent qui per-
mettra de stimuler les emprunts et de “fouetter” la consommation).
!55
Économies nationales
234. CYCLE ÉCONOMIQUE
LES QUATRE PHASES
1. Du creux jusqu'à la reprise
Nous commencerons notre examen du cycle économique lorsque celui-ci est à son
plus bas (creux). Durant cette phase, le"PIB"et la quantité de production industrielle
baissent et le chômage augmente. Cette situation induit souvent à une augmentation
de la productivité et à une baisse des salaires (réduction des coûts), tendant ainsi à
faire baisser l’inflation. A ce stade, la pression en faveur d'une baisse des taux d'intérêt
augmente et le gouvernement va essayer d'encourager l'emprunt et les dépenses en
assouplissant sa politique monétaire.
A mesure que les taux d'intérêt baissent - l'argent devient moins cher - les emprunts et
dépenses vont commencer à augmenter. La baisse des taux d'intérêt va en parallèle
réduire la valeur de la monnaie. En effet, les investisseurs vont vendre cette devise et
placer leurs fonds dans des actifs dans des devises qui offrent un taux d'intérêt plus
élevé. La baisse de la valeur de la monnaie va rendre le pays plus compétitif sur les
marchés d'exportation. Au même moment, le chômage va créer des pressions à la
baisse sur les salaires jusqu'à ce que, à un certain point, les salaires soient suffisam-
ment bas pour encourager les entreprises à embaucher de nouveau.
La baisse des prix, cumulée au faible coût de l'emprunt, finira par engendrer une
augmentation de la demande globale. L'économie sera entrée dans sa phase de re-
prise.
2. De la reprise jusqu'à l'expansion
L'économie est maintenant sur une pente ascendante avec une hausse des emprunts
et des dépenses de la part des entreprises et des ménages, une baisse du chômage,
et donc une augmentation de la demande.
3. De l'expansion jusqu'au sommet
Alors que la croissance revient, la confiance du consommateur croît, le sentiment de
“bien-être” revient en force et des pressions inflationnistes commencent à émerger.
Dans ces circonstances, l'économie court le risque de “surchauffe” et le gouvernement
essaiera de contrer les pressions inflationnistes en cherchant à augmenter les taux
d'intérêt. Encore une fois, le marché lui même créera des pressions à la hausse sur
les taux à mesure que la demande de crédit (pour de l'argent emprunté) augmente.
!56
Économies nationales
4. Du sommet jusqu'à la contraction
Avec la montée des taux d'intérêt, à un moment donné, le sentiment de confiance dis-
paraîtra, les emprunts et les dépenses commenceront à baisser. Dans ces circons-
tances, l'épargne (de précaution) augmentera. L'augmentation des taux d'intérêt se
traduira aussi par une augmentation de la valeur de la monnaie et une baisse de la
compétitivité sur les marchés d'exportation. Au même moment, l'inflation - tout en
créant une incertitude financière pour les entreprises - alimentera des demandes en
matière de salaire dans l'attente d'une augmentation des prix, ce qui contribuera à
nourrir l'inflation et, cumulé à l'augmentation du coût de la dette des entreprises et la
baisse dans la compétitivité des exportations, pourra amener au chômage.
L'économie est maintenant sur une pente descendante avec une baisse des dépenses
et des emprunts faits par"les entreprises et les particuliers, une augmentation du chô-
mage, et donc une baisse de la demande. Et le cycle reprend…
| Croissance réelle | .
| . - . <- haute conjoncture/crise | .
| . | . | | .
| . | . | croissance/inflation ->.
| . | . | | .
| . | . | | .
|. | .| recession | reprise |.
|--------------|-------------.-----------|---------.-------> t
| expansion surchauffe |. | .|
| (2) (3) . (4) | (1) . |
| | . | . |
| . _ . |
| Taux d’intérêt . - .
| . long .
| | . _ . _ . |
| | . . court . . |
| | . . | . .|
|--------------.-------------|-----------.-----------------> t
| . | | | .
!57
Économies nationales
235. TENDANCES
CONJONCTURELLES
ACTUELLES
source: secrétariat d’Etat à l’économie
SURVOL (AUTOMNE 2015)
Suite à l’importante appréciation du franc suisse, à la mi-janvier, la croissance écono-
mique de la Suisse est restée pratiquement figée durant le premier semestre de 2015.
L’absence de véritables tendances récessives apporte néanmoins une note positive.
Pour autant que l’économie mondiale puisse continuer sur sa lancée, celle d’une
croissance modérée, le Groupe d’experts de la Confédération table sur une légère ac-
célération de la croissance en 2016. L’économie suisse connaîtrait alors, deux années
durant, une croissance bien au-dessous de son potentiel.
Economie mondiale
L’économie mondiale a maintenu sa dynamique de croissance modérée au cours du
premier semestre. On observe cependant de plus en plus d’écarts entre pays indus-
trialisés et pays émergents. Grâce à la politique monétaire expansive et à la faiblesse
de l’euro, la zone euro a réussi à poursuivre sa reprise modérée. Aux Etats-Unis, la
croissance du PIB a accéléré après avoir connu un début d’année plutôt mitigé. En re-
vanche, la dynamique s’est affaiblie dans certains grands pays émergents. En Chine,
un ralentissement structurel de la croissance vient renforcer les craintes d’une réces-
sion économique. La faiblesse des prix des matières premières et les incertitudes poli-
tiques pèsent lourdement sur des pays tels que le Brésil et la Russie. L’Inde maintient,
quant à elle, son rythme de croissance dynamique.
Cadre monétaire
Début septembre, le franc a atteint son niveau le plus faible par rapport à l’euro depuis
l’abandon du cours plancher. Au cours des derniers mois, les marchés financiers ont
fait preuve d’une forte volatilité, notamment en raison de la hausse attendue des taux
d’intérêt aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
L’ÉCONOMIE PAYS PAR PAYS
Suisse
La forte appréciation du franc, à la mi-janvier, a eu un impact considérable sur la
conjoncture en Suisse. Durant le premier semestre 2015, la croissance a été pratique-
!58
Économies nationales
ment nulle. Des impulsions positives sont venues de la demande intérieure, tandis que
les exportations reculaient. L’impact du franc fort a été particulièrement fort sur l’évolu-
tion des prix. A l’instar des prix des exportations et des importations, les prix à la
consommation et à la production intérieure ont fortement baissé au cours de l’année.
Le Groupe d’experts de la Confédération prévoit une croissance du PIB de 0,9% (pré-
visions de juin 2015: 0,8%) pour 2015 et de 1,5% (prévisions de juin 2015: 1,6%) pour
2016. Par conséquent, l’économie suisse ne devrait pas reculer, mais connaître pen-
dant deux ans une dynamique de croissance au-dessous de son potentiel. La condi-
tion essentielle à une amélioration de la situation économique est que la conjoncture
internationale poursuive sa relance, en particulier la zone euro.
Sur le marché du travail, l’emploi a continué de progresser au 2e trimestre, mais uni-
quement dans le secteur des services. Les prévisions de croissance de l’emploi an-
noncent une hausse de 0,9% en 2015 et de 0,8% en 2016. Le taux de chômage, cor-
rigé des variations saisonnières, a de nouveau légèrement augmenté depuis février
2015. Le Groupe d’experts prévoit pour 2015 un taux de chômage inchangé, de 3,3%
en moyenne annuelle, et pour 2016 de 3,6% (après correction de ses prévisions de
juin qui annonçaient 3,5%) en raison de la lenteur de la reprise économique attendue.
Depuis la mi-janvier, l’appréciation du franc suisse a influé fortement sur plusieurs prix
(prix à la production, à l’importation, à l’exportation et à la consommation). La ten-
dance à la baisse des prix à la consommation s’est poursuivie jusqu’en août. La prévi-
sion de l’évolution des prix à la consommation annonce -1,1% en 2015 et 0,1% en
2016 (pronostics respectifs de juin: -1,0% et 0,3%).
Etats-Unis
Après un premier trimestre médiocre au cours duquel son PIB n’a progressé que de
0,2%, encore que les premières estimations tablaient sur un léger recul, l’économie
des Etats-Unis a enregistré une croissance de 0,9% au 2e trimestre. De ce fait, beau-
coup d’économistes ont vu leurs attentes surpassées. Cette accélération est en outre
largement étayée. Si la consommation privée a livré une importante contribution à la
croissance (+0,5%), les investissements bruts des secteurs privé (+0,2%) et public
(+0,1%) l’ont, eux aussi, stimulée. Après avoir subi, au 1er trimestre, un recul notam-
ment dû à la longue grève qui a touché les principaux ports de la côte ouest, les ex-
portations ont toutefois enregistré une légère augmentation au 2e trimestre, en dépit
du cours relativement élevé du dollar. Simultanément, les importations ont diminué,
quoique dans une moindre mesure qu’au trimestre précédent. Ainsi, le commerce ex-
térieur a finalement contribué, lui aussi, à la croissance du PIB. En ce qui concerne le
second semestre, les perspectives restent favorables. Tandis que l’effet négatif de la
baisse des investissements dans le domaine des installations pétrolières devrait se
dissiper, on s’attend à une nouvelle progression des dépenses de consommation des
!59
Économies nationales
ménages privés et à une reprise des investissements dans la construction. En outre,
l’indice des directeurs d’achat de l’industrie américaine évolue au-dessus du seuil de
croissance de 50 points; il annonce donc une expansion, quoique d’un niveau légère-
ment inférieur à celui des deux mois précédents.
L’amélioration de la conjoncture se fait sentir également sur le marché du travail. De-
puis le début de l’année, plus de 200'000 emplois supplémentaires ont été créés
chaque mois. En août, ce sont environ 170'000 nouveaux emplois qui ont été pourvus,
soit un peu moins qu’attendu. En même temps, le taux de chômage a atteint 5,1%, ce
qui représente non seulement le taux le plus bas depuis la crise financière, mais éga-
lement un niveau souvent considéré, pour les Etats-Unis, comme naturel (c.-à-d. indé-
pendant de la conjoncture). Les données actuelles concernant le marché du travail
pourraient ainsi plaider en faveur d’un revirement dans la politique des taux de la Fed,
une mesure que certains observateurs attendaient pour mi-septembre. L’estimation du
taux de chômage naturel s’accompagne toutefois d’importantes incertitudes et celui-ci
pourrait bien s’être réduit au fil du temps, ce que laisse supposer, notamment, la part
du facteur travail à la valeur ajoutée.1 En moyenne, environ 70% de la valeur ajoutée
produite aux Etats-Unis de 1949 à 2001 a servi au versement de salaires. Ce taux, qui
a rapidement diminué au cours des années suivantes, ne se situe plus, depuis 2010,
qu’à environ 63%. Un tel recul pourrait s’expliquer par un affaiblissement de la position
des travailleurs dans les négociations, ce dont témoigne égale- ment la timidité ac-
tuelle de l’évolution des salaires. On pourrait donc s’attendre à ce que le taux de chô-
mage naturel ait aussi diminué. Il serait dès lors prématuré, du moins du point de vue
du marché du travail, de relever les taux d’intérêt en septembre déjà.
Zone euro
Dans la zone euro, l’amélioration lente, mais constante, des derniers trimestres se
poursuit comme attendu. Au 2e trimestre 2015, le PIB réel, en valeur désaisonnalisée,
a gagné 0,4% par rapport au trimestre précédent. En évolution annuelle, le PIB a pro-
gressé de 1,5%. Au 2e trimestre, par comparaison avec le trimestre précédent, des
contributions positives ont été livrées par la consommation privée (+0,2%), la con-
sommation publique (+0,1%), et le commerce extérieur (+0,3%). En revanche, la for-
mation brute de capital a livré une contribution légèrement négative (-0,1%). Si les bas
prix du pétrole, la faiblesse de l’euro et la politique monétaire expansive de l’UE conti-
nuent de la favoriser, la croissance dans la zone euro est toutefois ralentie du fait des
incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la conjoncture en Chine et des problèmes struc-
turels, parfois graves, dans lesquels sont empêtrés certains pays européens, dont la
Grèce. Pour ce qui est de la crise que connaît ce pays, l’actuelle accalmie, momenta-
née, ne saurait faire oublier que la Grèce demeure surendettée et grevée par son
manque de compétitivité.
La constante amélioration que connaît la zone euro se reflète aussi dans l’optimisme
des entreprises: en août, l’indice des directeurs d’achats de l’industrie est resté quasi-
!60
Économies nationales
ment inchangé en comparaison à juillet, où il pointait légèrement au-dessus du seuil
de croissance de 50 points. Une légère accélération de la croissance s’annonce pour
les prochains trimestres dans la zone euro.
Situation en Grèce
Le 13 juillet, la Grèce et ses créanciers européens sont parvenus à un accord. Dans
ce contexte, outre des crédits de transition à court terme, Athènes s’est vu octroyer
une nouvelle série de prêts. De facto, cet accord a permis d’éviter un effondrement du
système financier grec et d’assurer provisoirement le maintien du pays au sein de
l’union monétaire. Cependant, la problématique de la dette grecque n’est aucunement
résolue. Passant de 103% à 177% du PIB entre 2007 et 2014, l’endettement de l’Etat
grec a considérablement augmenté durant cette période (graphique 4). Durant les
dernières négociations concernant le nouvel ensemble de prêts, la question de la sou-
tenabilité de la dette grecque a acquis un caractère d’urgence sans précédent. En mai
de cette année, le FMI conjecturait encore que le ratio de la dette grecque pourrait re-
trouver dès 2022 le niveau qui était le sien en 2008, pour autant que les réformes né-
cessaires soient mises en œuvre rapidement. L’estimation actualisée présentée en
juin était déjà moins optimiste, mais prévoyait néanmoins une certaine normalisation.
A la mi-juillet, les pronostics concernant la dette grecque ont à nouveau été révisés en
profondeur. Selon ces calculs, il faut s’attendre à une nouvelle hausse du ratio de la
dette, susceptible de grimper à 200% du PIB en 2017 et jusqu’à 220% en 2022.2
Compte tenu de ces résultats, de nombreux économistes prévoient que la restructura-
tion de la dette grecque est inévitable à moyen terme. Du côté des partenaires euro-
péens, une remise de la dette nominale a été provisoirement exclue. De nouveaux al-
légements concernant les délais de remboursement ou les taux d’intérêt pourraient
probablement encore être envisagés.
BRIC
Chine
Durant l’été, la Chine a fait les grands titres des médias, principalement en raison des
fortes corrections intervenues au niveau boursier. S’il en est résulté, surtout pour les
petits investisseurs chinois, de douloureuses pertes de revenus, ces mouvements
boursiers ne sont pas le signe précurseur d’un crash de l’économie réelle. A l’heure
actuelle, quelques indicateurs, comme le Sales Managers Index, signalent un ralentis-
sement de la dynamique économique. Cependant, le ralentissement conjoncturel en
Chine s’explique en majeure partie par une mutation structurelle qui pourrait aboutir à
une croissance certes plus faible, mais aussi plus durable et comportant moins de
risques.
En trois décennies, la Chine a réussi, par un remarquable processus de rattrapage, à
atteindre une croissance économique annuelle de l’ordre de 10% en moyenne, soute-
!61
Économies nationales
nue par d’importants investissements et une forte activité d’exportation, mais profitant
également d’une monnaie relativement faible. L’importance du pays pour le dévelop-
pement économique global s’est ainsi énormément accrue: alors que la part de la
Chine au PIB mondial était encore inférieure à 3% en 1980, elle en représente au-
jourd’hui plus de 13%. Dans l’intervalle, les échanges commerciaux de la Chine avec
le reste du monde se sont intensifiés. Mais depuis quelques années, la dynamique
économique du pays est un peu essoufflée et les taux de croissance de la Chine, de-
puis 2011, ont toujours été inférieurs à 10%. En 2014, le PIB s’est accru de 7,4%, taux
de croissance le plus bas depuis 20 ans, et l’on s’attend, pour 2015, à un taux de
l’ordre de 6,5% environ.
La contribution à la croissance, qui tient compte à la fois du taux de croissance et de
la part du pays à la croissance globale, a elle aussi rapidement augmenté au cours
des dernières décennies et devrait encore s’accroître à l’avenir.
Autres pays émergents
Du côté des autres grands pays émergents, le tableau est contrasté. En Russie, la si-
tuation reste très critique. Les bas prix du pétrole et du gaz et les sanctions liées à la
crise ukrainienne ont plongé le pays dans une récession que certaines faiblesses
structurelles préexistantes contribuent à aggraver. Pour l’année en cours, le FMI pré-
voit un recul de 3,4% du PIB russe. La demande intérieure subit les effets de la dimi-
nution des salaires réels, de l’augmentation des coûts du capital et de la baisse de
confiance. L’année prochaine, la croissance économique pourrait lentement re-
prendre. Quelques facteurs sont toutefois peu propices à une forte reprise, notamment
le recul démographique et la nécessité de vastes réformes. Au Brésil également, outre
la baisse des prix des matières premières, des faiblesses structurelles préexistantes
sont dénoncées comme causes de la récession. Alors qu’il avait déjà baissé de 0,7%
au 1er trimestre, le PIB du Brésil a encore chuté de 1,9% au trimestre suivant. En
2014 déjà, l’économie brésilienne n’avait pratiquement plus progressé. En Inde, par
contre, le PIB a enregistré au 2e trimestre une croissance de 7,0% en rythme annuel.
Malgré ce taux de croissance remarquable, le développement reste donc inférieur à
celui enregistré au trimestre précédent et en-deçà des attentes.
RISQUES OBSERVÉS
Les risques liés à l’économie mondiale ont quelque peu augmenté ces derniers mois
en raison du fort ralentissement observé dans les pays émergents. L’économie suisse
serait affectée si la crise dans laquelle se trouvent les grands pays émergents s’ag-
gravait ou si les pays industrialisés étaient à nouveau gagnés par un mouvement
baissier. La crise grecque, bien que provisoirement endiguée, comporte toujours le
risque de susciter de nouvelles incertitudes quant à la stabilité de l’union monétaire.
!62
Économies nationales
Au cours des dernières années, outre la politique monétaire, plusieurs décisions, no-
tamment en matière d’investissement et d’implantation, ont accentué le climat d’incer-
titude qui régnait déjà sur l’économie. Dans ce contexte, on mentionnera également
deux points qui restent à élucider: la future réglementation en matière d’immigration et
l’avenir des accords bilatéraux avec l’UE.
En revanche, il y a des chances pour que la conjoncture évolue plus positivement que
prévu. Compte tenu de l’évolution observée au cours du premier semestre 2015 et
bien que certains secteurs aient été mis fortement sous pression, l’économie dans son
ensemble fait preuve d’une certaine résilience. A l’heure actuelle, la situation du cours
de change s’est encore légèrement détendue et plusieurs indicateurs conjoncturels
importants se sont stabilisés.
Prix des matières première
Après une légère reprise au 1er semestre, le prix du pétrole a continué de chuter ces
semaines passées, si bien que le Brent de la mer du Nord, par exemple, s’est retrouvé
momentanément coté à moins de 50 dollars US le baril (graphique 7). L’érosion
constante des prix est attribuée en majeure partie à des facteurs liés à l’offre. Ainsi,
malgré le faible niveau des prix, les pays membres de l’OPEP n’ont pas pris de déci-
sion ferme quant à réduire la quantité d’extraction. Les analystes y décèlent une stra-
tégie délibérée: tandis que, par le passé, le prix était tiré vers le haut, quitte à réduire
la production, ce qui prime actuellement est de maintenir ses parts de marché et
d’éliminer ses concurrents. Toutefois, dans les pays de l’OPEP eux-mêmes, la fai-
blesse actuelle du prix du pétrole ne passera pas sans laisser de traces. Selon les
médias, le délégué du Venezuela, dont l’économie est particulièrement concernée, a
suggéré au début de septembre la tenue d’une conférence extraordinaire de l’OPEP.
Sa proposition a essuyé un refus de l’Arabie saoudite, qui dispose de champs pétro-
liers assez facile- ment accessibles, profite donc de coûts d’extraction particulièrement
bas et, ces derniers mois, a augmenté sa production et construit de nouvelles tours de
forage. Néanmoins, le bas prix du pétrole fait aussi sentir ses effets sur les finances
publiques du royaume qui prévoit pour 2015 un déficit budgétaire, le premier depuis
de nombreuses années.
Mais d’autres pays exportateurs de pétrole contribuent eux aussi à l’excédent actuel
de l’offre. La Russie, par exemple, a poursuivi sa production de pétrole en dépit des
faibles prix de vente et sans se laisser impressionner par les sanctions occidentales.
Aux Etats-Unis, bien que la production journalière soit actuellement ralentie, son ni-
veau demeure également élevé. De plus, l’arrangement passé avec l’Iran, membre de
l’OPEP, sur la question nucléaire ouvre des perspectives de reprise, par l’Iran, de ses
exportations de pétrole, annonçant un nouvel accroissement de l’offre pétrolière au ni-
veau mondial. A cela s’ajoute, du côté des acheteurs, un affaiblissement général de la
demande de produits pétroliers en corrélation avec le ralentissement de la croissance
en Chine. Au final, d’après les prévisions actuelles, le prix du pétrole devrait se main-
!63
Économies nationales
tenir à un bas niveau dans un proche avenir, malgré la hausse sensible survenue au
début de septembre, que l’on interprète comme une conséquence directe des mou-
vements sur les marchés financiers. La plupart des prix des métaux et des produits
agricoles ont connu ces derniers mois une évolution similaire, quoique moins pronon-
cée; sur les marchés de ces matières premières, on constate, là aussi, qu’une offre
généralement importante bute sur une demande plutôt frileuse.
Politique monétaire
L’environnement monétaire se caractérise depuis quelques mois par une grande vola-
tilité sur les marchés financiers mondiaux. Les raisons de cette volatilité sont notam-
ment la crise de la dette grecque, la forte correction boursière en Chine, la morosité
des perspectives de croissance de certains des plus importants pays émergents et le
revirement attendu des taux d’intérêt aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Tandis
que la Banque centrale européenne (BCE) envisage de poursuivre son programme
d’achats d’obligations (quantitative easing, QE), la Banque nationale suisse (BNS)
s’en tient à sa politique de taux négatifs. Les monnaies de la plupart des pays émer-
gents se sont dépréciées depuis le début de l’année, le dollar a encore pris de la va-
leur et, au début de septembre, le franc a atteint son niveau le plus bas par rapport à
l’euro depuis l’abandon du cours minimal.
Les taux directeurs de la politique monétaire, à l’échelle internationale, sont extrême-
ment bas depuis plusieurs années ; jamais des niveaux aussi bas n’avaient été at-
teints auparavant (graphique 9). Par conséquent, si les banques centrales visent une
politique monétaire encore plus expansive, elles sont obligées de recourir à des me-
sures non conventionnelles. La conjoncture mondiale restant difficile et compte tenu
des taux d’inflation très bas dans les grandes zones monétaires, il pourrait s’écouler
encore plusieurs années avant que la situation ne se normalise et que les taux direc-
teurs retrouvent des niveaux historiques.
Abandonnant en janvier le taux plancher face à l’euro, la BNS a introduit des taux d’in-
térêt négatifs qui rétablissent l’habituel différentiel de taux par rapport aux autres
zones monétaires et devraient diminuer l’attrait du franc comme monnaie refuge. Vu la
situation conjoncturelle difficile que la Suisse connaît depuis lors et compte tenu de la
politique monétaire de la BCE, qui reste très expansive, la BNS devrait encore s’en
tenir pour quelque temps à sa politique de taux négatifs.
Au début de septembre, la BCE a annoncé qu’elle poursuivrait comme prévu, jusqu’à
son terme fixé à septembre 2016, son programme d’achat d’obligations lancé en mars.
Les prévisions en matière d’inflation et de croissance concernant la zone euro ayant
été revues à la baisse en raison des bas prix du pétrole et d’une faible demande
étrangère, la BCE pourrait même, le cas échéant, décider d’une prolongation du pro-
gramme QE en cours.
!64
Économies nationales
Marché de l’emploi
L’emploi a de nouveau enregistré au 2e trimestre 2015 une nette progression, presque
aussi forte que durant les deux trimestres précédents. Selon la statistique de l’emploi
(STATEM), le volume de l’emploi a augmenté d’environ 9'200 postes (+0,3%) par rap-
port au trimestre précédent, sur une base corrigée des variations saisonnières et aléa-
toires. Par rapport au total de l’emploi, le choc du franc survenu à la mi-janvier n’a
donc pas laissé de traces importantes sur le marché du travail.
La progression de l’emploi n’a cependant pas été égale dans le secteur secondaire
(industrie manufacturière) et dans le tertiaire (secteur des services). Dans les années
qui ont suivi la crise financière déjà, la croissance de l’emploi a été portée presque ex-
clusivement par le secteur des services. Ainsi, alors que l’emploi a progressé de 14%
entre le 1er trimestre 2006 et le 2e trimestre 2015, 12% proviennent du secteur ter-
tiaire. La tendance divergente entre les deux secteurs est encore plus affirmée à
l’heure actuelle. Au 1er semestre 2015, l’emploi total en Suisse s’est élevé à 3,6 mil-
lions d’équivalents plein-temps, environ 34'000 de plus en comparaison annuelle.
Tandis que le secteur secondaire comptait quelque 400 personnes occupées de
moins, en équivalents plein-temps, par rapport à l’année précédente, le secteur ter-
tiaire en comptabilisait 34'400 de plus.
Prix
Après avoir observé en Suisse, en 2014, des taux de renchérissement presque
constamment minimes voire nuls, on assiste, depuis début 2015, à une baisse consi-
dérable de l’indice national des prix à la consommation. En com- paraison annuelle, le
renchérissement s’élevait encore à -0,5% en janvier ; mais il a chuté à -1,1% en avril
et à -1,4% en août. Le taux de renchérissement mensuel de l’IPC a donc été a son ni-
veau le plus bas depuis le début des années 80. Cette tendance à la baisse se reflète
également dans l’inflation sous-jacente, qui se mesure sur la base de l’IPC total dé-
duction faite de l’énergie et des produits frais et saisonniers. L’inflation sous-jacente,
passée sous la barre du zéro depuis mars de cette année, s’est établie, en comparai-
son annuelle, à -0,7% en août.
!65
L'offre et la demande
3. MICROÉCONOMIE
31. L'offre et la demande$
311. AJUSTEMENT DES PRIX
DEUX COURANTS
Nouvelle économie classique
“Les cycles s'expliquent par des chocs
monétaires ou imprévisibles”
Modèles macro issus des agents de la
microéconomie
Les agents maximisent leur utilité et
anticipe de manière rationnelle (pro-
babiliste)
L'équilibre est librement atteint par un
mécanisme d'ajustement des prix et
des salaires.$
Keynésienne (de John Keynes)
“Les récessions sont provoquées par les
défaillances du marché”
Les marchés s'équilibrent lentement à
la loi de l'offre et demande
Les salaires et prix ne sont pas
flexibles mais visqueux (liés à des im-
perfections d’information)
L'État intervient pour trouver les
moyens d'améliorer le fonctionnement
de l'économie$
FORMATION DES PRIX
Le marché est le lieu (réel ou virtuel) de rencontre entre l’offre et la demande d’un
bien ou d’un service
Le prix est le montant que l’on doit débourser lorsqu’on achète un bien ou un ser-
vice
Hypothèse
Dans une économie de marché,#
offre et demande dépendent du prix.
!66
prix (CHF)
quantité (pièces)
offre
demande
prix d‘équilibre
L'offre et la demande
312. L’OFFRE ET LA DEMANDE
INTENTIONS D’ACHAT
Hormis la variation des quantités, la demande peut varier lorsqu’il y a variation d’un
facteur autre que le prix de ce bien ou de ce service.
variation de la quantité demandée variation de la demande
Explications
La quantité d’un bien, d’une ressource que les acheteurs veulent et peuvent se procu-
rer est fixée pour un prix donné et un certain nombre de facteur externes (exogènes).
si le prix d’un bien augmente, la quantité demandée de ce bien diminue
si le prix d’un bien diminue, la quantité demandée de ce bien augmente
$
prix
quantité
10
9
8
1.0
0.5
1.5
!67
prix
quantité
Toute chose
étant égale par
ailleurs quan-
tité demandée
augmente
D
D2
D1
La demande
diminue
La demande
augmente
(10; 1)
Les facteurs autres que le prix, qui in-
fluencent et qui peuvent faire varier la
demande sont:
Prix des biens de substitution;
Démographie (nombre d’acheteurs);
Revenu des ménages;
L’anticipation d’événements futurs;
Modes, goûts et préférences.
L'offre et la demande
Variation de demande
Qte demandée en diminution
Toutes choses égales par ailleurs, si le prix augmente, la quantité demandée diminue;
il y a déplacement le long de la courbe de la demande.
Demande en diminution, si
le prix d’un substitut diminue
le prix d’un complément augmente
les entreprises s’attendent à une
baisse de revenu
le nombre d’acheteurs diminue$
La courbe de la demande se décale vers la gauche.
Qte demandée en augmentation
Toutes choses égales par ailleurs, si le prix diminue, la quantité demandée augmente;
il y a déplacement le long de la courbe de la demande.
Demande en augmentation, si
le prix d’un substitut augmente
le prix d’un complément diminue
les entreprises s’attendent à une
hausse des revenus / prix
le nombre d’acheteurs augmente$
La courbe de la demande se décale vers la droite.
1
2
3
4
!68
1
3
2
4
L'offre et la demande
INTENTIONS DE VENTE
Facteurs influençant l’offre, autres que le prix:
L’offre augmente
Prix des biens complémentaires et/ou de substitution;
Concurrence (nombre de producteurs);
Revenus possibles (productivité, prix des facteurs de production);
L’anticipation d’événements futurs.
!69
quantité
prix
O
La quantité
offerte
augmente
L’offre di-
minue
L’offre
augmente
O1
O2
L'offre et la demande
Variation de l’offre
Qte offerte en diminution
Toutes choses égales par ailleurs, si le prix diminue, la quantité offerte diminue; il y a
déplacement le long de la courbe de l’offre.
Offre en diminution, si
le prix d’un substitut augmente
le prix des facteurs de prod. montent
le prix d’un complément baisse
les entreprises s’attendent à une
hausse des prix
le nombre de producteurs diminue$
La courbe de la demande se décale vers la gauche.
Qte offerte en augmentation
Toutes choses égales par ailleurs, si le prix augmente, la quantité offerte; il y a dépla-
cement le long de la courbe de l’offre.
Offre en augmentation, si
le prix d’un substitut baisse
le prix d’un complément augmente
le prix des facteurs de production
baissent
les entreprises s’attendent à une
baisse des prix
le nombre de producteur augmente
la productivité augmente$
La courbe de l’offre se décale vers la droite.
1
2
3
4
!70
1
3
2
4
L'offre et la demande
313. FONCTIONNEMENT DES
MARCHÉS
DU POINT DE VU DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE
La courbe de l’offre et la demande, étant respectivement croissante et décroissante en
fonction du prix, elles ont un point d’intersection où les quantités demandées et of-
fertes sont égales pour un prix donné. Sur le marché d’un produit donné, le prix
d’équilibre est celui qui permet l’égalité entre les quantités offertes et demandées.
Si les producteurs acceptent le prix d’équilibre, ils peuvent vendre la totalité de leur
production, il n’y a ni surproduction ni sous-production. De même, la demande de tous
les acheteurs, qui sont prêts à payer ce prix, est satisfaite, il n’y a ni sous, ni sur-
consommation, le marché est équilibré.
Excès de l’offre ou de la demande
Si le prix s’écarte de son niveau d’équilibre, des situations, temporaire, plus ou moins
longue de surplus ou de pénurie apparaissent; elles tendent cependant à revenir à un
nouvel l’équilibre sous l’effet des réactions de l’offre ou de la demande, selon les
causes du déséquilibre.
Exemple d’un surplus (excès d’offre)!
!71
demande de#
travail (employeur)
offre de#
travail (salarié)
salaire min.
salaire de
marché
Qte de travailleurs ne
trouvant pas de travail#
à cause du salaire min.
prix max.
prix de
marché
Q1
Q2
O2
O1
L'offre et la demande
Retours à l’Equilibre
Surplus Pénurie
Augmentation de la demande Diminution de la demande
Augmentation de l’offre Diminution de l’offre
!72
1
Qte offerte
2
Qte demandée
3
4
Les prix baissent
1
Qte demandée
2
Qte offerte
3
4
Les prix montent
1
Qte d’équilibre augmente
2
3
4
Les prix montent
Qte offerte augmente
1
Qte d’équilibre augmente
2
3
4
Les prix montent
Qte offerte augmente
1
Qte d’équilibre se réduit
2
4
Les prix aug-
mentent
Qte demandée#
diminue
3
1
Qte d’équilibre augmente
2
4
Les prix baissent
Qte demandée#
augmente
3
L'offre et la demande
Elasticité des prix
L’élasticité des prix indique dans quelle mesure une variation se répercute sur l’offre
ou la demande (visuellement, la pente des courbes).
Exemple avec la demande
Nous l’avons vu, la demande varie en fonction du prix d’achat: plus le prix s’élève, plus
la demande diminue, elle est dite élastique par rapport au prix.
Cette élasticité est donc égale au taux de variation de la demande / taux de variation
du prix. Plus l’élasticité est proche de zéro, moins la demande variera par rapport au
prix (elle est rigide ou inélastique); plus elle s’en éloigne, plus la demande est “élas-
tique” et variera du fait d’une variation de prix.
élastique rigide
Exemple de l’offre
L’offre représente la quantité d’un bien qu’un agent donné désire vendre sur le marché
à un prix donné. Conformément au cycle économique, sur les différents marchés, les
offreurs sont les ménages et les entreprises:
les ménages offrent du travail (W) et de l’épargne (S)
les entreprises offrent essentiellement des biens et services marchands.
L’offre est également fonction du prix de vente - “ce qui est rare est cher”: plus le prix
d’un produit est élevé, plus il est intéressant pour un producteur d’en vendre, son bé-
néfice (pour un coût de production donné) croissant avec le prix. L’offre est donc habi-
tuellement élastique par rapport au prix; elle se mesure par le taux de variation de
l’offre / taux de variation du prix.$
!73
Q1
Q2
P1
P2
Q1
Q2
P2
P1
L'offre et la demande
DU POINT DE VUE DE LA STRATÉGIE D’ENTREPRISE ET
DE LA CONCURRENCE
Concurrence pure et parfaite
La théorie de la concurrence pure et parfaite a été développée à la fin du XIXe siècle
par les économistes néoclassiques tel que le français Léon WALRAS (1834-1910); se-
lon ce courant d’idée “rien ne doit pouvoir entraver sa liberté d’initiative”.
Un marché doit donc pouvoir être remis en question, c’est-à-dire que tout agent doit
pouvoir contester à un autre agent sa position. L’État ou des organismes comme l’or-
ganisation mondiale du commerce doivent ici jouer leur rôle dans la mesure où ils
visent, selon le courant néoclassiques, à faire respecter un certain niveau de règles
équitable sur les marchés.
Les critères de la concurrence pure et parfaite, dite CPP
L’atomicité du marché : un grand nombre de producteurs, un grand nombre
d’acheteurs de telle manière que personne ne puisse in-
fluencer les termes du marché.
L’homogénéité du produit : tous les produits de la même catégorie sont indifféren-
ciés, ils sont rigoureusement identiques.
La libre entrée (et sortie) : le marché est ouvert à la concurrence de toute entre-
prise qui souhaiterait s’y implanter.
La transparence : un marché est transparent lorsque toutes ses caractéris-
tiques sont connues des agents économiques: qualité
(composition décrite), provenance (made in …), prix des
produits (étiquette).
La mobilité des facteurs :les facteurs de production, capital, travail, doivent pou-
voir se déplacer librement sans obstacle d’une activité à
une autre, ce qui permet la souplesse d’adaptation du
secteur productif aux changements de la conjoncture.
Lorsque ces cinq critères sont réunis simultanément, on se trouve en présence du
marché de concurrence pure et parfaite. Dans une telle situation, certes théorique,
c’est le marché lui-même qui fixe le prix en fonction de l’offre et la demande pour un
produit.
Concurrence imparfaite: entre monopole et oligopsone
Dans la réalité des marchés, la concurrence parfaite fait figure d’exception, la concur-
rence imparfaite étant la règle. En effet, le processus de concurrence est fondamenta-
!74
L'offre et la demande
lement instable car les entreprises cherchent à se protéger des concurrents et à domi-
ner le marché.
Dans la plupart des branches industrielles, on observe souvent qu’un nombre restreint
de sociétés se partage le marché, d’ou un processus de concentration de l’offre.
Processus de concentration
La concentration économique et financière des entreprises est le processus qui per-
met à un nombre de plus en plus restreint d’entreprises de grande taille d’alimenter
une part importante des marchés.
Il existe différents types de concentration:
verticale, elle permet à une entreprise de contrôler, en amont, ses fournisseurs, et,
en aval, les circuits de distribution de ses produits
horizontale, par achat d’entreprises semblables, elle permet d’obtenir des écono-
mies d’échelle et d’augmenter la part de marché d’une entreprise
de type conglomérat, elle englobe dans un même groupe des entreprises n’ayant
aucune liaison légale; .elle permet de répartir les risques sur des marchés diffé-
rents, mais qui se rejoignent sur une partie des activités
Formes de concentration
Monopole : un producteur, beaucoup d’acheteurs; comme La Poste
Oligopole : quelques producteurs, beaucoup d’acheteurs; comme Migros ou
Coop
Monopsone : un petit nombre de producteurs, un seul acheteur; comme l’entre-
prise SEITA en France qui est le seul débouché pour les produc-
teurs de tabac
Oligopsone : un très grand nombre de producteurs, un petit nombre d’ache-
teurs; comme les centrales d’achat des grande surface qui im-
posent souvent leurs prix aux PME qui les approvisionnent
Stratégies de marché
Les différentes formes de concurrences existantes nécessite d’établir une stratégie
pour atteindre le but (vision) fixé (mission), à savoir, choisir la direction, à long terme,
pour atteindre ses objectifs. Cette stratégie suit habituellement trois axes prépondé-
rants:
1.
Le modèle de création de valeur (modèle d’affaire ou de croissance)
2.
Les barrières à l’entrée afin de garder un avantage concurrentiel (part de marché)
3.
La définition d’un périmètre sur lequel cette stratégie s’applique
!75
L'offre et la demande
Exemple
Vision : former des jeunes au domaine de l’économie politique
Mission : augmenter de 10% sa part de marché de ventes d’ouvrages dédiés à
l’économie en Suisse romande, d’ici cinq ans
Moyens : mise en commun des ressources d’une sélection choisie d’auteurs et ra-
chat des droits d’auteurs de l’ouvrage ABC
Dans cette exemple, comme dans toutes les sociétés, une fois l’allocation des res-
sources définie, on définira sa stratégie de coût (prix) et de ce qui vous rend spécial
aux yeux du client (différenciation). Ces décisions seront vraisemblablement prisent en
connaissant son marché, notamment au niveau d’éventuelles situations de monopole.
Analyse du monopole
Être en situation de monopole ne signifie pas que l’entreprise ne doive pas faire face à
une concurrence de la part d’autres produits de substitutions. Ainsi les chemins de fer
doivent faire face à la concurrence d’autres modes de transports (aérien notamment).
Plusieurs types de monopole existent:
naturel, qui découle des mécanismes de la concurrence, c’est-à-dire bâti sur la
conquête de parts de marchés (comme par exemple la vente de vêtements de
sport)
d’innovation où l’entreprise qui lance un nouveau produit bénéficie de fait d’un cer-
tain monopole
légal, qui résulte de la protection des marchés (comme le marché de l’eau).
Effets du monopole
Sur les prix
Le prix du marché de monopole peut se révéler supérieur au prix du marché de
concurrence; le monopole est alors un “price maker”, c’est-à-dire qu’il décide du prix
du marché (lorsqu’une entreprise est contrainte de subir le prix du marché, on dit
qu’elle est “price taker”)
Sur les quantités
Le monopole pourra relativement facilement abaisser ses coûts de production en
achetant ses matières premières moins cher, obtenant ainsi des économies d’échelle
(en payant moins de charges, du fair de l’augmentation de sa taille), qui lui permet-
tront de fournir des quantités plus grandes sans investir massivement dans ses appa-
reils de production.
!76
L'offre et la demande
RÔLE DE L’ÉTAT
L‘État (Confédération, cantons et communes) consomment des recettes fiscales pour
satisfaire des besoins collectifs:
contrats publics!
construction d’écoles, d’hôpitaux, de maisons de retraite, de routes, l’acquisition de
matériel d’armement, etc. (sécurité, mobilité, bien-être, etc.)
subventions#
pour des institutions et des événements culturels, ainsi que pour l’agriculture (bien-
être et sécurité d’approvisionnement)
paiements directs!
pour les paysans bio et ceux qui assurent l’entretien du paysage (bien-être)
Biens et services fournis
Non marchands
Biens et services produits par les administrations et disponibles gratuitement ou quasi-
gratuitement, c’est-à-dire à un prix inférieur à leur coût de revient.
Collectifs
Biens et services utilisables par plusieurs personnes simultanément, comme les
routes, un pont, une émission de télévision diffusée sur la RTS. Les services collectifs
peuvent bien sûr aussi être marchands.
Prises en compte des externalités
Le marché est défaillant car les externalités, à savoir les actions prisent par des
agents qui modifie la situation d’autres agent économique, entraînent une perte de
bien-être collectif sans qu’il y ait de transaction sur le marché. Pour y faire face et
améliorer l’allocation des ressources, l’État prendra en compte, dans sa politique, dif-
férentes externalité. On distingue notamment les externalités:
positives, par exemple de l’implantation d’une usine qui crée des emplois
réciproques, par exemple, l’apiculteur qui bénéficie de la proximité d’un verger et
de l’arboriculteur qui bénéficie des abeilles pour la pollinisation des arbres fruitiers
négatives, par exemple une usine qui pollue l’environnement
!77
L'offre et la demande
314. DÉSÉQUILIBRES
ÉCONOMIQUES
Un déséquilibre apparaît lorsque, par exemple, la production que les entreprises ont
décidé de réaliser est supérieure à la demande des consommateurs. On peut égale-
ment imaginer une situation de déséquilibre où la production ne serait pas suffisante
pour satisfaire la demande, ce qui pourrait se traduire par une hausse des prix, des
pénuries ou un recours à lʼimportation. Nous avons abordé dans le chapitre précé-
dents des défaillances de marché telles que les asymétries d’information ou les exter-
nalités et avons constaté que le marché ne permet pas de gérer des problèmes tels
que la dégradation de l’environnement ou la production de biens collectifs sans inter-
vention étatique.
Situation économique
A tout moment, une situation économique s’exprime par l’égalité suivante:
quantité x prix masse monétaire x vitesse de circulation
Les sources des déséquilibres sont multiples, liées à des modifications de quantité,
masse monétaire et vitesse des flux, qui résultent par exemple de modification dans
les préférences individuelles, mesure de politique économique, une perte ou un regain
de confiance dans l’évolution de l’économie et de sa situation.
Il est difficile d’imaginer une concertation ex ante entre agents économiques et ces si-
tuations de ralentissement ou croissance de lʼactivité sont donc inévitables. Dans le
premier cas, cela conduit à une augmentation de la quantité dʼépargne, de la baisse
de lʼinvestissement ou du ralentissement du volume de crédit octroyé par les banques.
Cela signifie qu’une partie de plus en plus importantes des revenus nʼest donc pas
dépensée, ce qui déprime la demande ... et pousse les entreprises à réduire leur pro-
duction et/ou leurs effectifs, accentuant du même coup lʼinsuffisance de la demande et
le déséquilibre initial. A contrario, si la hausse de la demande se heurte à des capaci-
tés de production domestiques insuffisantes ou si elle porte sur des produits qui ne
sont pas fabriqués dans lʼéconomie nationale, la hausse importante des importations
viendra dégrader le solde commercial, aboutissant le cas échéant à un déficit (situa-
biens et services
flux monétaires
=
!78
L'offre et la demande
tion où la valeur des importations dʼun pays est supérieure à celle de ses
exportations).
EFFETS ET DANGERS DE L’INFLATION
L’inflation met en cause un mécanisme qui répercute la hausse des prix de certains
produits et services au reste des prix pratiqués. En terme de revenu, l’inflation en-
gendre une perte du pouvoir d’achat (sauf si les salaires sont indexés sur l’inflation).
Selon l’approche keynésienne, quatre grandes raisons explique l’inflation:
1.
la demande, tel qu’expliqué ci-dessus, si la demande d’un bien est supérieur à
l’offre, son prix augmente
2.
les coûts, comme une augmentation du prix des matières premières, des divers
biens entrant dans le cycle de production ou des facteurs de production (augmen-
tation par exemple de la masse salariale)
3.
structurelle, c’est le cas quand les prix sont protégés, ne subissant ainsi pas la loi
du marché
4.
d’incitation qui fait naître des besoins et pousse les agents économiques à ré-
clamer toujours plus de revenus
L’approche néo classique explique également l’apparition de l’inflation par le non res-
pect des principes de la concurrence pure et parfaite. Notamment les prix fixés par
l’État, l’action syndicale ou des charges fiscales mal établies.
Il existe une troisième explication souvent avancée par les économistes: “un accrois-
sement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la
production”. L’inflation serait ainsi due à un phénomène “d’anticipation rationnelle des
agents économiques”, l’entrepreneur se méfie et hésite à investir avant d'avoir la certi-
tude de nouveaux marchés pour son produit; d’où un phénomène inflationniste, c’est-
à-dire d’augmentation de la masse monétaire sans augmentation correspondante de
la production (mesurée par le PIB réel).
Enfin, la variation des cours des monnaies influe sur les prix des produits importés li-
bellés dans une monnaie étrangère ou sur les produits exportés libellés en monnaie
locale. Ainsi, lorsque les tensions internationales font du francs suisse une monnaie
refuge et contribuent à sa hausse sur le marché des changes, les prix des matières
(importations) exprimées en dollar diminue; baisse qui ne compense pas la cause des
prix à l’exportation, dans les cas où les balances commerciales sont positives.
!79
L'offre et la demande
Les gagnants et perdants
Avantagés par l’inflation
Débiteurs
Propriétaires de biens réels
l’État
Désavantagés par l’inflation
Créanciers et épargnants
Rentiers$
En situation de déflation / récession , c‘est le contraire.
LE CHÔMAGE
Tout comme l’inflation, une hausse du chômage (rapport de la population active inoc-
cupée sur la population active totale) réduit le pouvoir d’achat des ménages.
Il existe différent type de chômage":
frictionnel qui résulte de l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail.
naturel qui existe dés que le nombre de jeune qui rentre sur le marché du travail
est supérieur aux départ en retraite
structurel qui est la conséquence des innovations et des évolutions de l’activité
économique
En théorie, l’offre de travail devenant supérieure à la demande de travail des entre-
prises, le salaire réel va diminuer ce qui va diminuer le coût salarial et inciter alors les
entrepreneurs à embaucher jusqu’à retrouver le plein-emploi. En pratique, face à la
paralysie des entreprises et des ménages qui, tétanisés par la peur de l'avenir, ne
veulent ou ne peuvent plus investir et consommer, seul l'Etat dispose de la capacité
d'emprunter et de dépenser. Il va donc adopter un plan de relance qui consiste à ac-
croître les dépenses publiques afin d’accroître la demande et la production. On en re-
vient alors aux options de politiques conjoncturelles, évoquée précédemment (voir le
chapitre sur la politique économique). Dans tous les cas, ces interventions passent par
une adaptation de la fiscalité qui freinera ou relancer la demande.
!80
Fiscalité
32. FISCALITÉ$
321. GÉNÉRALITÉS
LES GRANDES LIGNES DU SYSTÈME FISCAL SUISSE
Par système fiscal, on entend l’ensemble des impôts perçus dans un pays. Ainsi, en
Suisse, chacun des 26 cantons dispose de sa propre loi fiscale et impose de manière
différente le revenu, la fortune, les successions, les gains en capital, les gains immobi-
liers ainsi que d’autres objets fiscaux.
Quant aux quelque 2’400 communes, elles peuvent soit percevoir des impôts commu-
naux comme bon leur semble, soit prélever des suppléments (système dit des “cen-
times additionnels”) par rapport aux barèmes cantonaux. A noter la Confédération im-
pose également le revenu. Toutefois, ses rentrées fiscales proviennent en grande par-
tie d’autres sources, telles que notamment et avant tout la taxe sur la valeur ajoutée
(TVA), ainsi que les droits de timbre, les droits de douane et les impôts de consomma-
tion spéciaux.
Comment en est-on venu à ce système fiscal ?
Le système fut profondément modifié lors de la fondation de l’État fédéral en 1848. La
souveraineté douanière passa entièrement à la Confédération et les cantons se virent
contraints – afin de compenser la perte des droits de douane – de tirer leurs princi-
pales recettes fiscales des impôts sur la fortune et le revenu.
Cette répartition des sources demeura inchangée jusqu’en 1915, mais, suite à la pre-
mière guerre mondiale et à ses conséquences financières, la Confédération et les
cantons se virent contraints de modifier leur législation et système fiscaux. Il fallut no-
tamment abandonner le principe selon lequel les impôts directs devraient revenir aux
cantons et les impôts indirects à la Confédération. Le niveau élevé des frais inhérents
à la défense nationale obligea en effet la Confédération à percevoir également des
impôts directs.
Grâce à ces recettes supplémentaires, la Confédération est parvenue à ramener son
endettement datant de l’époque des deux conflits mondiaux à un niveau supportable.
Cependant, dès la fin de la 2ème guerre mondiale, de nouvelles tâches lui ont été as-
signées, de sorte que la Confédération continue pour l’essentiel de percevoir les im-
pôts fédéraux directs introduits pendant les années de guerre.
Au début de son existence, de 1941 à 1958, l’Impôt fédéral direct (IFD, alors appelé
“impôt pour la défense nationale”) était composé d’un impôt sur le revenu et d’un im-
!81
Fiscalité
pôt complémentaire sur la fortune. En 1959, l’imposition de la fortune des personnes
physiques fut abolie; l’impôt sur le capital des personnes morales subit le même sort
en 1998. Depuis lors, l’IFD frappe uniquement le revenu des personnes physiques et
le bénéfice des personnes morales. Au début, l’impôt cantonal le plus important était
l’impôt sur la fortune; ce n’est en effet qu’à titre de complément qu’ils imposaient le re-
venu du travail. Du système fondé sur l’imposition traditionnelle de la fortune avec un
impôt d’appoint sur le produit du travail, les cantons passèrent ensuite progressive-
ment au système de l’impôt général sur le revenu avec un impôt complémentaire sur
la fortune.
Si à l’origine, ces impôts étaient proportionnels, avec le temps, la méthode de l’impôt
progressif s’est imposée et des déductions sociales furent introduites par égard aux
contribuables de condition modeste ou assumant des charges familiales.
Dates récentes importantes
1967 L'impôt anticipé entre en vigueur
1985 Entrée en vigueur de la Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP)
1995 Passage de l’impôt sur le chiffre d'affaires (ICHA) à la TVA
Objectifs et principes des finances fédérales
Les lignes directrices des finances fédérales adoptées en 1999 par le Conseil fédéral
présentent les objectifs, les principes et les instruments de la politique budgétaire de
la Confédération. La politique budgétaire a pour but premier de favoriser la stabilité et
la croissance économique et, par là même, l’emploi, la prospérité et la cohésion so-
ciale. Ce premier objectif principal comprend les objectifs secondaires suivants:
La politique des recettes et des dépenses doit être favorable à la croissance.
Les quotes-parts fiscales de l’Etat doivent figurer parmi les plus basses au sein de
l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Un certain nombre de principes complètent la liste des objectifs de la politique budgé-
taire, on peut notamment citer:
La charge fiscale doit être répartie de manière équitable sur l’ensemble des contri-
buables, en conformité avec les principes de proportionnalité (imposition selon la
capacité contributive).
Le système fiscal doit être aménagé de manière à grever le moins possible l’activité
économique.
Le système fiscal doit être aménagé de manière à préserver, voire à renforcer l’at-
trait de la Suisse en tant que site économique.
Les impôts doivent exercer une action stabilisatrice sur la conjoncture et le marché
de l’emploi (principe de l’efficacité des politiques conjoncturelles).
!82
Fiscalité
SOUVERAINETÉ FISCALE
La Confédération, les cantons et les communes prélèvent des impôts relevant de deux
catégories: les impôts sur le revenu et la fortune (personnes physiques) respective-
ment les impôts sur le bénéfice et le capital (personnes morales)
En 2010, les recettes fiscales des pouvoirs publics se sont montées à environ 122 mil-
liards de francs, qui se composent comme suit, Confédération: 58MM, Cantons:
40MM, Communes: 24MM
Pour la Confédération, ce sont les impôts de consommation (impôts indirects) qui sont
les plus importants au point de vue du rendement, en particulier la TVA et les impôts
sur les huiles minérales; ils représentent un peu plus d’tiers (2010: 39 %) des recettes
fiscales fédérales.
La situation est diverse pour les cantons et les communes. Leurs sources fiscales les
plus importantes sont les impôts sur le revenu et la fortune des personnes physiques
ainsi que les impôts sur le bénéfice et le capital des personnes morales. En 2010, ces
impôts ont représenté 89,3 % de l’ensemble de leurs recettes fiscales.
Rappel
Les impôts directs représentent environ 70 % des recettes totales de la Confédération,
des cantons et des communes, alors que les impôts indirects représentent environ
30%. En comparaison internationale, la part d’impôts indirects en Suisse est claire-
ment inférieure. Dans les pays voisins, par exemple, la part d’impôts indirects repré-
sente de 40 à 50 %. Voir plus bas pour plus de détails.
Principes de souveraineté
Par la souveraineté fiscale, il faut comprendre la possibilité juridique et pratique pour
une communauté de prélever des impôts. Cette souveraineté fiscale est répartie en
Suisse entre la Confédération, les cantons et les communes.
Concernant l’aménagement des souverainetés fiscales, le droit fiscal suisse doit res-
pecter les principes suivants, inscrits dans la Constitution fédérale:
Impôts directs
Impôts indirects
Impôts sur le re-
venu
Impôts sur la for-
tune
Impôts sur la
consommation
Impôts sur la posses-
sion et dépense
!83
Fiscalité
Principe de l’égalité de droit (art. 8 Cst.)
Principe de la liberté économique (art. 27 et art. 94 à 107 Cst.)
Principe de la garantie de la propriété (art. 26 Cst.)
Principe de la liberté de conscience et de croyance (art. 15 Cst.)
Interdiction de la double imposition inter-cantonale (art. 127, al. 3 Cst.)
Interdiction des avantages fiscaux injustifiés (art. 129, al. 3 Cst.)
Voix du peuple
Outre la particularité qu’en Suisse, les impôts sont prélevés aussi bien par la Confédé-
ration que par les cantons et les communes, le système fiscal suisse se caractérise
aussi par le fait que c’est au citoyen lui-même de décider quels sont les impôts à pré-
lever. En effet, l’État ne peut lui imposer que les obligations qui sont prévues par la
Constitution et par les lois. Or, toute modification constitutionnelle doit automatique-
ment faire l’objet d’une votation populaire, cela tant au niveau fédéral que dans tous
les cantons (référendum obligatoire). Seuls quelques cantons connaissent le référen-
dum obligatoire également pour la révision des lois courantes. Dans les autres can-
tons, le référendum facultatif s’applique en règle générale. Dans la plupart des cas, le
peuple doit également se prononcer lors de la détermination des taux, des barèmes et
des coefficients d’impôt.
Au niveau des cantons et des communes, toute modification du barème nécessite une
révision de la loi fiscale. Il en va cependant différemment en matière de coefficients
d’impôt: c’est habituellement le Parlement (Grand Conseil) qui détermine le multiple
annuel6). Dans les communes, cette compétence est réservée à l’Assemblée commu-
nale ou au Conseil législatif communal. Ces décisions sont le plus souvent sujettes au
référendum facultatif, parfois même obligatoire sur le plan communal.
POIDS DE LA CHARGE FISCALE
On observe des différences non négligeables de la charge fiscale à l’intérieur de nos
frontières, celles-ci apparaissant non seulement d’un canton à l’autre, mais aussi
d’une commune à l’autre au sein du même canton. Ces disparités affectent surtout
l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune; elles sont moins sensibles en ce qui
concerne les impôts de consommation. Ceux-ci sont en effet perçus essentiellement
par la Confédération, et les impôts fédéraux ne présentent pas de différences régio-
nales quant à la charge fiscale.
Causes des disparités de la charge fiscale
La raison principale réside dans le fait que les Cantons possèdent leurs propres lois
fiscales. Le niveau des déductions et les barèmes d’impôts ainsi que la charge fiscale
!84
Fiscalité
varient par conséquent d’un canton à l’autre. Les barèmes de la majorité des lois fis-
cales cantonales sont fondés sur des taux simples (taux de base ou taux unitaires).
Exemple: contribuable célibataire à Zurich, qui a un revenu brut de travail de 80’000.-,
calculé d’après le barème ancré dans la loi fiscale, l’impôt sur le revenu s’élève à
3’492.-. De cette impôt le canton perçoit 100 %; la commune, 119%. La paroisse per-
çoit quant à elle un impôt ecclésiastique de 11% du montant de l’impôt cantonal.
Dans le but d’éviter que les différences de charge fiscale entre les collectivités riches
et les moins fortunées ne prennent trop d’ampleur, la Suisse applique la péréquation
financière. Par ce canal, les cantons et communes financièrement faibles bénéficient
de versements qui leur permettent d’éviter de devoir baisser le niveau des charges.
Effet compensatoire de la péréquation des ressources (données 2012).
Impôt simple selon le barème 3’492.00. —
Multiple
Canton de Zurich 100% 3’492.00. —
Commune de Zurich 119% 4’155. 50
Impôt ecclésiastique (paroisse cath. rom.) 11% 384. 10
Taxe personnelle 24. —
-----------------------
Impôt total 8’055. 60
Charge fiscale en pour cent 10.07
Indice des ressources (extrait)!
Zoug
Schwytz
Genève
Zurich
Vaud
Valais
Jura
Uri
0
65
130
195
260
Avant la péréquation Après la péréquation
!85
85
Fiscalité
Tandis que la compensation des charges dues à des facteurs topographiques corrige
les charges dues à la faible densité de la population ainsi qu’aux particularités des
cantons périphériques, la compensation des charges dues à des facteurs démogra-
phiques bénéficie avant tout aux cantons urbains.
Evolutions à travers le temps
Ainsi que le démontre le graphique ci-après, c’est depuis la récession débutée en
1991 que le déficit de la Confédération en particulier a augmenté: une part importante
était d’origine structurelle. Après avoir atteint un sommet en 2000, la situation conjonc-
turelle s’est dégradée considérablement, notamment en raison de la chute des re-
cettes liée à l’éclatement de la bulle Internet. L’introduction du frein à l’endettement en
2003 a permis de compenser le déficit structurel de la Confédération. L’exercice 2008
a été positif pour la Confédération, les cantons et les communes malgré la crise finan-
cière. La Confédération a enregistré un solde positif de 7 milliards en raison des coûts
exceptionnels (achat d’obligations convertibles d’UBS, les dépenses liées à la transi-
tion vers la RPT). Même sans ces effets extraordinaires, les comptes de la Confédéra-
tion et des cantons ont bouclés avec un excédent solide, tandis que les communes
ont affiché un déficit de 500 millions (source: AFC, sous http://bit.ly/1CEkgGU)
Comptes annuels de la Confédération!
-20000
-15000
-10000
-5000
0
5000
10000
15000
0
55"000
110"000
165"000
220"000
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Revenus totaux Résultat
!86
Fiscalité
Les dettes sont le résultat des déficits accumulés. Par conséquent, on présentera
souvent la dette publique, comme pourcentage du PIB.
Source: Office fédéral de la statistique!
(à prix courant, complément au PIB sous http://bit.ly/1DuZiPX)
Comparaisons
Comparaison internationale
2
La comparaison internationale du taux d’imposition totale (Total Tax Rate, TTR)
montre que le système fiscal de la Suisse reste très avantageux par rapport à celui
d’autres pays industrialisés; il est exprimé en pourcentage des bénéfices.
Les impôts et cotisations inclus dans le calcul peuvent être répartis entre les catégo-
ries suivantes: i) impôt sur le bénéfice; ii) cotisations sociales et charges salariales
payées par l’employeur; iii) impôts fonciers; iv) impôts sur le chiffre d’affaire (y compris
les autres impôts liés à la consommation et la TVA non récupérable); v) autres
charges (tels que taxes communales, taxes de circulation et taxe sur l’essence).
Notons que le système fiscal suisse n’est pas uniquement intéressant pour les entre-
prises, mais aussi pour les particuliers qui bénéficient également d’une charge fiscale
modérée en comparaison internationale.$
Endettements publics selon définition de Maastricht!
(en % du PIB nominal)!
0%
15%
30%
45%
60%
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Confédération Cantons Communes Sécurité sociale
Source: Switzerland Global Enterprise (http://bit.ly/1NuU5OG)
2
!87
Fiscalité
Comment sont réparties les recettes fiscales?
L’illustration ci-dessous montre comment est affecté le produit des impôts. A supposer
que le total des dépenses soit de 100.-, 28.2% iraient à la formation et à l’instruction
qui représentent le plus gros poste de dépenses.
$
Luxembourg
Irlande
Suisse
Royaume-Uni
Inde
Pays-Bas
Portugal
Etats-Unis
Grèce
Allemagne
Suède
Espagne
France
Italie
Taux en % pour une entreprise de 60 employés environ!
(source: pWc)
0
18
35
53
70
43
52
37
36
22
32
8
27
18
3
11
18
12
16
21
9
22
16
23
11
30
15
21
28
21
9
13
5
Impôt sur le résultat Charges sociales Autres charges
66
65
59
52
49
44
43
42
39
35
34
29
26
21
Environnement et aménagement
Culture et loisirs
Finances
Economie publique
Transports
Santé
Administration
Protection sociale
Formation
0
7.5
15
22.5
30
28.2
19.3
15.1
14.3
9.3
7.6
3.4
1.6
1.2
!88
Fiscalité
322. LES DIVERS TYPES
D’IMPÔTS
LES IMPÔTS DE LA CONFÉDÉRATION
Impôts sur le revenu et le bénéfice
Impôt fédéral direct
Art. 128 Cst.!
Loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l’impôt fédéral direct (LIFD)
Cet impôt est perçu annuellement par les cantons, pour la Confédération, puis reverse
une partie (83%) du montant des impôts, des amendes et des intérêts perçus.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
Concerne les personnes qui ont leur domicile - 30 jours au moins avec une activité lu-
crative - ou qui séjournent en Suisse - 90 jours sans exercer d’activité lucrative. En
vertu du principe de l’imposition globale de la famille, les revenus des époux sont ad-
ditionnés, indépendamment de leur régime matrimonial.
Le taux légal maximum se monte à 11.5 %. Il est atteint par un revenu imposable de
895’900 francs pour un couple et de 755’300 francs pour les autres contribuables.
Impôt sur le bénéfice des personnes morales
S’applique aux entreprises ayant leur siège ou leur administration effective en Suisse.
On distingue deux catégories de personnes morales:
Sociétés de capitaux (sociétés anonymes, sociétés en commandite par actions,
sociétés à responsabilité limitée) et les sociétés coopératives.#
Ces sociétés s’acquittent uniquement d’un impôt sur le bénéfice au taux de 8.5 %.
Associations, fondations et autres personnes morales.#
En raison du caractère d’utilité publique de leur activité, elles s’acquittent d’un impôt
sur le bénéfice de 4.25 %.
Impôt fédéral anticipé
Art. 132, al. 2, Cst.!
Loi fédérale du 13 octobre 1965 sur l’impôt anticipé (LIA)
L’impôt anticipé est un impôt perçu à la source par la Confédération sur divers rende-
ments de capitaux mobiliers (notamment sur les intérêts et les dividendes), sur les
gains en espèces faits dans les loteries suisses) ainsi que sur certaines prestations
d’assurances.
!89
Fiscalité
Remboursable sous certaines conditions, l’impôt anticipé ne constitue donc pas une
charge définitive pour les contribuables domiciliés en Suisse qui satisfont à leurs obli-
gations fiscales. Le droit au remboursement s’éteint si la demande n’est pas présen-
tée dans les trois ans. Le taux de l’impôt se monte à 35 % pour les rendements de ca-
pitaux mobiliers et les gains faits dans les loteries, 15 % sur les rentes viagères et les
pensions, 8 % pour les autres prestations d’assurances
Pour les contribuables domiciliés à l’étranger, l’impôt anticipé est en principe perdu et
constitue une charge définitive. Toutes les personnes dont l’État de résidence a conclu
une convention en vue d’éviter les doubles impositions ont toutefois droit au rembour-
sement total ou partiel de l’impôt anticipé, à la condition cependant qu’elles rem-
plissent les conditions posées par la dite conventions.
Autres impôt directs
Les maisons de jeu
Art. 106 Cst.
Loi fédérale du 18 décembre 1998 sur les jeux de hasard et les maisons de jeu (LMJ)
Suite à la votation populaire de 1993 supprimant l’interdiction des maisons de jeux, la
Confédération a le droit de prélever un impôt sur les recettes des maisons de jeu, utili-
sé pour alimenter l’AVS/AI.
Le taux d’imposition de base est de 40%, jusqu’à concurrence d’un produit brut des
jeux de 10 millions. Le taux de l’impôt est ensuite majoré de 0.5% pour chaque million
supplémentaire, et cela jusqu’à la limite maximale de 80%.
Le Conseil fédéral peut en outre réduire d’un quart le taux de l’impôt si les bénéfices
d’une maison de jeu sont investis pour l’essentiel dans des projets d’intérêt général.
Le Conseil fédéral peut également réduire le taux de l’impôt d’un tiers au plus si le ca-
sino est implanté dans une région dépendant d’une activité touristique saisonnière. En
cas de cumul des deux motifs de réduction, il peut réduire le taux de l’impôt de la moi-
tié au plus.
Taxe d’exemption de l’obligation de servir
Art. 40, al. 2 et art. 59, al. 1 et 3 Cst.!
Loi fédérale du 12 juin 1959 sur la taxe d’exemption de l’obligation de servir (LTEO)
Tout Suisse est tenu au service militaire. Celui qui, pour une raison ou une autre, ne
remplit pas personnellement son obligation doit payer la taxe. Cette taxe, perçue par
les cantons, s’élève à 3% des revenus soumis à la taxe, mais à 400 francs au moins.
Elle est toutefois réduite en fonction du nombre de jours que l’assujetti a accomplis
durant l’année.
!90
Fiscalité
Imposition de la consommation
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Art. 130 Cst. ; art. 196, ch. 3, al. 2, let. e ainsi que ch. 14, al. 2 et 3 Cst.
Loi fédérale du 12 juin 2009 régissant la Taxe sur la valeur ajoutée (LTVA)
La TVA, introduite en 1995, est un impôt frappant la consommation non entrepreneu-
riale de biens et de prestations de services sur le territoire national. Cet impôt est pré-
levé à toutes les étapes de la production, de la distribution et des services lors de l’ac-
quisition de prestations.
Est libéré de l’assujettissement quiconque:
réalise en un an, sur le territoire suisse, un chiffre d’affaires inférieur à 100’000.-
réalise sur le territoire suisse, au titre de société sportive ou culturelle sans but lu-
cratif et gérée de façon bénévole, un chiffre d’affaires inférieur à 150’000.-.
Sont exonérées de l’impôt (avec le droit à la déduction de l’impôt préalable):
la livraison d’objets qui sont transportés ou expédiés à l’étranger
les prestations de services fournies à des destinataires ayant leur siège social ou
domicile à l’étranger.
Sont exclus du champ de l’impôt (pas de droit à la déduction de l’impôt préalable), les
prestations:
dans le domaine de la santé, de l’assistance et la sécurité sociale
d’éducation et enseignement, ainsi que de la protection de l’enfance et jeunesse
culturelles et manifestations sportives
d’assurance, des marché monétaire et des capitaux (à l’exception de la gestion de
fortune et du recouvrement des créances)
la location d’appartements et vente d’immeubles
les paris, loteries et autres jeux de hasard (ils sont soumis à une autre taxe)
la vente des produits de l’agriculture, de la sylviculture et de l’horticulture par les
agriculteurs, les sylviculteurs et les horticulteurs
Taux de l’impôt
Taux normal : l’impôt s’élève à 8%.
Taux spécial : le taux est de 3.8 % pour les prestations du secteur de l’héberge-
ment (nuitées avec petit-déjeuner) dans l’hôtellerie et la para-hôtelle-
rie (par exemple la location d’appartements de vacances).
Taux réduit : ce taux s’élève à 2.5 % et est applicable aux catégories de marchan-
dises et prestations de services suivantes:
!91
Fiscalité
les denrées alimentaires (à l’exception
des denrées remises dans le cadre de
prestations de la restauration)
le bétail, la volaille, le poisson
les semences, les plantes vivantes,
les fleurs coupées
les céréales
les aliments et les engrais pour ani-
maux
les médicaments
les journaux, les revues, les livres et
autres imprimés sans caractère de
publicité
les prestations de services fournies
par les sociétés de radio et de télévi-
sion (exception: les prestations de
services à caractère commercial, im-
posables au taux normal)$
La perception et l’encaissement de l’impôt sur les acquisitions est du ressort de l’AFC.
Cette compétence revient par contre à l’Administration fédérale des douanes (AFD)
lorsqu’il s’agit de l’importation de biens.
Affectation particulière d’une partie des recettes
En vertu des dispositions constitutionnelles actuellement en vigueur, une part d’envi-
ron 23 % du produit de la TVA est affectée à l’AVS, à l’AI, au financement des grands
projets ferroviaires et à la réduction des primes de l’assurance-maladie, et ne rentre
donc pas dans les caisses de la Confédération.
Droits de timbre fédéraux
Art.132, al. 1 Cst.
Loi fédérale du 27 juin 1973 sur les droits de timbre (LT)
Les droits de timbre sont des impôts prélevés par la Confédération frappant des tran-
sactions juridiques déterminées, en particulier l’émission et le commerce de titres, en
d’autres termes la formation et la circulation de capitaux ainsi que les payements des
primes d’assurance. Tout débiteur d’un droit de timbre fédéral doit s’annoncer sponta-
nément à l’AFC, lui remettre les relevés et les pièces justificatives prescrites et, simul-
tanément, acquitter le droit (taxation spontanée). La loi ne prescrit, ni n’interdit le
transfert des droits de timbre ; les contribuables sont donc libres de mettre les droits à
la charge d’autres personnes ou de les supporter eux-mêmes.
Impôt sur le tabac
Art. 131, al. 1, let. a Cst.
Loi fédérale du 21 mars 1969 sur l’imposition du tabac (LTab)
Sont soumis à l’impôt les tabacs ainsi que les produits de substitution. Les taux sont
les suivants:
Pour les cigarettes, l’impôt est calculé par pièce (élément fiscal spécifique) et en
pour cent du prix de détail. Il s’élève à environ 12 centimes par pièce et 25% du prix
de vente au détail, mais au minimum à un peu plus de 21 centimes par pièce
!92
Fiscalité
Pour les cigares, l’impôt s’élève à 0.56 centimes par pièce et 1% du prix de détail
Pour le tabac à coupe fine, l’impôt se monte à 38 francs par kilo, plus 25 % du prix
de vente au détail, soit au moins 80 francs par kilo de poids effectif
Pour le tabac à fumer, l’impôt se monte à 12% du prix de vente
Pour le tabac à mâcher, l’impôt se monte à 6 % du prix de vente au détail
La totalité des recettes provenant de l’impôt sur le tabac (un peu plus de 2’200 mil-
liards) est affectée au cofinancement de l’AVS/AI.
Impôt sur la bière
Art. 131, al. 1, let. c Cst.
Loi fédérale du 6 octobre 2006 sur l’imposition de la bière (LIB)
Sont assujettis les fabricants suisses (brasseries) pour la bière fabriquée et livrée de
manière professionnelle en Suisse de même que la bière importée.
L’impôt, pour 100 litres de bière, se monte à:
16.88 (bière légère, jusqu’à 10 degrés)
25.32 (bière entre 10 et 14 degrés)
33.76 (bière forte, à partir de 14 degrés)
La bière dont la teneur en alcool ne dépasse pas 0.5% du volume est exonérée.
Impôt sur les huiles minérales
Art. 131, al. 1, let. e Cst.
Loi fédérale du 21 juin 1996 sur l’imposition des huiles minérales (LimpMin)
Cet impôt de consommation spécial comprend l’huile de pétrole, le gaz de pétrole et
les produits résultant de leur transformation ainsi que les carburants. Le taux diffère
selon les produits et leur utilisation. Par exemple, la charge fiscale par litre se monte à:
73.12 cts pour l’essence (y compris la surtaxe sur les carburants de 30 cts/l)
75.87 cts pour l’huile diesel (y compris la surtaxe sur les carburants de 30 cts/l)
0.3 centime pour l’huile de chauffage
Impôt sur les automobiles
Art. 131, al. 1, let. d Cst.
Loi fédérale du 21 juin 1996 sur l’imposition des véhicules automobiles (LimpAuto)
L’AFD perçoit cet impôt lors de l’importation d’automobiles et lors de leur fabrication en
Suisse, il se montant à 4% de leur valeur du biens.
!93
Fiscalité
Impôt sur les boissons distillées
Art. 131, al. 1, let. b Cst.
Loi fédérale du 21 juin 1932 sur l’alcool (Lalc)
La production d’eau-de-vie indigène est soumise à l’impôt. Echappe à l’imposition
l’usage personnel d’eau-de-vie des producteurs agricoles. En outre, les personnes
âgées de 17 ans révolus peuvent importer sans redevance, dans le trafic des voya-
geurs, deux litres jusqu’à 15% du volume et un litre titrant plus de 15%.
Les boissons spiritueuses indigènes et importées sont soumises à un taux unique
d’imposition. Cet impôt s’élève à 29 francs par litre d’alcool pur. L’impôt est réduit de
50% pour les vins de fruits et de baies et les vins faits à partir d’autres matières pre-
mières dont la teneur en alcool est inférieure à 22%.
Le parlement a approuvé en 2003 (entré en vigueur le 1er février 2004) un impôt spé-
cial sur les alcopops quatre fois plus élevé que l’impôt sur l’alcool. Les alcopops sont
donc frappés d’une taxe équivalente à 116 francs par litre d’alcool pur, ce qui repré-
sente une somme de 1.80 pour une bouteille de 2.75 dl titrant 5.6%.
Redevances douanières
Art. 133 Cst.
Loi du 18 mars 2005 sur les douanes (LD)
Loi fédérale du 9 octobre 1986 sur le tarif des douanes (LTaD)
L’élément engendrant le processus fiscal est le fait de franchir la frontière douanière
avec des marchandises. En droit fiscal, les droits de douane sont dès lors un impôt
grevant les échanges économiques.
Les taux sont presque exclusivement fondés sur le poids (par ex. X francs par 100 kg
brut); appliqués au moment de son arrivée sur le territoire. Avec quelque 8’000 posi-
tions, le tarif des douanes sont liés par l’Accord GATT (General Agreement on Tariffs
and Trade, en français Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).
LES IMPÔTS DES CANTONS ET DES COMMUNES
Loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l’harmonisation des impôts directs des cantons
et des communes (LHID).
Comme déjà été mentionné, les cantons et communes sont autorisés à prélever les
impôts que la Confédération ne se réserve pas. Soit pour les cantons:
Impôts sur le revenu et la fortune ainsi
que autres impôts directs
Impôts sur le revenu et la fortune
Taxe personnelle ou sur les ménages
Impôts sur le bénéfice et le capital
!94
Fiscalité
Impôts sur les successions et dona-
tions
Impôt sur les gains de loterie
Impôt sur les gains immobiliers
Impôt foncier
Droits de mutation
Impôt cantonal sur les maisons de jeu$
Impôts sur la possession et la dépense
Impôt sur les véhicules à moteur
Impôt sur les chiens
Impôt sur les divertissements
Droits de timbre cantonaux
Impôt sur les loteries
Redevance en matière de droits d’eau
Divers$
Et les communes
Impôts sur le revenu et la fortune ainsi
que autres impôts directs
Impôts sur le revenu et la fortune
Taxe personnelle ou sur les ménages
Impôts sur le bénéfice et le capital
Impôts sur les successions et dona-
tions
Impôt sur les gains de loterie
Impôt sur les gains immobiliers
Impôt sur les immeubles
Droits de mutation
Taxe professionnelle$
Impôts sur la possession et la dépense
Impôt sur les chiens
Impôt sur les divertissements
Divers$
Impôts sur le revenu et la fortune
Dans tous les cantons, la taxation s’effectue sur la base du revenu effectivement ac-
quis, selon le système dit postnumerando, où la période de calcul est identique à la
période fiscale (année fiscale). En général, ces impôts sont taxés chaque année sur la
base d’une déclaration d’impôt que le contribuable doit remettre à l’administration.
Dans la plupart des cantons, le montant de l’impôt résulte de la combinaison de deux
éléments, à savoir du taux d’impôt fixé par la loi et d’un multiple, fixé périodiquement.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
Les barèmes de l’impôt sur le revenu sont progressifs dans presque tous les cantons.
Cela signifie que les taux augmentent en même temps que s’élève le revenu impo-
sable, jusqu’à concurrence d’une certaine limite, qui diffère d’un canton à l’autre.
Tous les cantons tiennent compte de la situation de famille en prévoyant des allége-
ments spéciaux au lieu ou en plus des déductions pour couples mariés, pour les
!95
Fiscalité
couples et contribuables assimilés (par ex. familles monoparentales, partenaires enre-
gistrés).
Impôt à la source
Tous les cantons imposent à la source le revenu du travail auprès des ressortissants
étrangers qui ne sont pas au bénéfice d’un permis d’établissement (livret C). L’em-
ployeur est tenu de déduire l’impôt dû sur le montant du salaire, et de le verser à l’ad-
ministration fiscale. Cette retenue à la source englobe les impôts sur le revenu de la
Confédération (IFD), du canton et de la commune ainsi que l’éventuelle contribution
ecclésiastique.
Impôt sur la fortune des personnes physiques
Tous les cantons et communes prélèvent un impôt sur la fortune des personnes phy-
siques, lequel est taxé chaque année, conjointement à l’impôt sur le revenu.
En règle générale, l’objet de cet impôt est l’ensemble de la fortune du contribuable.
Celle-ci comprend toutes les choses et tous les droits appartenant au contribuable ou
dont il a l’usufruit; dont la valeur est en principe estimés à leur valeur vénale. Font no-
tamment partie de la fortune imposable tous les biens mobiliers (par ex. titres, avoirs
en banque, voiture) et immobiliers (par ex. immeubles), les assurances sur la vie et de
rente susceptibles de rachat, de même que la fortune investie dans une exploitation
commerciale ou agricole. Le mobilier de ménage ainsi que les objets personnels
d’usage courant sont exonérés.
L’assiette de l’impôt est constituée par la fortune nette. Cela signifie que la totalité des
dettes établies est déduite du montant brut des éléments de fortune appartenant au
contribuable. Compte tenu des déductions accordées et des minimums exonérés, le
début de la perception de l’impôt sur la fortune présente de grandes divergences entre
les cantons. Lorsque des ressortissants étrangers sont au bénéfice du système d’im-
position d’après la dépense, ils n’ont en général pas d’impôt sur la fortune à payer sé-
parément.
Impôts sur le bénéfice et le capital des personnes morales
Exprimés en pour mille, les impôts sur le capital sont presque toujours proportionnels.
Dans les cantons des GR et du VS, le barème est cependant très légèrement pro-
gressif (système du double taux).
Les sociétés qui n’ont pas d’activité commerciale en Suisse et dont le but statutaire
principal consiste à gérer durablement des participations ne paient pas d’impôt sur le
bénéfice net dès que ces participations ou leur rendement représentent au moins
deux tiers du total des actifs ou des recettes (holding). Ces allégements sont octroyés
afin d’éviter une double voire une triple imposition économique (phénomène dit de
l’imposition “en cascade”).
!96
Fiscalité
En ce qui concerne les autres personnes morales (associations, fondations, etc.) elles
paient en règle générale également un impôt sur leur bénéfice, la plupart du temps se-
lon les règles applicables aux sociétés de capitaux, mais le plus souvent avec des ba-
rèmes qui diffèrent.
Impôts sur les successions et les donations
L’impôt sur les successions a pour objet toute transmission de patrimoine aux héritiers
ainsi qu’aux légataires. L’impôt sur les donations frappe quant à lui toute libéralité
entre personnes vivantes.
En ce qui concerne le lieu de perception de l’impôt sur les successions, c’est en prin-
cipe le canton dans lequel le défunt possédait son dernier domicile qui est autorisé à
percevoir un impôt sur les successions frappant la fortune mobilière. La fortune immo-
bilière est imposée dans le canton où les immeubles sont situés.
Tous les cantons, sauf Lucerne, Schwytz et Genève, imposent aussi bien les succes-
sions que les donations. A Genève, l’exonération des droits de succession et de dona-
tion, n’est pas admise lorsque, si l’une des trois dernières taxation a été établie
d’après un régime basé sur les dépenses.
Autres impôts directs
Impôt sur les gains de loterie et de paris sportifs
Les gains faits dans les loteries et aux paris sportifs et dans les concours analogues
(par ex. paris sur les courses de chevaux), sont imposés dans tous les cantons.
Dans quelques cantons (Jura, Neuchatel et Valais notamment), ces gains sont impo-
sés séparément. Dans tous les autres cantons, les gains (qui excèdent un certain
montant) sont en revanche additionnés aux revenus du contribuable et sont soumis à
l’impôt ordinaire sur le revenu.
Impôt sur les gains immobiliers
Les gains réalisés sur la fortune immobilière privée sont exonérés d’impôt au niveau
fédéral. Seuls les bénéfices en capital réalisés lors d’aliénations (c’est à dire de la
vente) faisant partie de la fortune commerciale (entrant dans l’actif commercial d’un
contribuable exerçant une activité lucrative indépendante ou d’une société) ainsi que
ceux provenant d’une opération de type professionnelle sont soumis à l’IFD.
En revanche, les gains réalisés par le contribuable lors de la vente d’un immeuble lui
appartenant sont imposés dans tous les cantons.
Impôt foncier
L’impôt foncier consiste à imposer la propriété immobilière là où elle se trouve; le do-
micile du contribuable n’a en fait pas d’importance.
!97
Fiscalité
Pour le calcul de l’impôt, les immeubles non destinés à des fins agricoles sont en gé-
néral estimés à leur valeur vénale, les immeubles agricoles et sylvicoles à leur valeur
de rendement. Comme il s’agit là d’un impôt réel, il est calculé sur la valeur brute des
immeubles, c.-à-d. sans tenir compte des éventuelles dettes qui les grèvent et qui ne
peuvent pas être déduites.
L’impôt foncier est toujours proportionnel; les taux sont exprimés en pour mille et va-
rient entre 0.3‰ et 3‰. A noter toutefois que les cantons de Zurich, Schwytz, Glaris,
Zoug, Soleure, Bâle et Argovie ne possèdent aucun impôt foncier.
Droits de mutation
Les droits de mutation constituent un impôt sur les transferts de la propriété de biens
immobiliers (et des droits y afférents) sis dans le canton ou commune. Il s’agit donc
d’une contribution prélevée sur la transaction.
Ces droits de mutation sont perçus dans presque tous les cantons, seul quelques can-
tons ne prélèvent pas de droits de mutation à proprement parler, mais uniquement des
émoluments administratifs de Registre foncier ou des droits d’enregistrement. Les ba-
rèmes sont généralement à un taux fixes et s’élèvent entre 1 et 3% du prix d’achat.
Taxe professionnelle communale
Les communes genevoises ont la possibilité de percevoir un impôt dû par les per-
sonnes qui exercent une activité lucrative indépendante, exploitent une entreprise ou
possèdent une succursale ou un établissement stable sur le territoire de la commune.
Les exploitations agricoles ne sont pas soumises à cette taxe pour la part d’activité qui
n’a pas directement un caractère industriel ou commercial.
La taxe due par ces contribuables est calculée sur la base de coefficients applicables
à leur chiffre d’affaires annuel, au loyer annuel de leurs locaux professionnels, ainsi
qu’à l’effectif des personnes travaillant dans leurs entreprise.
Impôts sur la possession et les dépenses courantes
Impôt sur les véhicules à moteur
Pour être autorisés à circuler, tous les véhicules à moteur et les remorques qui ont leur
lieu de stationnement en Suisse doivent être immatriculés. La délivrance - au nom du
détenteur du véhicule - de l’autorisation de circuler (permis de circulation) et des
plaques d’immatriculation est du ressort des autorités cantonales.
Le montant de la taxe varie en fonction du type de véhicule, ses particularités tech-
niques (puissance, poids, respect de l’environnement, etc.) qui diffèrent selon le can-
ton. La charge fiscale d’un même véhicule peut varier de façon assez importante d’un
canton à l’autre. Certaines catégories de véhicules ou certains types de propulsion
!98
Fiscalité
sont souvent exonérés de l’impôt (par ex. les véhicules électriques ou hybrides) ou
profitent d’allégements fiscaux (par ex. véhicules catégorie A et B selon l’étiquette
énergie ou le certificat d’émission de CO2).
Pour être complet, il convient de relever que quelques cantons imposent aussi les ba-
teaux à moteur ou à voiles. Ils doivent tous être immatriculés auprès d’un office canto-
nal, en principe le Service de la navigation.
Impôt sur les chiens
Dans tous les cantons, un impôt sur les chiens est perçu chaque année par le canton
et/ou par la commune. L’impôt peut varier dans certains cantons en fonction de la
taille ou du poids du chien. Au sein du même canton, le montant de l’impôt peut par-
fois varier d’une commune à l’autre. Dans la plupart des cantons, des allégements,
voire des exonérations sont accordés dans certains cas (chiens-guides, chiens de
sauvetage, etc.).
Impôt sur les divertissements
Il s’agit d’une contribution sur les manifestations publiques payantes, prélevée soit
sous la forme d’un impôt sur les billets (en général 10% du prix d’entrée ou des re-
cettes brutes), soit de manière forfétaire.
Droits de timbre cantonaux et droits d’enregistrement
Outre les droits de timbre fédéraux, il est perçu dans quatre cantons (Genève, Tessin,
Vaud et Valais) des droits de timbre cantonaux. Ceux-ci frappent notamment certains
documents délivrés aux particuliers et établis par les autorités judiciaires et administra-
tives (jugements, pièces d’identité, extraits de registre etc.), actes ou écrits adressés
par les administrés aux autorités (exploits judiciaires, requêtes, recours etc.) ainsi que
des documents relatifs à des actes juridiques (contrats, testaments, quittances etc.).
Impôt sur les loteries
La plupart du temps, elle est établie en fonction du montant des mises (soit au moyen
d’un taux fixe ou d’un barème dégressif ou progressif) parfois également selon
d’autres critères (par ex. la grandeur de la salle où a lieu la manifestation). Les can-
tons de Bâle, Neuchatel, Schaffhouse, Thurgovie, Vaud et Zurich ne possèdent aucun
impôt ni taxe de ce genre.
Taxe de séjour
La plupart des cantons perçoivent une taxe de séjour. Seuls les cantons de ZH, BL, et
TG n’en possèdent pas. En règle générale, cette taxe est encaissée par les office du
tourisme, parfois également par la commune.
!99
Fiscalité
323. IMPÔT SUR LES DÉPENSES
OU FORFAIT FISCAL
L’impôt sur les dépenses ou forfait fiscal (impôt au forfait) est un impôt spécifique à la
Suisse, qui ne concerne qu’un nombre très restreint de personnes (moins de 0.1% de
la population), car il est réservé à des contribuables particulièrement aisés: ils paye-
ront alors un impôt qui sera fonction de ses dépenses (dépenses supérieurs à
400’000.-, alors que la plupart du temps, l’impôt est fonction des revenus et/ou de la
fortune).
Ce régime fiscal est en outre réservé aux personnes qui ne sont pas de nationalité
suisse, qui n’ont pas résidé en Suisse dans les 10 dernières années et qui n’exerce
pas d’activité lucrative en Suisse. Comme ce sont les cantons qui fixent les règles fis-
cales, il existe des différences significatives d’un canton à l’autre (comme c’est le cas
par exemple pour l’impôt sur le revenu en Suisse). Hormis quelques cas célèbres, la
plupart des bénéficiaires sont en fait des rentiers.
CALCUL DE L’IMPÔT SUR LES DÉPENSES
Bien que les taux d’imposition varie d’un canton à l’autre, les règles de calcul appli-
quées sont les mêmes partout en Suisse. L'administration fiscale détermine tout
d’abord: le loyer annuel payé par la famille ou la valeur locative de la maison en cas
d’un bien acheté. Depuis le 1er janvier 2016, elle multiplie alors ce chiffre par sept, ce
qui constitue les dépenses minimums. Puis elle va s'attacher aux signes extérieurs de
richesse. Le contribuable a-t-il du personnel de maison, des voitures, un yacht, un
avion, des chevaux, une collection de tableaux, des enfants en école privée, etc.
En additionnant le coût d'entretien de ces éléments, l'administration fiscale fixera la
dépense annuelle ou, en d'autres termes, le revenu imposable. Elle procédera ensuite
à un calcul de contrôle sur les éléments de revenu et de fortune de source suisse (ac-
tions/obligations/immeubles, etc.) qu'elle va comparer avec l'impôt sur la dépense. Le
montant le plus élevé des deux éléments sera alors pris en considération pour le cal-
cul de l’impôt qui est déterminé en appliquant les barèmes ordinaires d'imposition va-
lables tant au plan cantonal (impôt canton-commune) que fédéral (impôt fédéral
direct).
MONTANTS EN JEU
Dans la pratique, les cantons romands reçoivent des demandes pour des dépenses
qui sont généralement supérieurs à 600’000.-, soit une moyenne de 216’000.- d’im-
!100
Fiscalité
pôts (le taux d’imposition varie de 28% à 43% environ en fonction de la commune de
domicile, du montant imposable et du statut familial).
Exemple
Un contribuable a par le passé négocié avec l’administration fiscale de son canton une
base imposable de 250’000.-, couvrant l’impôt sur le revenu ainsi que l’imposition de
la fortune. Sur ce montant est appliqué le taux d’imposition en vigueur pour cette
tranche de revenu (mettons 33%). L’imposition annuelle du contribuable jusqu’à ce
jour était de 82’575.-.
Le contribuable devient alors propriétaire de son logement: si l’on admet une valeur
locative 300’000.-, ce dernier montant remplace la base négociée précédemment, soit
un impôt d’environ 102’000.- (à un taux légèrement supérieur, soit ici 34%).
Imaginons maintenant que notre contribuable acquière un portefeuille d’actions suisse
pour 15’000’000.-. Si le rendement annuel de ce portefeuille de titres suisses est de
3%, 500’000.-, l’impôt anticipé perçu sur le rendement de titres s’élève à 175’000.-
(35% des gains). Le calcul de contrôle se décompose comme suit, imposition ordi-
naire:
sur la fortune de 97’500.- (0.65%, taux d’imposition de la fortune, des 15’00’000.-)
du revenu net"de 170’552.- (avec 20’000.- de frais d’administration et gestion du
portefeuille, soit 480’000.- à 38.5%, taux d’imposition du revenu pour cette tranche)
Le montant résultant du calcul de contrôle (265’052.-) est supérieur au montant d’im-
pôt dû selon le forfait pur. C’est donc le montant résultant du calcul de contrôle qui
sera retenu; déduit de l’impôt anticipé le montant dû à l’administration fiscale serait
alors de 90’052.-
Lors de la votation de novembre 2014 sur l’abolition des forfaits fiscaux en Suisse, en-
viron la moitié des 700 contribuables étrangers aux forfaits avaient déposé une de-
mande pour quitter le canton en cas de oui, ce qui aurait représenté environ 75 mil-
lions de recette en moins, et l’obligation de revoir de nombreux élément du budget de
fonctionnement de l’État.$
!101
Caractéristiques des échanges internationaux
4. COMMERCE ET
GLOBALISATION
41. CARACTÉRISTIQUES
411. SPÉCIALISATION ET
DIFFÉRENTIATION
Avant d’aborder les questions de comparaison, nous aborderons celles de la crois-
sance et de la spécialisation.
CROISSANCE DES ÉCHANGES
L'essor des échanges internationaux est le résultat d'une ouverture croissante des
économies nationales. Elle est soutenue par un phénomène de mondialisation qui
s’appuie sur des organisations multinationales, qui possèdent ou contrôlent à partir
d'une société-mère plusieurs filiales dans plusieurs pays. Dans ce cadre, l’on voit les
échanges se libéraliser, ce qui se traduit par un abaissement des barrières doua-
nières.
Parallèlement le progrès technique accompagné d’une diminution des coûts de com-
munication et de transport, favorise grandement la circulation de tous les biens éco-
nomiques (produits, services, capitaux, monnaie) entre les pays.
Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade, accord sur les tarifs douaniers),
dont le siège se trouve à Genève, a été mis en place en 1947 pour réguler ces
échange. Institution En 1995, l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), dont le
siège est également à Genève, a pris sa suite afin de fixer les règles du commerce in-
ternational entre pays.
En revanche, certains services restent pour le moment difficilement exportables: no-
tamment les services non marchands comme la santé.
!102
Caractéristiques des échanges internationaux
SPÉCIALISATION ET AVANTAGE COMPARATIF
Adam Smith en 1776, expliquera ainsi que les pays détiennent un avantage absolu
lorsqu'ils produisent un bien moins cher que les autres et possède une plus grande
capacité de production. Par exemple, si l'Angleterre produit en une journée 300 litres
de vin, alors que le Portugal peut en produire 600 litres, le Portugal dispose d'un avan-
tage absolu sur l'Angleterre dans la production de vin.
Qu’en est-il des pays, comme la Suisse, qui ne disposent à priori d'aucun avantage
absolu? l’économiste David Ricardo étendra la théorie d’Adam Smith au début du
XIXe siècle et mettra en évidence les avantages du commerce international au travers
de la théorie de l'avantage comparatif: chaque pays doit prendre en compte un en-
semble plus large de facteurs et se spécialiser dans la production pour laquelle son
avantage comparatif est le plus grand (ou pour laquelle sa production a le moins
grand désavantage comparativement aux autres) et de l’échanger avec un autre pro-
duit.
Ces théories ont été approfondies dès le début du XXe siècle par la théorie des fac-
teurs de production (travail, capital, terre, entrepreneuriat) présents dans un pays.
Cette théorie énonce qu'un pays donné a intérêt à se spécialiser dans la production
qui nécessite le plus le facteur de production dont le pays dispose en abondance, car
c'est ce facteur qui sera valorisé. Par exemple, en Australie, la terre est un facteur en
abondance, l'Australie a donc intérêt à se spécialiser dans la production de biens qui
nécessite de la terre.
Il faut toutefois prendre garde à ne pas considérer les facteurs de production unique-
ment d'un point de vue quantitatif, mais aussi qualitatif (on peut disposer de tout le
Sahara, soit un immense espace terrien, sans pouvoir se spécialiser dans l'agriculture,
car peu propice à cette activité). C’est la naissance des notions de différentiation.
DIFFÉRENTIATION
De nombreux auteurs (dont un certain S.B. Linder, ministre suédois dans les années
70), le marché extérieur est un prolongement du marché intérieur. Les pays échangent
des produits d’utilités semblables mais qui se différencient par la qualité réelle ou per-
çue, leur sophistication, etc.
Exemple
La Suède importe des voitures allemandes vendues sur son marché, de même que
des voitures suédoises (Volvo) sont vendues à des consommateurs allemands. Cela
tient entre autre au fait de la perception, réelle ou non, par les suédois d'une qualité
spécifique des voitures allemandes, estimées plus puissantes, par exemple.
!103
Caractéristiques des échanges internationaux
Barrières à l’entrée et situations oligopoles
Au delà des qualités, sophistications, etc., entre aussi en ligne de compte, les goût
propres à chacun. La différenciation devient dès lors une stratégie où les entreprises
chercheront des secteurs de niches ou de monopole, avec des barrières à l’entrée qui
seront principalement liées au produit (le lieu de production devenant moins prépon-
dérant).
Paul Krugman, économiste américain et prix Nobel d'économie en 2008, a montré
l'existence d'économies d'échelle et de situations de concurrence imparfaite (en parti-
culier en situation de quasi-monopole). Les économies d’échelle permettent de réduire
le coût de production (notamment dans le secteur industriel, qui nécessite des inves-
tissements et coûts fixes élevés).
L’existence d’un seul producteur (ou un nombre limité de producteurs) est alors plus
efficace pour produire de grand volumes et diminuer autant que possible les coûts par
unité vendue: il est alors très difficile pour un concurrent de se lancer sur le marché.
Krugman observe que la plupart des échanges internationaux se font dans des indus-
tries qui sont dans cette situation, des industries oligopolistiques (où il y a un nombre
réduit d'offreurs).
412. FORCES ET FAIBLESSES DU
COMMERCE INTERNATIONAL
AVANTAGES ET LIMITES DU LIBRE-ÉCHANGE
Avantages
Pour les consommateurs, les avantages du libre-échange et du développement du
commerce international sont évidents: variété des produits et prix des produits, et
donc gain du pouvoir d’achat. Les entreprises sont ainsi poussée à améliorer leur
compétitivité et augmenter le volume de vente.
Cette compétitivité s’exprime en particulier sur:
La différenciation (qualité, innovation, design, image de marque, etc., voir plus haut)
Le prix
En s’implantant sur un marché étranger où le fait d'être par exemple d’être d'origine
suisse est perçu comme un gage de qualité, une telle entreprise améliorera sa compé-
titivité hors-prix.
!104
Caractéristiques des échanges internationaux
Limites
Le commerce international et son développement via le libre-échange présente parfois
un certain nombre d’inconvénients, tant pour les producteurs que les consommateurs:
Disparition de productions locales pas assez compétitives, et pour lesquels les
consommateurs ne sont pas prêts à payer la différence de prix, et donc réduction
d’une certaine diversité
Délocalisation de tout ou partie des activité dans des régions où il est possible de
produire à moindre coût, occasionnant ainsi des pertes d'emplois
A noter que l’on entend souvent parler de “dumping social” pour désigner la mise en
place de réglementations concernant le travail ou des avantages octroyés afin d'attirer
certains investisseurs au détriment des autres et qui conduisent à des politiques pro-
tectionnistes et à une forte volatilité des prix.
Volatilité des prix liés aux taux de change
Le taux de change est le prix (le “cours”) d'une monnaie dans une devise étrangère. Si
le cours du francs suisse en euro est de 1.10 il faut céder 1.1 chf pour obtenir 1 euro.
Hors le taux de change a des effets importants sur les importations et/ou exportations,
en effet: lorsque la demande de monnaie est supérieure à l'offre, la monnaie s'appré-
cie (augmente), cela diminue le prix des importations et augmente le prix des exporta-
tions; inversement lorsque la demande de monnaie est inférieure à l'offre, la monnaie
se déprécie (diminue), cela augmente le prix des importations et diminue le prix des
exportations.
Mise en place de politiques protectionnistes
Il existe diverses pratiques de protectionniste, une des plus connue, mais pas la plus
fréquente, étant les barrières tarifaires (taxe appliquée sur des produits étrangers en-
trants); on remarque cependant principalement des barrières non-tarifaires (c'est-à-
dire autres que les droits de douane), telle que les quotas (ou contingents, volume an-
nuel maximum d’importation), l’imposition de normes diverses, techniques, sanitaires
ou autres.
Cette pratique vise à interdire ou limiter les importations de biens et services afin de
protéger les entreprises et activités nationales de la concurrence extérieure. La mise
en place de telles politiques se pratique en vue d’éviter les inconvénients présentés ci-
dessus, que cela soit pour des raisons stratégiques ou culturelles.
Exemple
Dans les années 1970, le Japon a mis en place des règles protectionniste afin de
permettre à ses entreprises de développer un savoir-faire dans la construction de
composants de mémoire vive. En taxant les importations de ces composants, le Japon
a permis aux entreprises locales de devenir des spécialistes du domaine, alors que
!105
Caractéristiques des échanges internationaux
sans les mécanismes protectionnistes, les producteurs américains initialement plus
avancés auraient inondé le marché japonais et probablement fait disparaître l'industrie
japonais.
Cette politique comporte cependant certains inconvénients, notamment au niveau:
De l’innovation, puisque les entreprises disposent d'un marché protégé, elle ne sont
pas menacés par la concurrence et peuvent devenir inefficaces
Des prix, les offreurs étant en situation de monopole sur le marché national, ils
peuvent imposer des prix plus élevés que ceux du marché international
Des risque de rétorsion et de limitation des exportations, à savoir que si un État met
en place des mesures protectionnistes, les autres États peuvent mettre en place, à
leur tour, divers mesures à l'encontre des exportations de cet État, indépendam-
ment des secteurs concernés initialement
Exemple
En 2009, pour protester contre l'interdiction par l'UE de l'importation de bœuf traité par
hormones de croissance, les Etats-Unis ont menacé de mettre en place des mesures
de rétorsion en augmentant les droits de douane sur des produits fromagers.
Pour toutes ces raisons, la communauté internationale s’est doté d’organismes de ré-
gulation.$
!106
Caractéristiques des échanges internationaux
413. ORGANISATIONS
INTERGOUVERNEMENTALES
POLITIQUE ET CULTUREL
Organisation des Nations Unies (ONU / UN)
L’Organisation des Nations Unies est une organisation internationale fondée en 1945.
Aujourd’hui, elle compte 193 États Membres. La mission et le travail des Nations
Unies sont guidés par les objectifs et principes énoncés par sa Charte fondatrice, no-
tamment: croissance économique et développement durable, paix et sécurité interna-
tionales, développement de l’Afrique, droits de l’homme, aide humanitaire, justice et
droit international, désarmement et non-prolifération des armes nucléaires, chimiques
et conventionnelles, contrôle des drogues, prévention du crime et lutte contre le terro-
risme international.
Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture
(UNESCO)
La création de l’UNESCO répond à une conviction forte des nations marquées par
deux conflits mondiaux en moins d’une génération: les accords économiques et poli-
tiques ne peuvent suffire à construire une paix durable. Celle-ci doit s’établir sur le
fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité. Elle s’attache à
construire entre les nations des réseaux qui rendent cette solidarité possible: en se
mobilisant pour que chaque enfant, fille ou garçon, ait accès à une éducation de quali-
té, comme droit humain fondamental et condition du développement humain, en favo-
risant le dialogue inter-culturel par la protection du patrimoine et la mise en valeur de
la diversité culturelle, en développant des projets de coopération scientifique qui ren-
forcent les liens entre les nations et les sociétés, en veillant à la protection de la liberté
d’expression, comme une condition essentielle de la démocratie, du développement et
de la dignité humaine.
!107
Caractéristiques des échanges internationaux
Communauté européenne
Union Européenne (UE)
L'Union européenne (UE) forme un partenariat politique et économique entre 28 pays
couvrant une bonne partie du continent européen.. Son premier objectif est de renfor-
cer la coopération économique, en partant du principe que les pays liés par des
échanges commerciaux deviennent économiquement interdépendants, et sont donc
moins enclins à entrer en conflit. La Communauté économique européenne (CEE) a
ainsi été créée en 1958, instaurant une coopération économique de plus en plus
étroite entre six pays: l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les
Pays-Bas. Depuis, un marché unique plus large a vu le jour, qui continue à se déve-
lopper.
Espace Économique Européen (EEE)
L’Espace économique européen (EEE) est une union économique rassemblant 31
États: les 28 États membres de l'Union européenne (UE), et trois des quatre États
membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE). L'EEE résulte d'un
accord d’association signé en mai 1992 entre les États membres; l’accord assure la
libre-circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. La
Suisse ayant refusé par référendum la ratification de ce traité, elle passe par la voie de
signatures d’accords bilatéraux avec l'UE, mais en dehors du champ strict de l’EEE.
TRAVAIL ET SANTÉ
Organisation Internationale du Travail (OIT)
L’OIT a été fondée en 1919 sous l’égide du Traité de Versailles, qui a mis fin à la Pre-
mière Guerre mondiale. La création de l’OIT s’inscrivait dans le droit fil de la réflexion
selon laquelle une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de
la justice sociale. La mission de l’OIT s’articule en quatre grands objectifs straté-
giques: promouvoir et mettre en œuvre les principes et droits fondamentaux au travail,
accroître les possibilités pour tous d’obtenir un emploi et un revenu décents, étendre
le bénéfice et l’efficacité de la protection sociale, renforcer le tripartisme et le dialogue
social; en effet, l’action de l’OIT repose sur la coopération entre les gouvernements et
les organisations d’employeurs et de travailleurs, en vue de favoriser le progrès éco-
nomique et social.
!108
Caractéristiques des échanges internationaux
Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
L’OMS a fait ses premiers pas lorsque sa Constitution est entrée en vigueur le 7 avril
1948. Cette date est commémorée chaque année lors de la Journée mondiale de la
santé. L'Organisation compte plus de 7000 professionnels travaillant dans 150 pays et
au Siège à Genève. Son rôle est de diriger et de coordonner la santé mondiale au
sein du système des Nations Unies.
COMMERCE ET DÉVELOPPEMENT
Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
L’Organisation mondiale du commerce est née en 1995. Comptant parmi les organisa-
tions internationales les plus jeunes, l’OMC a succédé à l’Accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce (GATT), créé au lendemain de la seconde guerre mondiale.
En février 1997, dans la foulée, un accord a été conclu sur les services de télécom-
munication où 69 gouvernements acceptant d’entreprendre des mesures de libéralisa-
tion très larges, dont la portée allait au-delà de celles qui avaient été convenues initia-
lement. De nouvelles négociations sur l’agriculture et les services ont été engagées en
2000. Elles ont été intégrées dans un programme de travail élargi sur les biens et ser-
vices, adopté à la quatrième Conférence ministérielle de l’OMC, tenue à Doha (Qatar),
en novembre 2001. L’OMC compte à ce jour plus de 160 membres, qui représentent
presque de 95 pour cent du commerce mondial.
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
Présent dans plus de 170"pays et territoires, le PNUD contribue à éradiquer la pauvre-
té et réduire les inégalités et l’exclusion. Il aide les pays à élaborer des politiques, à
développer des compétences en leadership et aptitudes touchant aux questions de:
développement durable, gouvernance démocratique, climat et adaptation. En particu-
lier, le PNUD encourage la protection des droits de l'homme et favorise la participation
active des femmes.
!109
Caractéristiques des échanges internationaux
INSTITUTIONS FINANCIÈRES
Fonds Monétaire international (FMI)
Le FMI a été créé en juillet 1944, lors d’une conférence des Nations Unies aux États-
Unis. Les quarante-quatre pays représentés à la conférence voulaient établir un cadre
de coopération économique pour éviter que ne se reproduisent les dévaluations com-
pétitives qui avaient contribué à la grande crise des années 30. Dès lors, l’objectif
premier du FMI est de veiller à la stabilité du système monétaire international, en
d’autres termes, le système international de paiements et de change qui permet aux
pays (et à leurs citoyens) de procéder à des échanges entre eux. Le mandat du FMI a
été actualisé en 2012 pour couvrir l’ensemble des questions macroéconomiques et fi-
nancières ayant une incidence sur la stabilité mondiale.
Banque Mondiale (BM)
Depuis sa création en 1944, la Banque mondiale s'est élargie pour passer d'une seule
institution à un groupe de cinq organismes de développement étroitement liés entre
eux, en particulier: la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développe-
ment (BIRD) qui prête aux pays à revenu intermédiaire et aux pays pauvres solvables;
l’Association Internationale de Développement (IDA) qui accorde des prêts ou des
crédits sans intérêt et dons aux pays les plus pauvres. Ensemble, la BIRD et IDA
forment la Banque mondiale; elle est complétée par la Société Financière Internatio-
nale (IFC) qui finance des prêts, des fonds propres et des services de conseil pour
stimuler l'investissement privé dans les pays en développement. La Banque mondiale
s’est fixée deux objectifs qui visent à i) ramener l'extrême pauvreté à 3"% d'ici à 2030
et ii) promouvoir une plus grande équité dans les pays en développement.
!110
Caractéristiques des échanges internationaux
THINK TANK
Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE)
L’OCDE a été constituée en 1961 afin de promouvoir les politiques qui amélioreront le
bien-être économique et social partout dans le monde. Elle offre aux gouvernements
un forum où ils peuvent conjuguer leurs efforts, partager leurs expériences et chercher
des solutions à des problèmes communs. Tous ces travaux ont pour point commun un
engagement en faveur du développement durable, de l’emploi et des échanges, repo-
sant sur la coopération internationale pour le biens communs.
Forum Économique Mondial / World Economic Forum (WEF)
Ce forum est connu pour sa réunion annuelle à Davos, qui réunit des dirigeants d’en-
treprise, des responsables politiques du monde entier ainsi que des intellectuels et
des journalistes, afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète, y
compris dans les domaines de la santé et de l’environnement. Il a été créé en 1971
par Klaus M. Schwab, alors professeur d’économie à l’Université de Genève.
!111
Économie solidaire
42. ÉCONOMIE
SOLIDAIRE
Il existe deux principales manières de concevoir l’économie solidaire et le développe-
ment durable. La première, manière traditionnelle, considère que, pour survivre aux
enjeux énergétiques et climatiques de la croissance, il nous faut investir massivement
dans la recherche et mettre en œuvre de nouvelles technologies et énergies ainsi que
modifier la fiscalité avec l'introduction de droits à polluer et de taxes carbone notam-
ment. Selon ce scénario, des énergies renouvelables seront découvertes et l’on pour-
ra continuer à vivre «"comme avant"» (avec des voitures hybrides pour aller au super-
marché acheter des produits bio et solidaire). La seconde approche, alternative, pos-
tule que notre croissance actuelle repose sur l'investissement pour une société
consumériste. Cette société produit non seulement des externalités négatives sur l’en-
vironnement mais aussi des déséquilibres sociaux et humains: inégalités nationales et
internationales, diverses souffrances au travail, développement humain médiocre, en
sont quelques exemples. Selon ce scénario, il faut développer de nouveaux modes de
vie, styles de vie, de nouvelles manières d'entreprendre et de travailler. Dès lors, se
fixer comme seul objectif un changement technique et la découverte de nouvelles é-
nergies ne peut pas régler nos problèmes. Il faut, toujours selon ce modèle, plutôt
axer le développement sur la qualité de la croissance, sur le développement humain
et le capital social... Or le domaine le mieux placé pour en parler est certainement l'é-
conomie sociale et solidaire.
421. LE COMMERCE EQUITABLE
Le terme équitable signifie que ce commerce doit garantir un revenu minimum et
stable aux petits producteurs, revenu non soumis aux fluctuations boursières sur les
cours mondiaux des matières premières et produits alimentaires.
Du consom’hâteur au… consom’acteur
Le concept de commerce équitable, apparu au milieu des années 1960 à l’initiative
d’associations de solidarité, s’est rapidement répandu à travers toute l’Europe. Depuis
1969, date de création du premier “Magasin du Monde”, on a vu se multiplier les en-
seignes. Dans les années 1970, les associations pionnières, comme Artisans du
Monde, Rapunzel en Allememagne, Max Havelaar aux Pays-Bas, ont ouvert un che-
min, tentant de promouvoir un commerce équitable. Les années 1980 ont marqué un
!112
Économie solidaire
net tournant pour la consommation de masse. Les consommateurs occidentaux, ga-
vés de produits toujours moins chers et de pubs toutes plus aguicheuses les unes que
les autres sont devenus sensibles aux problèmes d’environnement et aux conditions
de productions dans les pays “en développement”.
Il est vrai que le commerce international se soucie de tout, sauf d’éthique, de droits
sociaux et de pollution de la planète… En achetant des produits issus du commerce
équitable, nous avons l’assurance de respecter un peu plus les producteurs. En outre,
nous nous octroyons le pouvoir d’éliminer du marché les produits qui ne respectent
pas notre éthique, l’environnement et/ou les lois sociales… En matière de distribution
de produits bio, le groupement biocoop s’est fondé sur ce même principe, procurer
des revenus justes et stables aux petits producteurs bio de proximité, en popularisant
le concept de consom’acteur.
Effets
Selon un rapport de l’Association européenne du commerce équitable (EFTA), les
points de vente au détail sont aujourd’hui plus de 3’000. On compte environ 15 fédéra-
tions nationales dans 13 pays, regroupant 2’500 associations locales animées par
près de 50’000 personnes. Le commerce équitable a déjà permis à plus de 800’000
familles productrices, soit quelques 5 millions de personnes, d’améliorer leur niveau
de vie au quotidien et on estime qu’il progresse de 10 % à 25 % par an selon les pays
concernés.
Aujourd’hui, l’enjeu politique du commerce équitable est fondamental: ré-humaniser
les rapports commerciaux Nord/Sud, Est/Ouest, réintroduire les notions d’équité et de
respect de l’autre dans le commerce traditionnel. Les leçons du commerce équitable
doivent être dispensées à tous les acteurs économiques pour que le commerce inter-
national retrouve des valeurs et des principes respectueux de l’être humain.
422. INVESTISSEMENT
RESPONSABLE
L’investissement"responsable est une forme de placement qui prend compte certains
critères liés à l’environnement, aux questions sociales et de gouvernance sans en né-
gliger le rendement financier. En effet, le retour sur investissement fait partie du
concept de durabilité, puisque les fonds investit doivent pouvoir être ré-utilisés et favo-
riser l’impact de manière répétée. Ces placements sont habituellement regroupé sous
forme de portefeuilles.
!113
Économie solidaire
L'INVESTISSEMENT SOCIALEMENT RESPONSABLE (ISR)
En plus des critères d'évaluation utilisés dans l'investissement traditionnel, l'investis-
sement responsable intègre des critères extra-financiers dans la sélection et la gestion
des placements. Le portefeuille ainsi créé est composé d'entreprises qui démontrent
une volonté d'améliorer leurs pratiques dans les domaines ESG suivants:
Environnement
Biodiversité
Changements clima-
tiques et émission car-
bone
Eau
Agriculture et orga-
nismes génétiquement
modifiés
Recyclage
Extraction des res-
sources naturelles$
Social
Droits des travailleurs
et code de conduite
Droits humains
Approvisionnement en
besoins de première
nécessité
Travail des enfants
Santé
Tourisme sexuel
Violence et militarisa-
tion$
Gouvernance
Fonctionnement des
conseils d'administra-
tion
Rémunération des diri-
geants
Droits des actionnaires
Contributions politiques
Succession$
Critères ESG et engagement actionarial
On distingue plusieurs grandes approches:
La sélection ESG : cette approche consiste à sélectionner les entreprises
ayant les meilleures pratiques environnementales, so-
ciales ou de gouvernance. La méthode de gestion la
plus répandue est l'approche Best in Class qui
consiste à privilégier les émetteurs les mieux notés
d'un point de vue extra-financier au sein d'un secteur
d’activité donné.
L'exclusion : le gérant exclut les entreprises qui ne respectent pas
les normes ou conventions internationales ou des sec-
teurs d'activité donnés tels que le tabac, les armes ou
encore la pornographie (cette méthode est largement
pratiquée en Suisse et dans tous les pays anglo-
saxons)
L’engagement actionnarial : il consiste, pour les investisseurs, à exiger des entre-
prises une politique de responsabilité sociale forte et
l’exercice des droits de vote des minorités aux as-
semblées générales
!114
Économie solidaire
D’après le rapport de la “Global Sustainable Investment Alliance” (GSIA), 13’600 mil-
liards de dollars serait gérés selon cette approche à travers le monde
L'INVESTISSEMENT D’IMPACT
Bien que les “investissements socialement responsables” (ISR) occupent une place
prépondérante dans le marché des investissements, l’investisseur et l’entité bénéfi-
ciaire, contrairement à l’investissement d’impact, ne mesure pas nécessairement un
impact social ou environnemental précis. Au contraire des approches:
Thématique : qui n'incluent que des entreprises agissant dans un
secteur spécifique ou favorisant certaines pratiques
dans les domaines du développement durable tels
que les énergies renouvelables, l'eau, le traitement
des déchets, la santé, etc.
Philanthropique : cherche à améliorer le sort de l’humanité par de mul-
tiples moyens, y compris les donations
L'investissement d'impact représente un peu plus de 20 milliards de dollars à l'échelle
mondiale.
Produits pour les investisseurs d’impact
Ces produits sont disponibles aussi bien aux privés qu’aux organismes institutionnels,
comme les fonds de pension.
Dépôts à terme
Ce sont des dépôts détenus dans une institution financière pendant un terme fixe va-
riant d’un mois à quelques années. L’argent ne peut être retiré qu’à l’échéance ou sur
préavis prédéterminé.
Obligations
Les obligations vertes sont par exemple spécialement conçues pour financer des pro-
jets qui présentent des avantages sur le plan environnemental, réduction des gaz à
effet de serre, adaptation aux changements climatiques, amélioration de l’efficacité é-
nergétique ou l’utilisation accrue des énergies renouvelables notamment.
Fonds d’investissement
Plutôt dédiés aux investisseurs qualifiés et institutionnels, ils offrent la possibilité de
prendre des parts par l’intermédiaire de fonds ou directement dans des sociétés ayant
une solide feuille de route en matière d’amélioration sociale ou environnementale. Ces
fonds nécessitent de la part des investisseurs un seuil relativement élevé de tolérance
au risque.
!115
Économie solidaire
Capital-risque
Permet d’investir, par le biais de fonds ou en direct, dans des sociétés en démarrage
dont la stratégie intègre des objectifs sociaux ou environnementaux.
La microfinance
Cette classe de produit donne accès aux financement à de petites entreprises dirigées
par des personnes habituellement pauvres ou désavantagés, leur permettant ainsi de
parvenir à l’autonomie financière. Nous aborderons ce domaine de manière plus dé-
taillée par la suite.
Biens immobiliers
L’objectif est d’obtenir un rendement financier tout en favorisant des objectifs environ-
nementaux ou sociaux dans le logement abordable, l’efficacité énergétique, le réamé-
nagement de terrains contaminés, voire même l’agriculture urbaine et/ou l’agriculture
biologique.
Evaluation de l’impact
Le processus d’évaluation comporte certains défis, notamment celui de bien la diffé-
rence entre intrant, extrant, résultat et impact.
Le tableau ci-dessous précise la signification de ces termes et donne des exemples
de l’utilisation de chacun d’eux.
Pour évaluer et comparer les occasions d’investissement, les investisseurs d’impact
ont besoin de mesures normalisées, ni trop complexes ni trop exigeantes en temps et
en argent. Parmi les cadres d’évaluation actuellement utilisés pour les extrants, les ré-
sultats et les impacts, on compte des paramètres liés à la préservation de l’environ-
nement, à la responsabilité sociale et à la gouvernance (ESG, ou Environment, Social
and Governance), les normes sur l’investissement et l’information d’impact (Impact
Reporting and Investment Standards, ou IRIS) et le rendement social de l’investisse-
ment (Social Return on Investment, ou SROI).
Intrant
Activité
Extrant
Résultat
Impact
Ressources
Projet faisant l’objet
d’un financement
Résultats directs de
l’activité
Changement direct
ou indirect observé
Mise en relation des
moyens et des
résultats obtenus
Financement d’un
programme de
santé
Envoi de médecin et
professionnel
Nombre de
personnes misent à
disposition et visites
effectuées
Réduction du
nombre de décès
Diminution du taux
de mortalité par
dollars investi
!116
Économie solidaire
Bailleurs internationaux en faveur de l’inclusion financière
Bien que les bailleurs internationaux manifestent depuis longtemps leur appui à l’in-
clusion financière, cet appui a été mis à rude épreuve au cours des dernières années.
Les résultats des études d’impact ont ramené à un niveau plus réaliste les espoirs
placés dans le micro-crédit. Et pourtant, l’aide financière internationale continue
d’augmenter. En 2013, les bailleurs de fonds internationaux ont consacré, selon
CGAP, au moins 31"milliards de dollars à l’inclusion financière, inclue la finance d’im-
pact.
Tendances des engagements par instrument
En 2010, l’inclusion financière est devenue une priorité du G20. Depuis, et malgré un
contexte difficile, les bailleurs internationaux ont démontré leur engagement en faveur
de cet objectif de développement, notamment en augmentant leur soutien financier.
Actuellement une attention particulière est portée à l’offre de services, c’est-à-dire à
l’élargissement de la gamme des produits, à la promotion de pratiques financières
responsables et à l’amélioration de la gestion et de la gouvernance. Cependant, plu-
sieurs bailleurs de fonds s’accordent à reconnaître les limites des interventions sur
l’offre, constatant que ces dernières ne se traduisent pas toujours en impact globaux
sur le marché. Ils insistent sur la nécessité de porter une plus grande attention aux
moyens de changer le fonctionnement des systèmes et non uniquement aux bénéfi-
ciaires directs de leur aide.
LA MICROFINANCE
Souvent considérée comme une classe d’actif à part entière, la microfinance totalisent
environ 13 milliards de dollars en 2015, en croissance de 25 à 30% chaque année de-
puis plus de dix ans, une de ses principale caractéristique, outre son impact, est la ré-
partition du risque pour l’investisseur et l’accès à l’emprunt pour les plus démunis.
15-| Prêts | Fonds propres | Dons | Garanties |
| /14 | | | |
12-| / | | | |
| 10/ | | | |
9-| | | | |
| | | | |
6-| | | | |
| | /4 | | |
3-| | --- | -----/2.5 | -1.8 |
| | 2/ | 2/ | 1/ \1.5 |
0 ----------------------------------------------------------
2009-2013 2009-2013 2009-2013 2009-2013
!117
Économie solidaire
Petites sommes, grands enjeux: témoignage
Trois femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur un banc. Chacune avec un sac à
main sur les genoux. La porte-parole de l’organisation locale de paysans pose fière-
ment devant sa “banque”: une cabane toute en longueur avec quelques orifices d’aé-
ration et trois bureaux. À droite se trouve le bureau pour l’épargne, où le client peut
déposer son argent en échange, comme preuve du dépôt, d’une lettre avec plusieurs
signatures. À gauche, se trouve le bureau de prêt, pour emprunter de l’argent.
Le secrétaire de la “banque” apparait à l’entrée de la cabane et, de manière très offi-
cielle, appelle une femme, Hélène. Dix minutes plus tard, elle sort avec l’équivalent de
dix dollars en francs congolais, une petite fortune.
Elle se rendra demain, avec cet argent prêté (qu’elle n’aurait obtenu nulle part
ailleurs), au marché afin d’y acheter de la farine. Le lait et les œufs, elle les produit
elle-même. Avec ces ingrédients, elle fera cuire des gaufres, qu’elle vendra au mar-
ché. Elle le fait depuis plusieurs années et le produit de la vente dépasse le coût des
ingrédients, ce qu’elle avait calculé en compagnie du secrétaire. La différence est mi-
nime, le bénéfice infime, mais suffisant pour payer l’école des enfants et l’hospitalisa-
tion de la cadette, la fois où elle a dû être soignée pour de terribles maux de ventre.
Elle s’en est sortie.
Pendant toutes ces années, Hélène a toujours été en mesure de rembourser ses
dettes et peut donc emprunter à nouveau.
Pourquoi la microfinance?
La réponse à cette question est simple: parce qu’elle répond a un besoin et que plus
du tiers de la population mondiale n’a pas accès aux services financiers d’une
banque. Une personne qui souhaitent avoir recours à un organisme financier tradi-
tionnel fera face à de nombreux les obstacles:
Preuve de sa solvabilité et être en mesure de rembourser leur prêt ex ante; présen-
ter des garanties sont, sous la forme d’argent ou de biens (c’est précisément ce que
les pauvres n’ont pas)
Pour les femmes, c’est encore plus difficile, car elles ne peuvent pas toujours faire
appel à une banque de manière indépendante et en leur propre nom
Le coût administratif d’un “petit crédit” est souvent le même que celui d’un gros cré-
dit, ce qui n’est financièrement pas soutenable
Distance entre les milieux ruraux et les grandes banques, généralement situées
dans les villes … le ticket de bus coûte parfois plus que le montant de la mensualité
à rembourser
Si l’on veut sortir de plus en plus de monde de la précarité, ces services sont néces-
saires. Certains organismes de microfinance combinent même leur octroi de crédits à
!118
Économie solidaire
des programmes de formation, ce qui permet également la lutte contre l’exclusion, en
particulier des femmes.
Assurance
Ce sont les gens qui sont les plus démunis qui ont le plus besoin d’une assurance.
Etre pauvre signifie en effet être vulnérable. Le moindre coup dur peut déboucher sur
des problèmes plus graves encore et entraîner les intéressés sous le seuil de pauvre-
té. Une récolte ratée, des pluies diluviennes, une longue période de sécheresse, la
maladie ou un décès peuvent avoir un impact énorme sur le revenu. Dans de tels cas,
une micro-assurance permet d’éviter à ces personnes de s’enfoncer davantage dans
la précarité. Elle permet à l’emprunteur, même en cas de coup dur, de poursuivre le
remboursement du crédit en cas de maladie ou de décès.
Méthodologies de prêts
La grande majorité des institutions de microfinance (IMF) accorde des crédits sur la
base de prêts à des groupements solidaires sans garantie. Il y a également toute une
série d’autres méthodologies: certaines évoluent avec le temps, en fonction de l’histo-
rique des remboursement.
Prêts collectifs
Les prêts collectifs permet de prêter de petites sommes d’argent à un grand nombre
de clients qui ne peuvent pas présenter de garanties matérielles. Le groupe sélec-
tionne ses membres avant d’obtenir un prêt. Les membres du groupe sont alors res-
ponsables conjointement du remboursement de tous les prêts et se réunissent réguliè-
rement (souvent chaque semaine) pour collecter les remboursements. Dans le cas où
un membre ne rembourse pas, le groupe entier ne sera plus autorisé à emprunter.
L’une des institutions d’épargne et de prêts collectifs les plus connues est la Grameen
Bank, qui s’adresse principalement aux femmes (98% des client-e-s), partant du prin-
cipe que celles-ci remboursent mieux leurs crédits que les hommes. La moyenne des
prêts varie de 100 à 200 dollars, pour une période de 3 à 12 mois. Dans les pays en
transition, la moyenne des prêts tend à être plus élevée.
Prêts individuels
Comme nous l’avons vu, seul un petit nombre d’institutions financières convention-
nelles accorde des prêts individuels à des personnes à bas revenus, simplement dû
fait que les clients les plus pauvres sont considérés à hauts risques. Ce type de prêts
exige donc très souvent une mise en garantie.
Mutuelles de crédit
Les mutuelles de crédit sont des organisations populaires qui opèrent comme des co-
opératives d’épargne et de crédit. Elles collectent l’épargne et fournissent des prêts à
!119
Économie solidaire
court terme. La demande en prêts dépasse parfois l’épargne déposée si bien que les
prêts aux adhérents sont le plus souvent limités et fixés sur la base de leur épargne.
On a constate cependant que certaines tranches de population ne peuvent pas béné-
ficier des mutuelles de crédit parce que le niveau d’épargne exigé était trop élevé.
Village banking ou caisses villageoises
Le “village banking” constitue un modèle de services financiers qui permet aux com-
munautés pauvres de créer leurs propres mutuelles de crédit et d’épargne, appelée
aussi caisses villageoises. Ce modèle a été créé par FINCA (Fundación Integral Cam-
pesina) au Costa Rica et en Bolivie au début des années 80. Une caisse de crédit
(agence) fournit à ses membres des lignes de crédit sans garanties matérielles pour
les prêts et un lieu où placer l’épargne. L’agence parraine les caisses villageoises, qui
peuvent donc octroyer des prêts par tranche plus petite sans être limité par l’épargne.
Les emprunteurs commencent avec un très petit montant puis progressent jusqu’à un
plafond de crédit établi en fonction de l’épargne réalisée. L’épargne des membres est
conservée par l’agence ou la caisse villageoise. Les normes commerciales sont appli-
quées pour les taux d’intérêt et les commissions; la caisse villageoise table par ailleurs
sur les pressions et l’entraide entre les membres pour assurer les remboursements qui
ont lieu tous les quatre à six mois.
Dans les zones rurales de certaine région du monde, les caisses villageoises ont ren-
contré plus de difficultés pour établir un rapport de confiance et de solidarité: pour des
raisons encore mal comprises, elles ont souffert d’un grand nombre d’abandons de la
part de leurs membres. Le faible niveau d’alphabétisation serait une des cause qui
expliquerait un niveau de contrôle sur les organisations défaillant.
Associations d’entraide et de crédit ou tontine
Les tontines existent dans de nombreuses parties; la encore, ce sont souvent des or-
ganisations dominées par des femmes qui épargnent de petites sommes d’argent et
peuvent emprunter à partir d’un pot commun distribué selon un principe tournant. Il
existe également un système de tontine, type police d’assurance, qui assiste les
membres en difficulté financière à cause de vols, procès, maladies ou incendies.
Les tontines sont très largement utilisées en Afrique de l’ouest. Au Sénégal, par
exemple, elles permettent à leurs membres d’épargner de très petites sommes d’ar-
gent, à un rythme préétabli, et d’obtenir des prêts sans intérêts. À Dakar, les tontines
sont devenues progressivement très importantes pour financer des transactions à
court terme et des activités de service. Elles constituent la principale forme d’organisa-
tion d’épargne informelle et la somme totale engagée est considérable.
!120
Économie solidaire
423. DÉVELOPPEMENT DURABLE
ÉCONOMIE STANDARD DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
Zoom sur les ressources naturelles
En l’absence de lois qui règlent le fonctionnement et le développement des trois piliers
du développement durable, on constate que, in fine, les débats restent largement
axée sur les questions d’environnement, de climat, de ressources naturelles et d’éner-
gie.
Trois piliers du développement durable
Ainsi, des grandes organisations comme l’ONU, l’économie du développement du-
rable se concentre en fait le plus souvent sur deux piliers différents: progrès et effi-
cacité économique d’une part, et préservation de l’environnement et gestion des
ressources rares d’autre part. En fait, il s’agit le plus souvent d’intégrer les
«"contraintes"» écologique dans le calcul économique afin de garantir des perfor-
mances et l’efficacité économique. Dans cette perspective, la fonction de bien-être so-
cial est la somme actualisée des consommations. Selon cette approche, traditionnelle,
il est considéré que pour survivre aux enjeux énergétiques et climatiques de la crois-
sance il faut
1.
investir massivement dans la recherche et développement
2.
mettre en œuvre de nouvelles technologies et énergies
3.
modifier la fiscalité avec l'introduction de droits à polluer et de taxes carbone no-
tamment
-------------------------------/--\-------------------------------
| SOCIÉTÉ / \ ÉCONOMIE |
| Satisfaire les besoins / \ Créer des richesse et |
| en santé, éducation, | équitable | améliorer les condition |
| habitat, emploi, équité \ / de vie |
| inter-génération, prévention\ ----- / |
\ contre l’exclusion / \ /
\ /-------------------------| DURABLE |-----------------------\ /
/ vivable | | viable /
/ \--------------------------\ ----- /------------------------/ \
| ENVIRONNEMENT |
| Préservé la diversité des espèces, les |
| énergies et ressources naturelles |
\---------------------------------------------------------------/
!121
Économie solidaire
Ce type d’analyse s’appuie souvent sur des modèles macroéconomiques où des
agents économiques représentatifs effectuent des choix avec horizon infini en em-
ployant des techniques avec des facteurs de production substituables, en bénéficiant
des innovations. On retrouve alors devant le problème de l’effort que chacun doit
consentir pour préserver les ressources naturelles et l’environnement. Le choix, en
Suisse, comme en Allemagne ou en France, de poursuivre ou non le développement
de l’énergie nucléaire est directement lié aux préférences temporelles dans la mesure
où l’essentiel des coûts liés à cette énergie sont reportés sur les générations sui-
vantes. Toujours est-il que dans cette approche macroéconomique standard, les ques-
tions de développement durable sont d’abord des questions liées aux ressources na-
turelles et indirectement aux problèmes de justice sociale.
Cette économie du développement durable est plus une économie des ressources na-
turelles, de l’énergie et de l’environnement que systémique, comme préconisée par les
agences inter-gouvernementales comme l’ONU ou la Banque Mondiale.
ÉCONOMIE ALTERNATIVE DU DÉVELOPPEMENT
DURABLE
Zoom sur les enjeux sociaux
Les travaux de Thomas Vinod & al. de la Banque Mondiale sur la qualité de la crois-
sance effectuent une synthèse des travaux menés depuis les années 90, et re-
prennent le principe des trois piliers présenté plus haut.
Ils attirent l’attention sur l’importance, certes d’une croissance soutenue, mais surtout
des caractéristiques de cette croissance, ce qu’ils appellent la qualité de la croissance.
Cette qualité de la croissance se mesure notamment en termes d’impact. En particu-
lier, il montre que certaines politiques économiques apportent de la croissance sans
avoir d’impact significatif sur la pauvreté, le capital humain ou l’environnement au sens
large, engendrant des inégalités insoutenable sur le long terme, y compris par l’éco-
nomie. Autrement dit, après décomposition des effets de la croissance sur une série
d’indices, il apparait qu’une analyse agrégée traditionnelle de la croissance n’est pas
pertinente pour un développement harmonieux.
En fait, selon cette approche dite alternative, un développement à long terme est im-
possible s’il ne prend pas en compte ces trois éléments:
1.
Si la politique économique à court terme peut ignorer une partie, long terme, ces
éléments sont complémentaires
2.
Prendre soin de l’éducation et de l’égal accès à l’éducation sans se soucier d’envi-
ronnement et de ressources naturelles, est inefficace à long terme
!122
Économie solidaire
3.
A un moment ou à un autre, le développement économique sera bloqué par l’un de
ces facteurs, à moins de veiller dès le départ à les intégrer dans les objectifs de
développement
Si il est vrai que le développement est lié aux six facteurs que sont, le travail (flux), le
capital matériel, humain et naturel (stock), l’énergie et l’entrepreneuriat (flux et stock),
on peut considérer qu’une vision court-terme peut substituer un facteur par un autre,
alors que sur le long terme, la relation est en fait complémentaire.
En résumé, la plupart de nos outils de croissance actuelles reposent sur une incitation
d’accumulation du capital matériel et financier alors que le bien-être repose sur le ca-
pital humain et social ainsi que sur le capital naturel. La discussion sur la qualité de la
croissance montre que le seul objectif de croissance des richesses n’est pas totale-
ment satisfaisant, même si le taux de chômage (facteur important du bien-être) reste
étroitement lié à la croissance. Il existe en revanche une relation nette et négative
entre croissance (du PIB) et dégradation de l’environnement, acceptée maintenant par
tous (comme le montre l’accord COP21 signé par 95% des pays à Paris en 2015).
Les nouvelles régulations économiques obligent désormais les grandes sociétés à
prendre en compte dans leurs rapports les conséquences environnementales de leur
activité. Mais il n’existe pas pour le moment de véritable processus d’harmonisation.
L’économie solidaire et le développement durable tend à être invoquée en situation de
crise comme «"la"» réponse au dilemme présent. Notons cependant qu’il ne s’agit pas
d’un modèle parfait, une solution unique et magique à la sortie de crise, mais une vi-
sion alternative au modèle de pure rentabilité: à la dimension individualiste et intéres-
sée de l’homo oeconomicus, s’oppose la vision d’un homme motivé par le collectif et
prêt à accepter un salaire moins élevé pour gagner plus de sens et adhérer à une
structure dans laquelle les valeurs sont censées mieux se développer.
!123
Notions: révision et cas pratiques
Y. RÉVISION ET CAS
PRATIQUES
En Suisse
PIB nominal
Habitants
PIB/Hab.
1990
373 458
6.75
55 327
1991
380 893
6.83
55 768
1992
388 301
6.89
56 357
1993
396 366
6.94
57 113
1994
402 223
6.99
57 543
1995
404 130
7.06
57 242
1996
407 410
7.08
57 544
1997
415 948
7.10
58 584
1998
427 658
7.12
60 064
1999
435 464
7.16
60 819
2000
458 779
7.20
63 719
2001
470 214
7.26
64 768
2002
469 338
7.31
64 205
2003
474 015
7.36
64 404
2004
489 369
7.42
65 953
2005
507 463
7.46
68 025
2006
538 125
7.51
71 654
2007
573 080
7.59
75 505
2008
597 381
7.70
77 582
2009
587 061
7.79
75 361
2010
606 146
7.87
77 020
2011
618 325
7.96
77 679
2012
624 592
8.04
77 686
2013
635 331
8.14
78 050
2014
648 038
8.24
78 645
2015
653 870
8.35
78 308
!124
Notions: révision et cas pratiques
Y1. NOTIONS
ÉLÉMENTS FONDATEURS
Besoins
Lorsque deux biens satisfont le même besoin,il s’agit de:
A.
biens complémentaires
B.
biens substituables
C.
compléments de production
D.
substituts de production
Réponse: B
La production de planches de bois implique automatiquement la production de
sciure de bois. On peut dire que les planches de bois et la sciure sont des:
A.
biens complémentaires
B.
biens substituables
C.
compléments de production
D.
substituts de production
Réponse: C
Biens et services
Quelle est la différence entre un bien de production et un bien de consomma-
tion?
Un bien de production permet de créer un bien de consommation.
Exemple: une machine est un bien de production. Le mobilier qui a été
créé par cette machine est un bien de consommation.
Compléter par un exemple pertinent, en respectant le sens de la flèche et la na-
ture du flux.
Nature du flux#: monétaire
Exemple#?
Entreprise —> Etat
Impôt sur le bénéfice, Taxes…
Etat —> Ménage
Rentes AVS, AI, allocations,
subventions, subsides aux primes de
caisse maladie, salaires….
Entreprise —> Banque
Intérêts sur emprunts bancaires,
commissions sur placements…
!125
Notions: révision et cas pratiques
Valeur ajoutée
Soit le schéma de réalisation de meubles de cuisine suivant
* basée dans un pays de la communauté européenne
Calculer la somme des valeurs ajoutées dans ce processus de réalisation de
meubles
25’000.-
Que représente la somme des valeurs ajoutées des entreprises établies sur le
territoire national?
Le PIB, qui ici se monte à 20’000.- (25’000-5’000)
COURANTS DE PENSÉES
QCM
Quel est le système économique qui caractérise la Suisse?
A.
L’économie sociale de marché
B.
L’économie de marché
C.
L’économie planifiée
D.
L’économie financière
Réponse: A!
Nature du flux#: biens et services (flux réel)
Exemple#?
Entreprise —> Reste du monde
Produits d’exportation (machines,
chocolat…)
Services (banque et assurance…)
Etat —> Ménage
Sécurité, routes, hôpitaux,
infrastructures…
Entreprise —> Ménage
Des marchandises (écran plasma,
produits d’alimentation….)
Des services (assurances…)
Scierie*
Menuiserie*
Vente de meubles
Installateur
Valeurs de la
production
2’000.-
5’000.-
18’000.--
25’000.--
Consommations
intermédiaire
2’000.-
5’000.-
18’000.-
Valeurs ajoutées
2’000.--
3’000.--
13’000.-
7’000.-
!126
Macroéconomie: révision et cas pratiques
Y2. MACROÉCONOMIE
LES SYSTÈMES ÉCONOMIQUES
Sous un angle économique, comment interpréter alors l’arrivée prochaine des
“Hard Discounters” comme Aldi et Lydl sur le marché suisse#de la grande dis-
tribution?
Du point de vue concurrentiel sur le marché de la grande distribu-
tion, c’est une bonne nouvelle. Le consommateur aura un plus grand
choix de produits et il y aura une pression nouvelle sur les prix.
D’ailleurs COOP et MIGROS se prépare activement à cette arrivée, la
naissance des marques “bon marché” chez les deux géants suisses n’est
en effet pas un hasard….
La commission européenne soupçonne l’existence d’un cartel mondial dans le com-
merce des tuyaux pétroliers. Elle vient d’en informer les principaux accusés, dont l’en-
treprise “Continental” par lettre. Pourquoi la commission européenne mène-t-elle
cette lutte?
Un cartel est une entente de quelques producteurs sur un même marché.
C’est donc une entrave à la liberté d’entreprendre et de faire du
commerce. Il est évident que cet accord se fait à l’avantage des en-
treprises avec une conséquence négative pour les consommateurs (en-
treprises dépendantes et collectivités publiques)
Les entreprises coupables cherchent artificiellement à maintenir les
prix à un niveau élevés leur permettant ainsi de réaliser des profits
surfaits lors de conclusion d’affaire.
Ces agissements sont pénalement répréhensibles. Les entreprises re-
connues coupables seraient susceptibles de payer de grosses amendes
et leurs dirigeants être condamnés à des peines de prison.
!127
Macroéconomie: révision et cas pratiques
MONNAIE ET POLITIQUES ÉCONOMIQUES
Définitions
Laquelle de ces mesures de la BNS est susceptible de réduire l’inflation:
A.
Une hausse du taux directeur
B.
Une baisse du taux directeur
Réponse: A
Quelles sont les 3 fonctions de la monnaie?
Moyen de paiement, mesure de valeurs, réserve de valeurs
Monnaie fiduciaire, monnaie scripturale, est-ce- la même chose?
Non, monnaie fiduciaire = billets de banque et pièces de monnaie;
monnaie scripturale = écritures comptables.
Quelle différence faire entre la banque centrale (comme la BNS) et les banques
commerciales?
La BNS est la banque des banques. Les banques commerciales sont en
relation avec différents agents économiques.
Rôle des banques centrales
Quelle est la principale fonction de la BNS? Quels sont ses autres fonctions?
Rôle principal: mettre en place une politique monétaire et la faire
appliquer dans l'intérêt général. Autres rôles: ajustement de la
quantité de monnaie en circulation, assurer la stabilité des prix,
garantir la stabilité extérieure de la monnaie nationale.
Quel est l’objectif des banques centrales concernant l’inflation?
L’objectif de la BCE est d’atteindre une inflation de 2% maximum. Ce
taux d’inflation est normalement positif pour l’économie puisqu’elle
indique souvent une haute conjoncture et une augmentation du PIB
grâce à l’accroissement de la demande (consommation, investissement,
exportations, …).
Afin de lutter contre la déflation, que pourrait faire la présidence de la BNS, avec
le taux d’intérêt directeur? Comment se nomme ce type de politique et comment
cette mesure influencerait le comportement des agents économiques.
La présidence pourrait décider de diminuer le taux d’intérêt direc-
teur. Même si celui-ci est déjà bas, une baisse de ce taux incite les
entreprises et les ménages à emprunter. Il s’agirait d’une politique
monétaire expansive qui mécaniquement ferait augmenter les prix mais
!128
Macroéconomie: révision et cas pratiques
qui inciterait les ménages à consommer et les entreprises à plus in-
vestir.
Supposons qu’une banque centrale décide de diminuer le taux d’intérêt direc-
teur, comment évolueront à long terme les dimensions ci-dessous?
ÉCONOMIE NATIONALE
Mesure de la richesse
L’indice des prix à la consommation représente:
Un panier type censé représenter la consommation d’une population
Un indice du niveau de production d’un pays
La somme moyenne dépensée par une population en nourriture
Réponse: A
Donner une définition de l’IPC
L’indice des prix à la consommation (IPC) est l’instrument de mesure
de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes données, la
variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages.
Soit deux situations budgétaires pour deux pays différents (justifier les résultats).
Hausse
Baisse
Inflation
X
Chômage
x
Croissance
économique
x
Taux de change
x
Masse monétaire
en circulation
x
Epargne
x
valeurs en milliard
Madland
Namrisu
Dépenses publiques
350.-
20.-
Recettes
300.-
22.-
Solde budgétaire en monnaie locale
?
2.-
Solde en pour-cent du PIB
-10"%.
?
Dettes publique en pour-cent du PIB
200"%.
10"%.
PIB annuel
500.-
10.-
!129
Macroéconomie: révision et cas pratiques
Quels sont le solde budgétaire de l’Etat de Madland et le solde budgétaire en %
du PIB du Namrisu?
300 - 350 = 50 mias de déficit pour Madland
2 / 10 = 20% d'excédent budgétaire pour le Namrisu
Combien vaut, en milliards, la dette publique de l’Etat du Madland?
200% * 500 mias = 1'000 mias
Qualifier (terme exact) le solde budgétaire du Namrisu.
Il s'agit d'un excédent budgétaire.
Combien faudrait-il d’années de PIB à l’Etat du Madland pour rembourser sa
dette publique?
Il lui faudra 2 années de PIB, consacré seulement au remboursement de
la dette publique, afin d’en rembourser l’intégralité.
En tenant compte des critères connus concernant la dette publique, prononcez-
vous sur une demande d’adhésion de Madland à une zone de libre échange.
L’Etat dépasse les critères de convergence concernant la dette pu-
blique de la zone Euro qui s’élève à 60% du PIB. L’Europe ne devrait
pas lui ouvrir ses portes.
Quel type de politique préconiseraient le Fond Monétaire International et/ou la
commission européenne concernant l’Etat du Midland? Définir cette politique ou
l’illustrer à l'aide d'un exemple.
La Troïka préconiserait une politique libérale d’austérité (rigueur)
à l’Etat du Madland, afin de résorber sa dette et payer moins d’inté-
rêts sur celle-ci. Elle doit diminuer ses dépenses et augmenter ses
recettes afin de retrouver un équilibre budgétaire. On peut diminuer
ses dépenses en coupant dans les aides sociales et augmenter ses re-
cettes en augmentant les impôts ou en favorisant la croissance.
!130
Macroéconomie: révision et cas pratiques
Calcul du PIB
Déterminer le PIB nominal
PIB = C + G + I + X – M
PIB = 324'146 + 62'042 + 106'950 + 279'221 – 217’988
PIB = 554'371 mios CHF
Pourquoi dit-on qu’un franc sur deux est gagné à l’étranger?
La Suisse compte beaucoup sur ses exportations pour augmenter sa ri-
chesse. Les exportations représentent une part considérable de la ri-
chesse suisse.
En sachant que la population suisse s’élevait à 7.8 millions d’habitants. Mesurer le
PIB par habitant (arrondir au franc).
554'371 / 7,8 = CHF 71’073 par habitant
Le PIB nominal de l’année suivante s’élève provisoirement à 635'331 millions. En sa-
chant que l’inflation était négative, à -1/2%, mesurer le PIB réel (arrondir au mil-
lion).
635'331 = 99.5% hors inflation
PIB réel = 100 %, soit 638’524 mios
Code
Intitulé
CHF’mios
P. 3
Dépense de consommation finale
395"320
S.14+S15
Ménages et ISBLSM
332"066
S.13
Administrations publiques
63"254
P. 5
Formation brute de capital
114"581
P. 51
Formation brute de capital fixe
115"016
P. 5111 b
Biens d'équipement
62"983
P. 5111 c
Construction
52"033
P. 52
Variation des stocks
124
P. 53
Acquisitions moins cessions d'objets de valeur
-559
P. 6
Exportations de biens et de services
296"963
P. 61
Exportations de biens
204"255
P. 62
Exportations de services
92"708
P. 7
Importations de biens et de services
232"551
P. 71
Importations de biens
190"757
P. 72
Importations de services
41"793
!131
Macroéconomie: révision et cas pratiques
Cycle économique et tendances conjoncturelles
Donner une définition de la déflation, l’inflation.
La déflation correspond à une période pendant laquelle les prix des
biens et services fournis sur un territoire baissent de manière géné-
rale et globale. L’inflation correspond à une hausse généralisée et
globale des prix qui engendre une diminution du pouvoir d’achat de la
monnaie y relative.
Citer quatre conséquences négatives de l’inflation sur l’économie.
Diminue le pouvoir d’achat , décourage l’épargne, stimule le gas-
pillage, crée des injustices (les revenus fixes, les rentiers sont
défavorisés)
Expliquer pourquoi, en temps normal, une période de croissance économique
engendre de l’inflation.
Lors d’une croissance économique, les agents (ménages, entreprises et
Etat) consomment. Cela signifie qu’ils demandent plus de B/S et que
ceux-ci deviennent rares. S’ensuit une augmentation des prix, c’est-
à-dire de l’inflation.
Donner la définition du chômage structurel et de l’inflation importée; illustrer
par des exemples.
Une inflation importée est une inflation qui n’est pas due à une aug-
mentation de la demande globale (consommation) mais simplement au
fait que certains prix augmentent (pétrole, céréales) et que les
consommateurs sont mis devant le fait accomplis. Le chômage structu-
rel est un chômage qui survient lorsque les facteurs de production
changent (remplacement du travail par le capital). Lors d’une innova-
tion technologique, certains travailleurs deviennent inutiles à la
production, s’ensuit un chômage structurel (long terme).
Expliquer les liens existant entre inflation et chômage.
Lorsque le pays subit une inflation, il y a généralement une diminu-
tion du chômage. Cela s’explique par le fait que, en période de
croissance économique, les agents augmentent leur demande de B/S de
consommation ou production. De ce fait, les prix augmentent (infla-
tion par la demande). L’offre doit alors également s’adapter et les
entreprises embauchent pour faire face à l’afflux de demande. Cela
engendre une diminution du chômage.
Définir le terme de politique d’austérité et expliquer son impact sur l’inflation/ré-
cession.
La politique d’austérité a pour objectif de diminuer la dette pu-
blique d’un Etat en influençant son budget. En diminuant ses dé-
!132
Macroéconomie: révision et cas pratiques
penses, l’Etat influence le pouvoir d’achat des ménages (baisse de la
consommation) et ses propres investissements. En tentant d’augmenter
ses recettes, l’Etat risque de faire chuter la consommation des mé-
nages à cause d’augmentation d’impôts.
!133
Microéconomie: révision et cas pratiques
Y3. MICROÉCONOMIE
L'OFFRE ET LA DEMANDE
Ajustement des prix
Dans une situation de concurrence pure et parfaite, selon quelle loi les prix se
forment-ils sur le marché?
La loi de l’offre et la demande.
De façon générale, lorsque le prix d’un bien diminue, quel est l’effet sur la de-
mande de ce bien?
La demande de ce bien augmente.
Comment définit-on l’oligopole
L’oligopole est un marché caractérisé par un grand nombre d’acheteurs
et un nombre restreint de vendeurs. Exemple: marché de la téléphonie.
Une augmentation du prix des chaussures de ski va:
A.
Déplacer la courbe d’offre de chaussures de ski sur la droite
B.
Déplacer la courbe d’offre de chaussures de ski sur la gauche
C.
Provoquer une augmentation du prix des skis
D.
Provoquer une diminution du prix des skis
Réponse: D
Quelle sera la conséquence sur le marché des cravates en soie si le prix de la
soie augmente?
A.
Le prix des cravates va diminuer
B.
La courbe de demande de cravate va se déplacer vers la gauche
C.
La quantité de cravates échangées sur le marché va diminuer
D.
La quantité de cravates échangées sur le marché va augmenter
Réponse: C
Laquelle de ces caractéristiques n’est pas nécessaire pour parler d’une situa-
tion de concurrence parfaite?
A.
Le marché n’est accessible qu’à un petit nombre de producteurs
B.
Le marché est libre
C.
Le produit est homogène
D.
Il y a un nombre élevé d’acheteurs et de vendeurs
Réponse: A
!134
Microéconomie: révision et cas pratiques
Sur le marché de l’automobile, deux événements surviennent conjointement:
une augmentation du prix de l’essence et une augmentation du prix d’une ma-
tière première essentielle à la fabrication des voitures. Que peut-on affirmer
avec certitude?
A.
Le prix des automobiles va augmenter
B.
Le prix des automobiles va diminuer
C.
La quantité de véhicules échangée sur le marché des automobiles va augmenter
D.
La quantité de véhicules échangée sur le marché des automobiles va diminuer
Réponse: D
Si une baisse du prix du bien A déplace la courbe de demande du bien B sur la
droite, on peut dire que A et B sont:
A.
Des substituts de production
B.
Des compléments de production
C.
Des biens complémentaires
D.
Des biens substituables
Réponse: C
Quand le prix d’un bien sur le marché est supérieur au prix d’équilibre:
A.
Il y a un surplus de demande
B.
Il y a un surplus d’offre
C.
L’équilibre ne sera jamais atteint
Réponse: B
En Suisse, trois opérateurs se partagent le marché de la téléphonie mobile
(Swisscom, Sunrise et Orange). Cette situation est appelée:
A.
Monopole
B.
Monopsone
C.
Concurrence parfaite
D.
Oligopole
Réponse: D
Donner six conditions d’un marché à la concurrence pure et parfaite.
Le marché est libre: la fixation du prix se fait par le jeu de
l’offre et de la demande. Les produits sont homogènes, donc substi-
tuable entre les différents fabricants. Chacun agit de manière ra-
tionnelle: les consommateurs recherche le meilleur prix et la
meilleure qualité et les producteurs recherchent la maximisation de
leur profit. Le nombre d’acheteurs et de vendeurs est élevé. Personne
n’est en mesure d’influencer le marché en sa faveur. Le marché est
transparent. Chacun connaît l’ensemble des données du marché en ques-
tion. L’accès au marché est facile tant à l’entrée qu’à la sortie.!
!135
Microéconomie: révision et cas pratiques
Marchés et courbes d’offre et de demande
Soit l'offre et la demande sur le marché du beurre. Supposons que le prix de la marga-
rine augmente; quel est l’impact de cet événement sur la situation d’équilibre du
marché du beurre?
Soit l’offre et la demande sur le marché du pain. Supposons que le prix de la farine
augmente de manière significative du fait de mauvaises récoltes; quel est l’impact de
cet événement sur la situation d’équilibre sur le marché du pain?
Le marché ci-dessous est initialement à l’équilibre. L’Etat intervient sur ce marché et
impose un prix Pi supérieur au prix d'équilibre du marché. Illustrer les conséquences
de cette intervention.
$
prix
quantité
offre
demande
Q2
P2
prix
quantité
offre
demande
P2
Q2
prix
quantité
offre
demande
Q demande
Q offre
surplus
!136
Microéconomie: révision et cas pratiques
FISCALITÉ
Généralités
Quelles sont les prestations fournies par l’Etat?
Les assurances sociales (AVS, AI, etc.), l’enseignement, la santé et
les infrastructures (routes, bâtiments publics, etc.), entre autres.
Comment l’Etat finance-t-il ces prestations?
En prélevant des impôts et des taxes (par exemple, l’impôt sur le re-
venu et la fortune ou la TVA – taxe sur la valeur ajoutée) sur les
biens et les services consommés.
Quels sont les trois niveaux sur lesquels se répartissent les dépenses publiques en
Suisse
La Confédération, les cantons et les communes.
Quand est-ce qu’il y a déficit budgétaire?
Lorsque les dépenses sont supérieures aux recettes.
A qui l’Etat suisse emprunte-t-il de l’argent?
Il l’emprunte à la BNS (Banque nationale suisse, dont les cantons
sont propriétaires). Et il doit rembourser, car la BNS ne peut pas
fabriquer de l’argent (pour compenser ce qu’elle a prêté) sans provo-
quer une dépréciation du franc suisse
Types d’impôts
En quoi les impôts directs sont-ils plus équitables que les impôts indirects?
Parce qu’ils correspondent à ce que le citoyen gagne ou possède di-
rectement, ils sont progressifs. Les impôts indirects sont les mêmes
pour tous, indépendamment du revenu mais de la consommation (prix de
vente le même pour tous); ce sont des impôts proportionnels.
Quelles différences fait-on entre l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune
L’impôt sur le revenu varie selon ce que gagne le contribuable (pro-
gressif). Le second se fonde sur le patrimoine du contribuable (for-
tune en banque, maison, terrain, voiture, etc.), il n’est pas pro-
gressif dans tous les cantons.
Quel genre d’impôts paient les entreprises en Suisse?
L’impôt sur le bénéfice (ce qui reste quand l’entreprise a payé
toutes ses charges) et l’impôt sur le capital (ce que l’entreprise a
investi pour démarrer, ce que « vaut » l’entreprise).
!137
Microéconomie: révision et cas pratiques
Comment se fait-il que le contribuable habitant à Genève ne paie pas le même impôt
sur le revenu que celui vivant à Schwytz, alors qu’ils gagnent le même salaire?
Ces différences s’expliquent par le fait que les taux d’imposition
cantonal et communal ne sont pas identiques dans les cantons et les
communes.
Pour qui la Suisse est-elle considérée comme un paradis fiscal?
Pour les étrangers (riches) n’exerçant pas d’activité lucrative en
Suisse et qui bénéficient d’un forfait fiscal basé sur leurs dépenses
en Suisse et pour certaines entreprises comme les sociétés holding
par exemple.
!138
Commerce et globalisation
Y4. COMMERCE ET
GLOBALISATION
ECONOMIE SOLIDAIRE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE
Définir la notion de développement durable (DD)
Le DD est un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la possibilité pour les générations à venir, de pouvoir
répondre à leurs propres besoins.
Mentionner les 2 axes manquants du DD et leur indicateur respectif
Axes
-
Economique...............................................
-
Social ...................................................
-
Environnemental ..................................
Indicateurs
PIB
Indice de Développement Humain
Empreinte écologique!
Donner les termes qui définissent ces notions.
.........................................................................................................................................
Développement qui répond aux besoins actuels sans compromettre la capacité des
générations futures de répondre aux leurs.
.........................................................................................................................................
Energie qui ne diminue pas au fur et à mesure de la consommation humaine.
.........................................................................................................................................
Science qui étudie les relations des êtres vivants entre eux et avec leur milieu naturel.
Pourquoi est-il important de diversifier ses ressources énergétiques en Europe?
Donner un argument technique et politique en donnant à chaque fois un
exemple.
Technique : il serait périlleux d’assurer son indépendance énergé-
tique sur une seule source d’approvisionnement au risque de mettre en
péril la consommation énergétique en cas de raréfaction.
Politique: au vue de la situation politique actuelle entre l’Europe
et la Russie, être dépend du gaz russe serait dangereux (tout comme
l’enjeu de l’accès à l’eau entre la Palestine et Israël).
!139
Développement durable
Energies renouvelables
Ecologie
INDEX, GLOSSAIRE,
BIBLIOGRAPHIE,
TABLE DES
MATIÈRES 140
!140
$
A-B
Accélérateur: relation qui établit que l’in-
vestissement est une fonction croissante
de la consommation.
Actif: ensemble des biens matériels et
immatériels détenus par un agent éco-
nomique. Exemple:
un bien d’équipement ou les actions
d’une autre entreprise.
Action: titre représentant une partie du
capital d’une entreprise. Elle confère à
son détenteur un droit de propriété sur
une partie du capital et un droit de vote
dans la gestion de l’entreprise.
Activité économique: ensemble des
actes que doivent accomplir les hommes
pour satisfaire leurs besoins à partir de
la production et de l’échange de biens et
services.
Actualisation: méthode qui consiste à
exprimer la valeur d’une somme moné-
taire future en un équivalent actuel. Si je
possède dix francs aujourd’hui, pour que
j’accepte de l’échanger contre une
somme dans un an, il faudra que l’on me
propose plus que dix francs en échange.
En effet, l’impatience, l’inflation, le coût
d’opportunité de l’utilisation de cette
somme pendant un an etc. me pousse à
demander plus que la somme initiale (dix
francs).
Agent économique: désigne les per-
sonnes physiques ou morales qui parti-
cipent à l’activité économique.
Agent représentatif: en théorie écono-
mique, représente l’hypothèse selon la-
quelle l’économie serait formée d’agents
identiques par leurs préférences ou leur
fonctions de production. Il est suffisant
alors de ne s’intéresser qu’au compor-
tement d’un seul de ces agents pour
comprendre le fonctionnement de l’éco-
nomie dans son ensemble.
Agrégats monétaires: ensemble des
moyens de paiement dans une nation.
On distingue plusieurs agrégats en fonc-
tion du degré de liquidité de leurs com-
posants. Les agrégats retenus sont:
M1 = Billets et monnaie (pièces) + dé-
pôts à vue
M2 = M1 + placements à vue (livret,
comptes d’épargne)
M3 = M2 + placements à forte liquidité
(comptes à terme, certificats de
dépôts, bons des institutions fi-
nancières, t) et dépôts et titres de
créances en devises.
M4 = M3 + billets de trésorerie et bons
du Trésor.
Amortissement: en économie, mesure la
perte de valeur subie par un stock de
capital. Cette perte provient soit de son
usure physique, soit de son obsoles-
cence.
Anticipation: hypothèse subjective
concernant l’évolution future d’une va-
riable donnée permettant de fonder des
prévisions en vue d’une action future.
Anticipations rationnelles: anticipations
formées à partir de toute l’information
dont dispose les agents sur les facteurs
influençant la variable. L’information
comprend les valeurs passées de la va-
GLOSSAIRE
!141
riable (comme dans les autres types
d’anticipations) mais également les évè-
nements présents ou à venir suscep-
tibles d’affecter la variable dans le futur.
Exemple: on apprend que la Banque
Centrale veut augmenter la masse mo-
nétaire, les agents peuvent alors en dé-
duire une inflation plus importante que
prévu.
Anticipations statiques: anticipations qui
se forment en considérant que la valeur
future de la variable sera la même que
sa valeur actuelle. Autrement dit, «"de-
main sera le même qu’aujourd’hui"» . Ce
type d’anticipations n’est quasiment plus
utilisé en économie.
Appréciation: désigne la hausse du
cours d’une monnaie.
Asymétrie d’information: situation dans
laquelle les participants à un marché ne
possèdent pas tous la même information
sur les produits, les risques, les préfé-
rences des autres agents etc., certains
étant mieux informés que d’autres.
Austérité: politique économique consis-
tant à comprimer la demande en vue de
ralentir la hausse des prix. Synonyme de
rigueur.
Autarcie: caractérise une économie sans
échange, où chacun est auto-suffisant.
Peut s’appliquer à un pays qui n’entre-
tient pas de relations commerciales avec
les autres pays. Exemple:
Robinson sur son île, la quasi-autarcie
de l’Allemagne hitlérienne. En réalité,
l’autarcie véritable n’a jamais existé.
Autofinancement: financement (des in-
vestissements) fait à partir des res-
sources propres de l’entreprise, c’est à
dire sans faire appel au à l’emprunt
(bancaire ou obligataire) ou à la bourse
(augmentation de capital).
Balance commerciale: compte récapitu-
lant les importations et les exportations
de biens d’un pays.
Balance des capitaux: compte récapitu-
lant les entrées et sorties de capitaux
d’un pays.
Balance des invisibles: compte récapitu-
lant les exportations et importations de
services et de revenus d’un pays.
Balance des paiements: compte retra-
çant l’ensemble des échanges d’un
pays.
Balance courantes: compte récapitulant
les opérations de la balance commer-
ciale et de la balance des invisibles.
Banking school (British): théorie selon
laquelle la monnaie doit être émise par
la Banque Centrale librement pour servir
les besoins des agents en monnaie,
sans qu’il existe une couverture stricte
des billets émis, par une quantité d’or
détenue par la Banque Centrale.
Banque: organisme financier qui
concentre les moyens de paiement, as-
sure la distribution du crédit, le change,
les opérations de tenue des marchés et
l’émission de billets de banque. En gé-
néral, cette dernière fonction est assurée
par une seule banque dans le pays:
la Banque Centrale.
Banque centrale: banque dont les fonc-
tions sont l’émission de la monnaie fidu-
ciaire et l’exécution de la politique moné-
taire. Elle est la banque des banques.
Elle organise les règlements par com-
!142
pensation entre les banques (dites «"de
second rang"» ). Elle organise la sur-
veillance et la sécurité du système finan-
cier national. Elle coopère avec les
Banques Centrales étrangères dans l’or-
ganisation du système monétaire et fi-
nancier international.
Base monétaire: monnaie centrale. Elle
comprend les billets et pièces ainsi que
les réserves des banques de second
rang auprès de la Banque Centrale. Voir
aussi multiplicateur de la base monétaire
et diviseur de la base monétaire.
Besoin: sentiment de privation qui porte
à désirer un bien ou un service. La satis-
faction des besoins est le but de l’activité
économique. Ce but n’est jamais com-
plètement atteint. On suppose en éco-
nomie que les besoins des hommes sont
infinis et les ressources pour les satis-
faire insuffisantes.
Bien collectif ou bien public: bien non-
exclusif. On ne peut en empêcher sa
consommation en faisant payer un prix à
celui qui le consomme (exemple: l’éclai-
rage public). Le fait que plusieurs indivi-
dus le consomment en même temps ne
retire pas d’utilité à l’un d’entre eux
(exemple: un feu d’artifice). Il existe éga-
lement des biens dits mixtes, qui res-
pectent une seule de ces deux condi-
tions
Bien économique: tout moyen capable
de satisfaire un besoin. Il existe une infi-
nité de biens économiques différents. En
effet, un bien se caractérise non seule-
ment par ses caractéristiques physiques,
mais également par sa localisation et sa
date de disponibilité. Exemple: une glace
au chocolat n’est pas le même bien si
vous en disposez au pôle Nord ou en
Afrique.
Bien-être: mesure la satisfaction d’un in-
dividu ou d’une collectivité. En écono-
mie, est souvent utilisé en référence à la
théorie du bien-être qui étudie les condi-
tions dans lesquelles l’Etat devrait inter-
venir pour corriger les défaillances du
marché qui écartent une économie de
marché de l’optimum de Pareto.
Biens complémentaires / substituables:
deux biens sont complémentaires si leur
utilisation conjointe permet de satisfaire
un besoin. Exemple: un stylo et du pa-
pier. Deux biens sont substituables s’ils
satisfont le même besoin ou des besoins
proches. Exemple: l’automobile et le
train.
Bulle spéculative: écart entre le cours
d’un titre et sa valeur fondamentale. La
bulle est la conséquence d’anticipations
à la hausse du cours des titres. Les
agents anticipant la hausse du cours des
titres, demandent des titres. Leur prix
augmente. Le phénomène est auto-en-
tretenu. A un certain moment, un nombre
croissant d’agents inversent le sens de
leurs anticipations. Les cours chutent
alors plus ou moins vite. On dit que la
bulle "éclate".
Bureaucratie: système d’affectation des
ressources selon des procédures non
marchandes de type réglementaire.
C-D
Capital: revêt de nombreux sens. En
première approche, il s’agit de tout actif
susceptible de procurer un revenu. Dans
une optique productive, il s’agit d’un des
facteurs de production (aux côtés du tra-
!143
vail), un bien utilisé dans la production
d’autres biens. Par extension, on parle
du capital pour désigner l’ensemble des
biens de ce type. Cette approche a
mené à une querelle entre les auteurs
néoclassiques (Solow, Samuelson) et les
auteurs postkeynésiens (Robinson) dans
le cadre des recherches sur la crois-
sance. Chez Marx, c’est le caractère
structurant du capital qui importe, le fait
qu’il crée une division en classes de la
société entre ceux qui détiennent les
moyens de production et ceux qui n’ont
que leur travail pour vivre (les prolé-
taires).
Capital humain: aptitude des individus à
s’insérer dans un processus productif. Il
comprend pour l’essentiel l’éducation et
la santé.
Capitalisme: système économique utili-
sant le capital comme facteur de produc-
tion et basé sur son accumulation. Il
suppose en général la propriété privée
du capital.
Capitaux flottants: désigne au niveau in-
ternational les capitaux qui s’investissent
d’une place financière à l’autre en fonc-
tion des évènements conjoncturels.
Carré magique: voir politique conjonctu-
relle
Changes fixes: système de change dans
lequel les taux de change sont fixés à la
suite d’accords internationaux et dans
lequel les Banques Centrales assurent la
stabilité des taux de change de leurs
monnaies par leurs interventions sur les
marchés des changes. Exemple:
l’offre de francs est supérieure à celle de
dollars. Le cours du franc contre le dollar
devrait diminuer. Pour éviter cela, la
BNS va acheter des francs en les ven-
dant contre des dollars, rétablissant
l’équilibre entre offre et demande de
francs contre dollars.
Changes flexibles (ou flottants): système
de change où le cours des monnaies
évolue selon les offres et demandes sur
le marché des changes, sans que les
Banques Centrales interviennent. En
réalité, un tel système pur de changes
flottants n’existe pas. Les Banques Cen-
trales interviennent toujours pour éviter
des fluctuations trop brutales des parités
monétaires
Chocs d’offre / demande: désigne une
hausse ou baisse inattendue de la pro-
duction (par l’intermédiaire d’une hausse
de la productivité) ou de la demande.
Exemple: les chocs pétroliers ont consti-
tué des chocs d’offre négatifs en aug-
mentant les coûts de production, dimi-
nuant la productivité et la production.
Chômage: état d’un travailleur sans em-
ploi, à la recherche effective d’un emploi
et disponible pour occuper un emploi.
Chômage classique: chômage du à l’in-
suffisante rentabilité de l’activité écono-
mique. Dans une configuration de chô-
mage classique, on peut avoir une de-
mande de biens excédentaire mais qui,
du fait de coût trop élevés, n’incite pas
pour autant à produire et employer plus
de main d’oeuvre.
Chômage conjoncturel: chômage du à
un ralentissement temporaire de l’activité
économique.
Chômage frictionnel ou naturel: taux de
chômage jugé incompressible. Il est du
aux difficultés qu’il existe pour qu’à tout
!144
moment tous les offreurs de travail
trouvent un emploi et tous les deman-
deurs de travail trouvent des travailleurs
correspondant aux emplois proposés. Il
est donc du à des imperfections de l’in-
formation sur le marché du travail. On
emploi le terme naturel en référence à la
théorie du taux de chômage naturel de
Milton Friedman, qui a formalisé la no-
tion de chômage frictionnel.
Chômage keynésien: chômage du à une
insuffisance de la demande effective.
Chômage structurel: chômage lié aux
structures de l’économie ou au fonction-
nement du marché du travail. Il ne peut
être résorbé qu’en modifiant ces struc-
tures. Exemple: le chômage du à l’insuf-
fisance de qualifications de la main
d’oeuvre dans un contexte ou de nou-
veaux métiers apparaissent et d’anciens
disparaissent.
Chômage technologique: chômage lié au
changement technologique, par substitu-
tion du capital au travail.
Cliquet (effet de): existence d’une non-
réversibilité dans la variation d’une va-
riable économique que l’on a l’habitude
de voir orientée à la hausse. Exemple:
quand le revenu d’un ménage diminue,
les habitudes de consommation mettent
du temps à changer.
Coefficient de capital: rapport entre la
valeur du capital utilisé dans la produc-
tion et la valeur de la production.
Composition organique du capital: voir
les textes sur Marx dans la rubrique
questions et réponses du site.
Concurrence imparfaite: se définit par
opposition à la concurrence parfaite. Un
marché se caractérise par une structure
de concurrence imparfaite si l’un des
principes de la concurrence pure et par-
faite est violé de manière significative.
Cela aboutit à des structures de type
monopolistique, oligopolistique, de
concurrence monopolistique etc.
Concurrence parfaite: structure de mar-
ché de référence en économie qui se ca-
ractérise par les quatre conditions sui-
vantes :
l’atomicité, un grand nombre d’offreurs
et de demandeurs se rencontrent sur
ce marché, de sorte qu’aucun agent
ne peut avoir d’influence, par son seul
comportement, sur les prix du marché
l’homogénéité, tous les biens offerts
sont strictement identiques
l’information parfaite, chaque partici-
pant au marché peut connaître toutes
les informations susceptibles de lui
être utiles pour opérer les échanges
les plus avantageux possibles
la libre entrée et libre sortie, chacun
peut à tout moment choisir de partici-
per ou non au marché
Lorsque ces conditions sont respectées,
l’économie de marché est censée
conduire à une allocation optimale des
ressources (d’après la théorie néoclas-
sique). Cette formulation est critiquée
par certains auteurs qui considèrent (à
juste titre semble-t-il d’ailleurs) que les
seules hypothèses de la concurrence
parfaite énoncées par les théoriciens de
l’équilibre général sont :
Il existe pour chaque bien un prix affi-
ché et connu de tous; hypothèse insti-
tutionnelle.
!145
Les agents ne pensent pas avoir une
influence sur les prix affichés et
croient pouvoir acheter et vendre à
ces prix; hypothèse sur les caractéris-
tiques des agents.
Aux prix affichés, les agents formulent
leurs offres; il n’y a pas d’échange di-
rect
Tous les biens présents et futurs ont
un prix affiché; le système de marchés
est complet
Conjoncture: éléments constitutifs de la
situation économique d’un secteur, d’une
branche, d’une région ou d’un pays à un
moment donné.
Consommation: emploi d’un bien ou d’un
service en vue soit de sa transformation
dans la production (consommation in-
termédiaire) soit de la satisfaction d’un
besoin (consommation finale) impliquant
la destruction immédiate ou progressive
de ce bien.
Contrat à terme: contrat précisant les
conditions d’un échange qui aura lieu ul-
térieurement aux conditions précisées
aujourd’hui. Exemple:
vente de 500 dollars contre 495 euros
dans 3 mois.
Courbe de Laffer: courbe imaginée par
l’économiste américain Arthur Laffer
(1974), montrant un relation d’abord
croissante puis décroissante entre le
taux d’imposition et les recettes fiscales
d’un Etat. La conséquence de la forme
en cloche de cette courbe est qu’il existe
un taux d’imposition optimal à ne pas
dépasser, au delà duquel les agents sont
découragés à fournir un effort supplé-
mentaire et recherche plus systémati-
quement l’évasion fiscale. D’où une
baisse des recettes fiscales. D’où éga-
lement la formule: «"Trop d’impôts tuent
l’impôt"»
Courbe de Phillips: relation économé-
trique mise en évidence par l’économiste
Phillips, qui présente une relation dé-
croissante entre le taux d’augmentation
des salaires et le taux de chômage. On
en a déduit une relation décroissante
entre le taux d’inflation et le taux de
chômage. Cette courbe met donc en
avant la possibilité pour la politique éco-
nomique de jouer sur une substitution
entre le chômage et l’inflation.
Courbe d’indifférence: en microécono-
mie, ensemble des paniers de biens qui
apportent la même utilité. Par exemple,
en deux dimensions, lorsqu’un consom-
mateur peut consommer deux biens dif-
férents 1 et 2, une courbe d’indifférence
est l’ensemble des couples de consom-
mation (x1,x2) tels qu’ils apportent un
même niveau d’utilité (satisfaction).
Courbe en J: exprime l’évolution du
solde de la balance commerciale après
la dévaluation d’une monnaie nationale.
Dans un premier temps, la balance
commerciale se dégrade car les flux du
commerce extérieur n’ont pas eu le
temps de se modifier: les importations
restent au même niveau alors que leur
prix s’élève. Après un certain délai (envi-
ron six mois), le solde s’améliore car les
exportations augmentent en volume et
les importations baissent en volume.
Coût d’opportunité: gain qu’entraînerait
un emploi différent d’une ressource éco-
nomique. Exemple: l’investissement en
éducation entraîne un coût d’opportunité
courant qui peut s’évaluer par le salaire
!146
que toucherait l’individu en travaillant
immédiatement.
Coût d’usage du capital: exprime les
coûts engendrés par l’utilisation du capi-
tal. Il comprend principalement le taux
d’intérêt et le coût de la dépréciation du
capital.
Coût marginal: coût de la production
d’une unité supplémentaire.
Coût moyen: coût de production total di-
visé par le nombre d’unités produites. Il
représente le coût unitaire.
Crise économique: retournement brutal
de la conjoncture se traduisant par un
excès d’offre immédiatement suivie par
une contraction de l’activité économique.
Croissance: augmentation sur une
longue période du produit national par
tête.
Croissance endogène: théorie expliquant
la croissance des économies selon des
facteurs endogènes à son évolution.
Dans la croissance endogène, le progrès
technique est le facteur clé de la crois-
sance. Mais contrairement aux théories
de la croissance exogène, le progrès
technique ne tombe pas du ciel en de-
hors de la sphère économique, il est le
résultat de l’activité de recherche d’utilité
ou de profits des agents. Il peut se maté-
rialiser dans les hommes qui accumulent
du capital humain, dans les investisse-
ments en recherche et développement,
dans les infrastructures publiques, dans
la diffusion (mais alors involontaire) des
connaissances par le commerce interna-
tional etc. Le rôle des externalités dans
ces modèles est majeur.
Croissance potentielle: taux de crois-
sance maximal que peut atteindre une
économie à un moment donné, compte
tenu des possibilités de variation de ses
capacités de production.
Currency school: théorie selon laquelle
pour éviter l’inflation, chaque billet émis
devrait avoir comme contrepartie sa va-
leur en or détenue par la Banque Cen-
trale. Voir également multiplicateur de
crédit et Banking School.
Cycle: fluctuations régulières de fré-
quences périodiques et d’amplitude rela-
tivement fixe de l’activité économique.
Le cycle comprend quatre phases : l’ex-
pansion, la crise, la contraction et la re-
prise
Cycle de vie: l’individu choisit sa
consommation en fonction de l’évolution
prévue de sa richesse tout au long de sa
vie (son cycle de vie).
Demande effective: dans la terminologie
keynésienne, désigne la demande glo-
bale perçue (anticipée) par les entrepre-
neurs, à partir de laquelle ils prennent
leurs décisions de production et d’em-
ploi.
Demande globale: somme des de-
mandes individuelles sur un marché
(voire pour toute l’économie, en macroé-
conomie).
Demande nette: synonyme d’excès de
demande, c’est la différence entre la
demande globale et l’offre globale.
Défaillances du marché: situation dans
laquelle l’efficacité maximale ne peut
être atteinte par les mécanismes du
marché, notamment en présence d’une
!147
situation de monopole ou d’oligopole,
d’effets externes ou de biens publics.
Déflation: diminution générale et durable
du niveau général des prix.
Dépression: conjoncture caractérisée,
baisse de l’offre globale (mesurée en
pratique par le PIB).
Dépréciation: en changes flexibles,
baisse de la valeur d’une monnaie par
rapport aux autres, par le jeu de l’offre et
de la demande sur le marché des
changes.
Désinflation: baisse du taux d’inflation.
Désinflation compétitive: politique éco-
nomique qui consiste à s’appuyer sur un
faible taux d’inflation pour rendre les en-
treprises nationales compétitives. Le
processus recherché est le suivant:
en maintenant un faible taux d’inflation,
on conserve un taux de change relati-
vement élevé. Cela a deux effets:
d’une part, les exportations sont pénali-
sées, ce qui oblige les entreprises pour
rester compétitives à faire des efforts sur
les coûts (salariaux notamment) ; d’autre
part, une monnaie forte réduit le coût
des importations, ce qui est un avan-
tage. Au total, les entreprises nationales
sont plus compétitives. D’autre part, une
faible inflation assure un niveau faible
des taux d’intérêt à long terme, ce qui
favorise l’investissement.
Dévaluation: en changes fixes, décision
d’un gouvernement de diminuer la valeur
de sa monnaie par rapport aux autres
monnaies.
Diviseur monétaire: relation qui déter-
mine la création monétaire dans une
économie d’endettement. La base moné-
taire est déterminée par la quantité de
crédit octroyée par les banques (qui se
retournent ensuite vers la Banque Cen-
trale pour leur refinancement, d’où la va-
riation de la base monétaire). L’offre de
monnaie est exogène. Voir aussi multi-
plicateur monétaire.
Duopole: situation de marché de concur-
rence imparfaite caractérisée par la pré-
sence de deux offreurs face à un grand
nombre de demandeurs.
E-F
Economie: science qui étudie la produc-
tion, la répartition, la distribution et la
consommation des richesses dans la
société. D’un point de vue sémantique,
l’Economie a pour particularité de porter
le même nom que son objet d’étude.
Economie de marché: économie carac-
térisée par :
la propriété privée des moyens de
production
la recherche légitimée de l’intérêt per-
sonnel
l’allocation des ressources est guidée
par les mécanismes de prix
Economies d’échelle: il y a économies
d’échelle lorsque l’accroissement de la
production permet de diminuer le coût
moyen. Lorsqu’il y a économies
d’échelle, il y a également rendements
croissants. Le contraire est «"déséco-
nomies d’échelle"».
Effet de substitution: dans une situation
où le prix d’un bien A diminue par rapport
à celui d’un autre bien B, deux réactions
sont possibles pour un consommateur :
!148
il peut choisir de consommer plus de A
qui est devenu moins cher; on dit que
l’effet substitution l’emporte
il peut consommer autant de A (ce qui
lui coûte moins cher qu’avant) et utili-
ser les économies réalisées à
consommer plus de B; on dit que l’ef-
fet revenu l’emporte
Le choix dépendra de la fonction d’utilité
du consommateur, qui représente ses
préférences en termes de quantités de A
et B consommées.
Effet d’annonce: effet recherché par les
autorités de la politique économique
lorsqu’elles annoncent des mesures à
venir. Elles souhaitent ainsi influencer le
comportement des agents économiques
dans un sens souhaité. Exemple:
en annonçant une faible progression de
la masse monétaire, la banque centrale
espère réduire les anticipations inflation-
nistes.
Effet d’éviction: décrit le mécanisme par
lequel la hausse des dépenses pu-
bliques induit une baisse équivalente (ou
pas ) des dépenses privées d’investis-
sement par la hausse du taux d’intérêt
qu’elles provoquent sur le marché des
fonds prêtés.
Effet externe: il y a effet externe lorsque
l’activité d’un agent a une influence sur
la satisfaction d’un autre agent. Il existe
des effets externes de consommation et
de production ; des effets externes posi-
tifs et négatifs. Exemples: un individu
écoute de la musique à proximité d’un
autre individu qui n’a pas les mêmes
goûts musicaux. Il y a effet externe né-
gatif de consommation. Une entreprise
rejette des déchets dans une rivière. Il y
a effet externe négatif de production
pour les riverains qui utilisent l’eau de la
rivière. Une entreprise engage une
agence de sécurité pour protéger le
quartier dans lequel elle est située. Il y a
effet externe de production (puisqu’il
s’agit d’un acte lié à la production) et de
consommation pour les particuliers qui
sont eux aussi protégés. Dans tous les
cas, celui qui subit ou bénéficie des ef-
fets externes n’est pas rémunéré pour
les coûts encourus ou ne paie rien pour
les avantages retirés. C’est une dé-
faillance du marché qui, normalement,
devrait rémunérer chacun selon les ser-
vices rendus ou les coûts générés à au-
trui.
Efficacité: réalisation temporelle d’un ob-
jectif fixé.
Efficacité marginale: rendement escomp-
té d’un bien en capital, c’est-à-dire les
revenus que l’utilisateur espère en retirer
pendant la durée d’utilisation et la vente
de sa production, déduction faite des
dépenses courantes de production. C’est
la comparaison avec le taux d’intérêt
monétaire qui va déterminer si on réalise
ou non un investissement: si l’efficacité
marginale du capital est supérieure au
taux d’intérêt, l’investissement est réali-
sé.
Efficience: situation dans laquelle un ob-
jectif fixé est réalisé en utilisant pour cela
le moins de ressources possibles.
Elasticité: mesure la variation relative
d’une variable en fonction de la variation
relative d’une autre variable. Exemple:
l’élasticité de la demande d’un bien par
rapport à son prix, exprime de combien
de pour cent la demande diminue
!149
lorsque le prix augmente de un pour
cent.
Endogène: se dit d’une variable qui est
déterminée par le fonctionnement d’un
modèle. Exemple:
dans IS-LM, le taux d’intérêt d’équilibre
(entre autres !) est endogène.
Entrepreneur: personnage central dans
la théorie de la croissance. On distingue
deux types d’entrepreneurs:
1.
innovateur, qui crée des innovations
(donc prend des risques) dans le but
de s’octroyer une rente de monopole
2.
imitateur, qui accroît la production
des biens issus de l’innovation
Selon certains auteurs, c’est le compor-
tement de recherche de rente des entre-
preneurs innovateurs qui permet à l’éco-
nomie de sortir des phases de stagna-
tion par la création de nouvelles innova-
tions qui engendrent des périodes de
croissance
Entreprise: unité économique autonome
combinant divers facteurs de production,
produisant pour la vente des biens et
des services et distribuant des revenus
en contrepartie de l’utilisation des fac-
teurs. L’entreprise est généralement as-
sociée, à juste titre, au motif de profit.
Mais dans la réalité (entreprises pu-
bliques), comme dans la théorie (théo-
ries de l’entreprise managériale, par
exemple), le motif du profit n’est pas une
constante de la définition de l’entreprise.
Epargne: on peut en donner plusieurs
définitions :
partie du revenu qui n’est pas consa-
cré à la consommation immédiate
renoncement à la consommation ou
abstinence, d’où l’intérêt reçu
Epistémologie: étude critique des prin-
cipes, des hypothèses et des résultats
des diverses sciences destinée à déter-
miner leur origine logique, leur valeur et
leur portée objective.
Equilibre économique: concept central
en économie. Il s’agit d’exprimer la réali-
sation d’un état stationnaire (qui ne
change pas) au niveau de l’optimum
d’un agent (consommateur ou produc-
teur), d’un marché (égalité offre / de-
mande) ou d’une économie ( égalité offre
/ demande sur tous les marchés).
Equilibre général: situation dans laquelle
tous les agents maximisent leurs fonc-
tions objectif (profit pour les producteurs,
utilité pour les consommateurs) et où sur
chaque marché l’offre est égale à la de-
mande.
Exogène: se dit d’une variable qui n’est
pas déterminée par le fonctionnement
d’un modèle. Exemple: les dépenses
budgétaires et la masse monétaire sont
des variables exogènes. On leur donne
des valeurs pour voir quel est leur effet
sur les variables endogènes.
Expansion: phase du cycle économique
durant laquelle la production croît.
Externalité: synonyme d’effet externe.
Facteurs de production: éléments dont la
combinaison permet la production. On
retient en général deux types de fac-
teurs: le capital (auquel on adjoint par-
fois la terre) et le travail.
Fait stylisé: constat d’ordre empirique,
généralement non quantifié, mais jugé
représentatif du fonctionnement de
l’économie. Les faits stylisés sont au
!150
coeur des discussions sur la démarche
de la science économique. Certains au-
teurs contemporains (Kaldor par
exemple) voudraient que les hypothèses
des modèles en économie soient basées
sur des faits stylisés, alors que d’autres
(Friedman notamment) défendent une
position inverse: les hypothèses n’ont
pas à être réalistes, seule compte la ca-
pacité de prédiction des modèles.
Fonction de demande: relation entre la
quantité d’un bien demandée et son prix,
le prix des autres biens et le revenu d’un
consommateur.
Fonction de production: relation entre la
quantité produite d’un bien et les quanti-
tés des différents facteurs nécessaires à
l’obtention du bien.
G-H-I
Globalisation: phénomène d’internatio-
nalisation des transactions commer-
ciales et financières qui se caractérise
par le jeu d’acteurs qui conçoivent leur
activité et la recherche de l’efficience au
niveau mondial.
Homo-oeconomicus: sujet abstrait, sym-
bole de la rationalité dans les théories
classique et néoclassique.
Homogénéité: voir concurrence parfaite.
Hyperinflation: inflation très élevée et
dont le rythme s’amplifie généralement
toujours au cours du temps.
Illusion monétaire: appréciation erronée
de l’évolution des variables réelles suite
à la hausse ou la baisse des variables
nominales. Exemple: il y a illusion moné-
taire lorsque l’inflation est de 5%, que les
salaires augmentent de 5% et que les
travailleurs pensent que leur revenu réel
a augmenté.
Incertitude: état dans lequel il est impos-
sible à un agent de formuler des prévi-
sions sur le futur car il ne connaît pas la
probabilité d’occurrence d’un évènement
et / ou il ne connaît pas la totalité des
évènements possibles dans le futur. Dis-
tinct du risque.
Indexation: méthode consistant à faire
évoluer contractuellement un revenu en
fonction de l’évolution d’une autre va-
riable. Exemple: les salaires sont in-
dexés sur le taux d’inflation.
Indice des prix à la consommation: ins-
trument pour mesurer l’évolution de l’en-
semble des prix à la consommation. En
économie, lorsqu’on parle du niveau gé-
néral des prix, c’est à cet indice que l’on
se réfère. Son principe de construction
est le suivant: c’est une moyenne pondé-
rée des prix des biens les plus consom-
més, chaque prix étant pondéré par l’im-
portance relative du bien dans la
consommation globale.
Inflation: hausse continue du niveau gé-
néral des prix.
Institut d’émission: Banque Centrale
(émet la monnaie).
Institutionnalisme: courant de la pensée
économique qui met l’accent sur le rôle
des institutions comme déterminant des
phénomènes économiques.
Institutions: ensemble de règles socio-
historiques qui définissent le cadre dans
lequel les agents économiques prennent
leurs décisions d’allocation des res-
sources. Exemple:
!151
la monnaie est une institution car elle
modifie la façon de procéder aux
échanges par rapport au troc.
Intermédiation: mise en relation d’of-
freurs et de demandeurs sur un marché
par un tiers. Exemple: les banques col-
lectent l’épargne de leur clients, la
placent sur le marché financier. Du côté
de l’épargnant comme du côté de l’en-
treprise financée, le seul interlocuteur
est la banque.
Investissement: au sens étroit, acquisi-
tion de biens de production en vue de
l’exploitation d’une entreprise et de dé-
gager un revenu ou augmentation de la
capacité de production. Au sens large,
acquisition d’un capital en vue d’en per-
cevoir ou d’en consommer le revenu.
Isoquant: ensemble des combinaisons
de facteurs (substituables) qui
conduisent au même niveau de produc-
tion.
K-L
Know-How: savoir-faire, connaissances
techniques particulières nécessaires à la
reproduction d’un procédé de fabrication
ou de distribution.
Krach: effondrement des cours boursiers
apparaissant souvent à la suite de mou-
vements spéculatifs.
Learning-by-doing: apprentissage par la
pratique. L’un des mécanismes évoqués
pour expliquer la croissance dans les
théories de la croissance endogène.
Libéralisme: pas forcément simple à dé-
finir. Doctrine économique qui prône la
libre concurrence et qui s’oppose donc
tant à l’intervention de l’Etat qu’à la
constitution de monopoles ou d’oligo-
poles privés. Cette doctrine est fondée
sur la conviction qu’il existe un ordre
économique naturel réalisé par des mé-
canismes d’ajustement qui ne peuvent
jouer que dans le libre jeu des initiatives
individuelles sur des marchés.
Libre-échange: situation dans laquelle
les flux économiques internationaux sont
libres. Par extension, doctrine de
l’échange international qui stipule que
chaque pays participant à l’échange in-
ternational à intérêt à n’opposer aucune
contrainte aux flux économiques (biens,
services, facteurs de production) entre
pays. Le libre-échange améliorant la si-
tuation de tous. C’est une extension du
libéralisme à l’ensemble des économies
nationales.
Liquidité: propriété d’un bien à être utili-
sé plus ou moins rapidement dans un
emploi donné. Exemple: la monnaie est
l’actif liquide par nature pour opérer des
transactions. Les liquidités d’une éco-
nomie sont la somme des moyens de
paiement disponibles dans cette écono-
mie.
Logrolling: procédure de marchandage
parlementaire, qui consiste pour des par-
lementaires à échanger des votes sur
des projets différents.
Loi d’Okun: évolution du taux de chô-
mage comme une fonction décroissante
du taux de croissance de l’économie. On
en a déduit que si la croissance est situé
entre 2 et 3%, le taux de chômage est
stable.
M-N
Macroéconomie: branche de l’économie
qui étudie les mécanismes économiques
!152
du point de vue de grandeurs et de
groupes d’agents agrégés. La macroé-
conomie a pour but de construire des
fonctions de comportement globales ad
hoc où à partir d’hypothèses concernant
l’agrégation de comportement microéco-
nomiques et d’en déduire des méca-
nismes explicatifs du fonctionnement de
l’économie dans son ensemble.
Main invisible: principe présenté par
Adam Smith (1776) pour expliquer
l’ordre naturel et le libéralisme écono-
mique. Par le jeu de la concurrence sur
les marchés, la prospérité générale est
assurée, pour peu que chacun ne se
préoccupe que de son propre intérêt.
Tout se passerait comme si une main in-
visible transformait la somme des inté-
rêts individuels en un intérêt général.
Marché: lieu de rencontre d’une offre et
d’une demande, duquel émerge un prix
pour le bien échangé. Le marché dé-
signe aussi en économie l’économie de
marché dans son ensemble en tant que
système économique autorégulé et en
tant qu’institution. Voir économie de
marché.
Marché à terme: marché sur lequel les
échangeurs s’entendent par avance pour
la livraison future d’un bien, service ou
titre à un prix fixé par avance. Voir
contrat à terme. Se dit également d’un
lieu où s’échangent les devises. Ce n’est
pas un marché réellement localisé, c’est
un réseau entre les cambistes des
banques du monde entier.
Marché financier:
marché de la monnaie et des capitaux à
long terme
Marché monétaire: marché de l’argent à
court terme où les intervenants formulent
des demandes et des offres de liquidité
pour de courtes périodes. Longtemps
réservé en France aux seules institutions
financières, il est ouvert aux autres
agents depuis les années 80.
Microéconomie: branche de l’économie
qui s’applique à expliquer, sur la base de
l’hypothèse de rationalité, le comporte-
ment d’agents isolés et d’en déduire les
conditions de l’équilibre général.
Modèle économique: représentation
simplifiée de la réalité économique ayant
pour but de mettre en relation les va-
riables significatives pour la compréhen-
sion des mécanismes économiques.
Monnaie: la monnaie peut se définir par
les fonctions qu’elle remplit. Elles sont
au nombre de trois :
unité de compte (numéraire)
instrument des échanges
réserve de valeur
Une bonne monnaie est celle qui remplit
bien ces trois fonctions, les deux der-
nières étant les plus importantes.
Monnaie fiduciaire: billets de banque
émis par la Banque Centrale.
Monnaie scripturale: ensemble des dé-
pôts à vue dans les banques. Elle est
créée et circule par des écritures, d’où le
qualificatif de scripturale.
Monopole: structure de marché dans la-
quelle un seul offreur est confronté à un
grand nombre de demandeurs.
Monopole bilatéral: structure de marché
dans laquelle un seul offreur est confron-
té à un seul demandeur.
!153
Monopsone: structure de marché où un
seul demandeur est confronté à un
grand nombre d’offreurs.
Multiplicateur keynésien: exprime la rela-
tion entre une variation de la dépense
autonome (dépenses publiques, baisse
d’impôts, exportations) et la variation du
revenu (production) qu’elle entraîne.
Supposons une dépense publique, une
hausse du salaire des fonctionnaires,
par exemple. Les fonctionnaires re-
çoivent un revenu supplémentaire. Ils en
dépensent une partie (l’autre partie étant
épargnée). Cette dépense est alors un
revenu pour un autre agent dans l’éco-
nomie qui a augmenté sa production. A
son tour, cet agent consomme une partie
de ce revenu vers un autre agent qui
produit plus et dépense une partie de
son revenu etc. Au final, il existe un effet
multiplicateur de la dépense initiale qui a
induit une production et des revenus su-
périeurs à sa valeur.
Multiplicateur monétaire: relation qui ex-
plique la création monétaire dans une
économie de marchés financiers. La
Banque Centrale décide du montant de
la base monétaire et les banques de se-
cond rang offre la quantité de crédit qui
correspond à cette base monétaire. Voir
aussi diviseur monétaire.
Neutralité de la monnaie: hypothèse des
théories classique et néoclassique selon
laquelle la monnaie n’aurait pas, au
moins à long terme, d’influence sur l’ac-
tivité réelle. Toute augmentation de la
masse monétaire en circulation ayant
pour seule conséquence une hausse
proportionnelle du niveau général des
prix.
Nouvelle économie: concept décrivant
une nouvelle forme de fonctionnement
de l’économie de marché depuis le mi-
lieu des années 90, ou de manière plus
restrictive, un ensemble d’activités aux
caractéristiques de coûts communes,
telles que l’informatique, les télécommu-
nications etc. La nouvelle économie se
caractérise par un ensemble de chocs
technologiques (technologies de l’infor-
mation et de la communication, biotech-
nologies), un environnement écono-
mique ouvert (globalisation, dérégula-
tions des activités économiques, privati-
sations et dérégulation des services pu-
blics) et des conditions financières nou-
velles (disparition de l’inflation, réduction
des déficits publics, développement des
marchés financiers - dérivés en particu-
lier).
O-P
Offre: volume de biens ou de services
proposé à la vente sur un marché.
Offre globale: au niveau macroécono-
mique, c’est l’agrégation de toutes les
offres de biens des différents marchés,
sans distinction sur la nature du produit.
On parle aussi d’offre agrégée.
Oligopole: structure de marché caracté-
risée par un petit nombre d’offreurs (su-
périeur à un) confronté à un grand
nombre de demandeurs.
Oligopole bilatéral: structure de marché
dans lequel un petit nombre d’offreurs
sont confrontés à un petit nombre de
demandeurs.
Oligopsone: structure de marché dans
laquelle un petit nombre de demandeurs
!154
sont confrontés à un grand nombre d’of-
freurs.
Open market: technique d’intervention
de la Banque Centrale sur le marché
monétaire qui consiste à fournir ou re-
prendre des liquidités à ce marché en
achetant ou vendant des titres. En an-
glais, open market désigne également le
marché monétaire lui-même.
Optimum: niveau jugé le meilleur dans
une optique déterminée. Ou valeur d’une
grandeur ou d’un ensemble de gran-
deurs parmi diverses autres et considé-
rée comme la plus adaptée à la réalisa-
tion d’un ou plusieurs objectifs, compte
tenu d’un ensemble de contraintes.
Optimum de Pareto: situation dans la-
quelle, on ne peut améliorer la situation
d’un individu sans réduire la satisfaction
d’au moins un autre individu.
Option: produit financier qui représente
le droit d’opérer une transaction à une
date ultérieure ou non, à des conditions
données aujourd’hui. Exemple: une op-
tion (de change) d’achat dollars contre
euros à 3 mois, à un taux de $1 contre
1, portant sur $500, donne le droit,
dans 3 mois, d’acheter 500 dollars avec
500 euros dans 3 mois. Une option per-
met soit de se couvrir contre un risque,
soit de spéculer.
Parité d’achat: hypothèse sur la détermi-
nation des taux de change à long terme,
selon laquelle les taux de change entre
monnaie doivent se déterminer de telle
sorte que les monnaies aient le même
pouvoir d’achat. Cela signifie que si une
certaine quantité de francs permet d’ac-
quérir un panier de biens donné, alors
après sa conversion en dollars, cette
somme permettra d’acheter le même
panier de biens aux Etats-Unis.
Parité des taux d’intérêt: hypothèse se-
lon laquelle, en économie ouverte
lorsque les capitaux sont parfaitement
mobiles, la concurrence entre places fi-
nancières conduit à une égalisation des
taux d’intérêt dans tous les pays.
Passager clandestin: comportement d’un
individu qui dissimulent ses préférences
pour un bien public dans le but de profi-
ter de sa production sans contribuer au
financement de ce bien public.
Politique budgétaire: politique écono-
mique conduite au moyen du budget de
l’Etat pris globalement, incluant l’action
par les recettes et l’action par les dé-
penses publiques.
Politique commerciale: politique adoptée
par une nation, dans le cadre du com-
merce extérieur et pouvant se traduire
par la «"libéralisation"» des échanges, le
contingentement, l’abaissement ou le re-
lèvement des droits de douane, des
subventions à l’exportation etc. Le but de
ces politiques est de favoriser les expor-
tations nationales.
Politique conjoncturelle: ensemble des
actions délibérément adoptées en vue
de la régulation de la conjoncture, que
ce soit par l’intermédiaire de la politique
budgétaire, de la politique monétaire,
des revenus etc. On résume ses objec-
tifs par la formule dite du «"carré ma-
gique"»: stabilité des prix, plein-emploi,
expansion et équilibre extérieur.
Politique des revenus: ensemble d’orien-
tations indicatives et concertées desti-
!155
nées à éviter des hausses de prix et de
salaires trop importantes.
Politique économique: action consciente
de la puissance publique se traduisant
par la définition d’objectifs économiques
et sociaux et la mise en oeuvre des
moyens nécessaires pour les atteindre.
Politique monétaire: actions délibérées
des autorités monétaires (Banque Cen-
trale) sur la masse monétaire et les ac-
tifs financiers en vue de la régulation de
l’économie à court et moyen terme. Ac-
tuellement, on reconnaît comme objectif
principal de la politique monétaire la sta-
bilité des prix.
Pouvoir d’achat: quantité de biens et de
services qu’une somme d’argent permet
d’acquérir. Le pouvoir d’achat décroît
avec l’inflation.
Prix: rapport d’échange entre deux mar-
chandises proposées à l’échange. Un
prix est toujours quelque chose de rela-
tif. Lorsqu’il s’agit de prix monétaires, la
référence devient la monnaie. Mais on
peut toujours l’exprimer dans un autre
numéraire.
Prix d’équilibre: prix d’échange qui ré-
sulte de l’égalisation de l’offre et de la
demande sur un marché.
Prix nominal, prix réel: un prix nominal
est un prix exprimé simplement en unités
monétaires. Un prix réel est un prix mo-
nétaire rapporté au niveau général des
prix. Exemples: le salaire nominal se
note W en économie, le salaire réel W/P
où P est le niveau général des prix.
Productivité marginale: il s’agit de la
production additionnelle que l’on obtient
en utilisant un unité supplémentaire de
facteur.
Productivité moyenne: rapport entre la
production et les facteurs ou certains
facteurs qui ont permis de l’obtenir.
Produit Intérieur Brut: mesure de la pro-
duction de biens et services d’un pays
avec comme critère retenu la production
sur le territoire national quel que soit la
nationalité des producteurs. Ce qui signi-
fie qu’une filiale à l’étranger d’un groupe
suisse ne contribue pas au PIB suisse,
mais qu’une filiale d’un groupe étranger
installée en Suisse y contribue. Il n’y a
pas, à proprement parler d’indicateur
idéal (PNB ou PIB), on utilise l’un ou
l’autre selon le sujet qui nous intéresse.
Produit National Brut: mesure de la pro-
duction de biens et services d’un pays
avec comme critère la nationalité des
producteurs. Ce qui signifie qu’une filiale
à l’étranger d’un groupe suisse contribue
au PNB suisse, mais qu’une filiale d’un
groupe étranger installée en Suisse n’y
contribue pas. Il n’y a pas, à proprement
parler d’indicateur idéal (PNB ou PIB),
on utilise l’un ou l’autre selon le sujet qui
nous intéresse.
Produits dérivés: contrats financiers qui
sont basés sur l’évolution du cours d’un
actif sous-jacent sans qu’il n’y ait livrai-
son de cet actif à l’échéance. Exemple:
un contrat basé sur l’évolution d’un in-
dice boursier.
Profit: définition courante: excédent des
recettes d’une entreprise sur ses coûts
de fonctionnement. Définition du profit dit
pur en économie: revenu résiduel après
que l’entreprise ait rémunéré ses fac-
teurs de production (capital - i.e. action-
!156
naires et prêteurs - et travail). Pour Jo-
seph Schumpeter et Frank Knight, le
profit pur serait la rémunération du
risque non assurable que prend l’entre-
preneur. Le profit est aussi la fonction
que le producteur maximise dans la
théorie néoclassique.
Progrès technique: processus général
de développement et de perfectionne-
ment des méthodes et des moyens de
production destinés à une plus grande
maîtrise de la nature par l’homme. On dit
qu’il y a progrès technique entre t et t + 1
si, à partir d’autant de facteurs de pro-
duction, on peut obtenir plus de produit.
Ou, si on peut obtenir autant de produit à
partir de moins de facteurs. Ce qui est
équivalent. Les causes du progrès tech-
nique sont l’investissement immatériel
(en Recherche -Développement par
exemple, l’accumulation du capital hu-
main, l’apprentissage par la pratique, la
différenciation des biens de production
(qui permet à chaque entreprise d’obte-
nir «"la"» machine la mieux adaptée à
son activité) etc.
Protectionnisme: doctrine ou politique
qui vise à protéger de la concurrence ex-
térieure le marché intérieur d’un pays
par différentes mesures (droits de
douane, contingentement et obstacles
non tarifaires variés)
Q-R-S
Quantitatif: qui concerne la quantité, en
particulier, par opposition à qualitatif.
Rareté: caractéristique des biens éco-
nomiques qui n’existent pas à l’état natu-
rel en quantité illimitée. S’entend de ma-
nière plus claire lorsqu’on considère le
caractère illimité des besoins humains.
Rationalité: en économie, la rationalité
est considérée comme l’attitude des
agents qui recherchent le maximum de
satisfaction au moindre coût. Cette satis-
faction étant soit traduite par une utilité
(cas du consommateur néoclassique par
exemple), soit par un revenu (cas du
profit pour la firme néoclassique par
exemple). Pour être quasiment neutre, le
principe de rationalité ne doit pas être
compris dans une logique où les résul-
tats d’une action rationnelle serait for-
cément les meilleurs. Un agent peut être
rationnel et atteindre une valeur de ses
objectifs médiocres. Tout dépend des in-
formations dont il dispose (comme dans
la théorie des jeux où le comportement
que vont adopter les autres compte au
delà de son propre comportement) ou de
ses capacités à prendre une décision.
Recette marginale: recette apportée par
la dernière unité de produit vendue.
Relance: politique conjoncturelle desti-
née à donner une impulsion nouvelle à
l’économie dans une phase de ralentis-
sement, de récession ou de dépression.
Rendement: rapport entre la quantité de
produits obtenus et une quantité donnée
de facteurs de production, exprimés en
unités physiques). Voir aussi productivi-
té.
Rendements d’échelle: on dit que les
rendements d’échelle d’une production
sont
croissants si lorsqu’on multiplie par un
même nombre la quantité de tous les
facteurs utilisés dans la production, la
production est multipliée par un
nombre supérieur à 1
!157
constants si lorsqu’on multiplie par un
même nombre la quantité de tous les
facteurs utilisés dans la production, la
production est multipliée par ce
nombre (homogène de degré 1)
décroissants si lorsqu’on multiplie par
un même nombre la quantité de tous
les facteurs utilisés dans la produc-
tion, la production est multipliée par un
nombre inférieur.
Rente: surplus de revenu d’un facteur de
production provoqué par l’inélasticité de
l’offre par rapport à son prix (l’offre est
constante), en raison de la non repro-
ductibilité du facteur.
Revenu permanent: représente l’intérêt
de la richesse d’un individu, la partie de
cette richesse qui peut être consommée
en conservant le patrimoine de l’agent
identique. Pour Friedman, la consomma-
tion dépend du revenu permanent et non
pas du revenu courant, comme c’est le
cas chez John Maynard Keynes.
Récession: conjoncture caractérisée par
une baisse du taux de croissance de
l’activité économique, ce taux restant
cependant positif.
Réévaluation: contraire de dévaluation.
Réserves de change: liquidités interna-
tionales détenues par les Banques Cen-
trales qui leur permettent d’intervenir sur
le marché des changes et de financer
les échanges internationaux.
Réserves obligatoires: volume des liqui-
dités que les entreprise (les banques en
particuliers) sont contraintes de mettre
en dépôt.
Rigidité: absence de réaction d’une va-
riable au changement d’une autre va-
riable qui est généralement considérée
comme déterminante.
Risque: situation dans laquelle les
agents connaissent les évènements
possibles futurs et les probabilités d’oc-
curence de ces évènements possibles.
Exemple: lorsqu’on tire au dés, on sait
que l’on peut avoir 1, 2, 3, 4, 5 ou 6,
avec pour chacun la probabilité 1 / 6.
Say (loi de): énonce que toute offre crée
automatiquement sa propre demande
par les revenus qu’elle crée dans l’éco-
nomie.
Slumpflation: stagflation en anglais.
Spéculation: achat (ou vente) de mar-
chandises en vue d’une revente (ou d’un
rachat) à une date ultérieure, là où le
mobile d’une telle action est l’anticipation
d’un changement des prix en vigueur, et
non un avantage résultant de leur em-
ploi, ou une transformation ou un trans-
fert d’un marché à un autre.
Stagflation: conjoncture économique ca-
ractérisée par une faible croissance et
une inflation importante.
Stop and go: politiques économiques
suivies dans l’après-guerre jusqu’aux
années 70 qui consistaient à alterner
des phases de relance de l’activité aux-
quelles succédaient ensuite une poli-
tique de rigueur pour contenir les pous-
sées inflationnistes. Elles s’appuyaient,
en particulier sur l’arbitrage inflation-
chômage de la courbe de Phillips.
Surplus: avantage obtenu par un
consommateur ou un producteur du fait
d’un prix inférieur (consommateur) ou
supérieur (producteur) à ce qu’il était
disposé à payer (consommateur) ou à
!158
accepter (producteur) pour un produit.
La somme des surplus individuels est
appelé surplus collectif et est une me-
sure du bien-être de la collectivité.
T-U-V
Taux de change: valeur d’une monnaie
nationale exprimée dans une autre mon-
naie.
Taux de chômage: voir chômage naturel
Théorie des jeux: branche de l’économie
qui étudie les situations où des agents
rationnels prennent des décisions stra-
tégiques, c’est à dire en fonction du
comportement supposé ou effectif d’un
nombre limité d’autres agents.
Thésaurisation: détention non productive
de richesses sous forme monétaire.
Titre: document représentant un droit de
propriété ou une créance.
Trappe à la liquidité: expression utilisée
pour désigner une situation où la de-
mande de monnaie est parfaitement
élastique au taux d’intérêt qui est alors à
son niveau plancher.
Union monétaire: ensemble de régions
ou de pays ayant une monnaie com-
mune.
Utilité: reflet de l’importance qu’un indivi-
du attache à un bien, compte tenu de
son aptitude à satisfaire un besoin éco-
nomique. L’utilité en économie est un
concept important qui permet, entre
autres, de déterminer les fonctions de
demande des consommateurs.
Utilité collective (fonction d’): représen-
tant l’utilité d’une somme d’individus
comme un seul. Son intérêt est de per-
mettre à un décideur public de baser ses
actions sur la maximisation de cette
fonction. La construction d’une telle fonc-
tion est problématique lorsque les indivi-
dus qui constituent la communauté ont
des préférences distinctes, car il faut
alors déterminer quelle sera la pondéra-
tion des préférences individuelles dans
la fonction collective. Exemple de fonc-
tion d’utilité collective: soit une commu-
nauté de 3 individus aux préférences re-
présentées par des fonctions d’utilité dif-
férentes, U, V et X. Une fonction d’utilité
collective (arbitraire) peut s’écrire sous la
forme: W = 0,3 U + 0,5 V + 0,2 X
Variable: grandeur susceptible de
prendre différentes valeurs.
Vitesse de circulation: mesure le flux de
transactions qu’une masse monétaire
donnée permet de financer au cours
d’une période donnée.
W-X-Y-Z
Welfare Economics: économie du bien-
être en anglais.
Zone monétaire: ensemble géogra-
phique qui respecte les règles
suivantes :
parité fixe entre monnaies des zones
de l’ensemble ;
convertibilité des monnaies ;
harmonisation des réglementations de
change.
En général, ce regroupement se fait au-
tour d’un pays et de sa monnaie jugée
comme référence en termes de stabilité.
Il existe des zones monétaires officielles
(zone euro, zone sterling) et d’autres in-
formelles car non délimitées géographi-
quement (zone dollar).
!159
BIBLIOGRAPHIE
!160
TABLE DES MATIÈRES
1. NOTIONS
11. ÉLÉMENTS FONDATEURS
Définition de l’économie et la politique
111. Besoins, biens et services
Besoins 4 ...................................................
Les besoins vitaux (primaires ou physiologiques)
Les besoins sociaux (secondaires, culturels ou psychologiques)
Les besoins de luxe
Pyramide des besoins
Biens et services 6 .........................................
112. Circuit et acteurs économique
Acteurs 8 ...................................................
Environnement macro et microéconomique 10 ...................
Ressources 11 ...............................................
113. Facteurs de production
Le capital humain 12 ........................................
Division du travail
Organisation rationnelle du travail
Avantages/inconvénients de la division et de l’organisation
rationnelle du travail
Le capital technique 14 .....................................
Les ressources naturelles 14 ................................
De quoi sont constituées les ressources naturelles?
Impact des ressources naturelles sur l’économie
12. COURANTS DE PENSÉES
121. L’Antiquité et le Moyen-Age
Effet des religions 16 ......................................
La réforme 17 ...............................................
122. Les premiers pas de la science économique
Le mercantilisme 18 .........................................
Pensée libérale 18 ..........................................
123. L’époque classique
L’ère industrielle 19 .......................................
Les grands économistes de l’époque classique 19 .............
Adam Smith (1723-1790)
Thomas Robert Malthus (1766-1834)
David Ricardo (1772-1823)
Charles Léonard Simonde de Sismondi (1773-1842)
Karl Marx (1818-1883)
124. Les courants modernes
Les Néo-Classiques 21 .......................................
La théorie Keynesienne 21 ...................................
Le Monétarisme 22 ...........................................
La pensée actuelle 23 .......................................
Le courant néo-keynésien
Le courant néo-classique
2. MACROÉCONOMIE
21. LES SYSTÈMES ÉCONOMIQUES
211. Économie de marché
Origines et caractéristiques 24 .............................
L’évolution de l’économie de marché 25 ......................
Etat et concurrence
Avantages et inconvénients de l’économie de marché
Pourquoi l’économie de marché subsiste-t-elle? 27 ...........
212. Économie planifiée
Avantages de l’économie planifiée 28 ........................
Inconvénients d’une économie planifiée 28 ...................
213. Développement des régions pauvres: nouveau pa-
radigme?
L’arrivée des géants du BRIC 29 .............................
La Chine - l’atelier du monde 29 ............................
L’Inde – le bureau du monde 30 ..............................
22. MONNAIE ET POLITIQUES ÉCONOMIQUES
221. Histoire et fonctions de la monnaie
Histoire 31 .................................................
La monnaie métallique
La monnaie papier
La monnaie scripturale
Fonctions 33 ................................................
222. Politiques économiques
Trois politiques économiques différentes 34 .................
La politique structurelle
La politique sociale
La politique conjoncturelle
223. Rôle de la banque nationale (BNS)
Un triple objectif 36 .......................................
Emission des billets et ajustement de la quantité de monnaie
(fiduciaire)
Assurer la stabilité des prix
Garantir la stabilité extérieure du franc suisse
Les taux d’intérêt 38 .......................................
23. ÉCONOMIES NATIONALES
231. Mesure de la richesse
Economie nationale
Flux de biens et services intérieur
Indice des prix à la consommation (IPC)
Balance commerciale
Produit intérieur brut (PIB)
Produit national brut (PNB)
Composition de l’ indice du prix à la consommation 40 .......
PIB Vs PNB et notion de valeur nominale 40 ..................
Comparaison
Valeur nominale
Calcul du Produit Intérieur Brut 42 .........................
L'approche par la production
L'approche par la dépense
L'approche par les revenus
Critiques
Indicateurs sociaux et des inégalités 45 ....................
Indice de Gini
Indice du développement humain (IDH)
Indice du bonheur (IRB)
Indice Big-Mac
232. Croissance économique
Calculer l’inflation 49 .....................................
233. Dérèglement monétaire
Inflation 51 ................................................
Mesure de l’inflation
Les différentes formes d’inflation
Les causes de l’inflation
Les conséquences de l’inflation
Les mesures de lutte contre l’inflation
La stagflation 54 ...........................................
La déflation 55 .............................................
234. Cycle économique
Les quatre phases 56 ........................................
1. Du creux jusqu'à la reprise
2. De la reprise jusqu'à l'expansion
3. De l'expansion jusqu'au sommet
4. Du sommet jusqu'à la contraction
235. Tendances conjoncturelles actuelles
Survol (automne 2015) 58 ....................................
Economie mondiale
Cadre monétaire
L’économie pays par pays 58 .................................
Suisse
Etats-Unis
Zone euro
BRIC
Risques observés 62 .........................................
Prix des matières première
Politique monétaire
Marché de l’emploi
Prix
3. MICROÉCONOMIE
31. L'OFFRE ET LA DEMANDE
311. Ajustement des prix
Deux courants 66 ............................................
Nouvelle économie classique
Keynésienne (de John Keynes)
Formation des prix 66 .......................................
Hypothèse
312. L’offre et la demande
Intentions d’achat 67 .......................................
Variation de demande
Intentions de vente 69 ......................................
Variation de l’offre
313. Fonctionnement des marchés
Du point de vu de l’offre et de la demande 71 ...............
Excès de l’offre ou de la demande
Retours à l’Equilibre
Elasticité des prix
Du point de vue de la stratégie d’entreprise et de la
concurrence 74 ..............................................
Concurrence pure et parfaite
Concurrence imparfaite: entre monopole et oligopsone
Stratégies de marché
Rôle de l’État 77 ...........................................
Biens et services fournis
Prises en compte des externalités
314. Déséquilibres économiques
Situation économique
Effets et dangers de l’inflation 79 .........................
Les gagnants et perdants
Le chômage 80 ...............................................
32. FISCALITÉ
321. Généralités
Les grandes lignes du système fiscal suisse 81 ..............
Comment en est-on venu à ce système fiscal ?
Objectifs et principes des finances fédérales
Souveraineté fiscale 83 .....................................
Principes de souveraineté
Voix du peuple
Poids de la charge fiscale 84 ...............................
Causes des disparités de la charge fiscale
Evolutions à travers le temps
Comparaisons
322. Les divers types d’impôts
Les impôts de la Confédération 89 ..........................
Impôts sur le revenu et le bénéfice
Autres impôt directs
Imposition de la consommation
Redevances douanières
Les impôts des cantons et des communes 94 ..................
Impôts sur le revenu et la fortune
Autres impôts directs
Impôts sur la possession et les dépenses courantes
323. Impôt sur les dépenses ou forfait fiscal
Calcul de l’impôt sur les dépenses 100 ......................
Montants en jeu 100 .........................................
Exemple
4. COMMERCE ET GLOBALISATION
41. CARACTÉRISTIQUES
411. Spécialisation et différentiation
Croissance des échanges 102 ................................
Spécialisation et avantage comparatif 103 ...................
Différentiation 103 .........................................
Barrières à l’entrée et situations oligopoles
412. Forces et faiblesses du commerce international
Avantages et limites du libre-échange 104 ...................
Avantages
Limites
413. Organisations intergouvernementales
Politique et culturel 107 ...................................
Organisation des Nations Unies (ONU / UN)
Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et
la culture (UNESCO)
Communauté européenne
Travail et santé 108 ........................................
Organisation Internationale du Travail (OIT)
Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Commerce et développement 109 ...............................
Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
Institutions financières 110 ................................
Fonds Monétaire international (FMI)
Banque Mondiale (BM)
Think tank 111 ..............................................
Organisation de Coopération et de Développement économique
(OCDE)
Forum économique Mondial / World Economic Forum (WEF)
42. ÉCONOMIE SOLIDAIRE
421. Le Commerce equitable
Du consom’hâteur au… consom’acteur
Effets
422. Investissement responsable
L'investissement socialement responsable (ISR) 114 ..........
Critères ESG et engagement actionarial
L'investissement d’impact 115 ...............................
Produits pour les investisseurs d’impact
Evaluation de l’impact
Bailleurs internationaux en faveur de l’inclusion financière
La Microfinance 117 .........................................
Petites sommes, grands enjeux: témoignage
Méthodologies de prêts
423. Développement durable
Économie standard du développement durable 121 ..............
Zoom sur les ressources naturelles
Économie alternative du développement durable 122 ...........
Zoom sur les enjeux sociaux
Y. RÉVISION ET CAS PRATIQUES
y1. Notions
Éléments fondateurs 125 .....................................
Besoins
Biens et services
Valeur ajoutée
Courants de pensées 126 ....................................
QCM
y2. Macroéconomie
Les systèmes économiques 127 ...............................
Monnaie et politiques économiques 128 .......................
Définitions
Rôle des banques centrales
Économie nationale 129 ......................................
Mesure de la richesse
Calcul du PIB
Cycle économique et tendances conjoncturelles
y3. Microéconomie
L'offre et la demande 134 ...................................
Ajustement des prix
Marchés et courbes d’offre et de demande
Fiscalité 137 ...............................................
Généralités
Types d’impôts
y4. Commerce et globalisation
Economie solidaire et développement durable 139 .............
INDEX, GLOSSAIRE, BIBLIOGRAPHIE, TABLE DES MATIÈRES 140